Municipales 2026 - Il les décrit, on s’en doutait, comme « les meilleurs dans leur domaine ». Christian Estrosi a dévoilé une liste en grande partie composée d’experts de la société civile (médecins, enseignants, agents immobiliers, avocats, etc) mais une part n’étant pas éligibles. Les « poids lourds » du conseil municipal sont tous confirmés, avec une orientation à droite. Un « nouvel exercice du pouvoir » est promis, avec la signature de plusieurs engagements précis.
Applaudissements polis et boules à facettes. C’est depuis une salle de réception guillerette, au sommet de l’Aston, que le maire présentait jeudi sa liste pour l’élection municipale du mois prochain. Avec vue sur la coulée verte de vingt hectares qu’il a fait aménager, Christian Estrosi (LR-Horizons) a présenté, en plus du sien, les 69 noms de sa formation « Tous pour Nice », « avec 50 % de nouveaux visages ».
Sans oublier de tacler Éric Ciotti (RN-UDR), son rival le plus menaçant : « j’ai écarté les CV de tous les affairistes et de tous les profiteurs pour les laisser à mon adversaire d’extrême droite. Il en fait un élevage !»
Les équilibres ne sont pas bousculés : les entrants sont surtout des figures locales assez peu « politiques », et les adjoints les plus puissants sont de retour, avec un ancrage à droite pour ce qui est du premier cercle. Quelques centristes ou anciens élus de gauche viennent, un peu, nuancer cette coloration. Les sortants (et « sortis », pour une part) n’étonneront pas non plus.
Note : après avoir obtenu 59 % des suffrages en 2020, la majorité municipale sortante dispose de 56 sièges. Nous avons considéré qu’il y a peu de probabilités qu’elle en obtienne davantage en mars (sans doute plutôt 53, en cas de victoire). Les colistiers des rangs 56-70 sont donc notés comme non-éligibles (n-e) dans cet article.
Santé, sport et proximité, les priorités se dessinent clairement
Le premier magistrat s’y engage, s’il est réélu, il ne gouvernerait plus comme il l’a fait jusqu’à présent :«le monde et notre ville ont changé, la défiance a gagné du terrain, les citoyens veulent s’investir davantage ». Et la pratique personnelle du pouvoir local fait partie des critiques qui le visent régulièrement. Alors il promet des référendums, que les questions des habitants puissent être débattues lors des conseils municipaux, etc.
De fait, la liste comprend plusieurs anciens présidents comités de quartier/de commerçants (Céline Grimaldi, Eric Jeauffroy, Damien Berger (n-e) etc). Ainsi que d’associations, notamment mobilisées dans les quartiers (Sabrina Terriche, Abdelhakim Madi, etc).
Les pôles et priorités annoncés sont bien représentés : sports-JO 2030 (la vedette Gérard Holtz), santé (plusieurs médecins réputés, dont Pierre-Marie Tardieux), sécurité (l’ancien commandant des pompiers David Clarès, et des gendarmes Jean-François Ona).
Parmi les figures locales, Éric Abihssira -le vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie- maître Janine Gilletta (n-e), la patronne de Chez Tintin Ornella Pellegrino (n-e), la cheffe d’entreprise Anne-Lise Barral (Barral S.A. spécialisée dans les huiles d’olive et élue depuis quelques semaines), Carine Dalmasso, l’ancienne présidente du syndicat des vignerons de Bellet.
On pense aussi au Dr. Joëlle Martinaux, de SOS Médecins, qui avait divorcé avec la majorité en 2019 après avoir envisagé de se présenter face à Christian Estrosi sous une bannière macroniste.
Chez les jeunes, Léa Corradi (n-e) -coordinatrice des Jeunes avec Estrosi - l’entrepreneur Alexandre Süss (n-e). Plusieurs agents immobiliers, avocats, et professionnels de l’enseignement. Curiosité, on compte une « citoyenne tirée au sort », Léonilde Lopes Tavares.

L’état-major estrosiste pas bousculé
Le carré de tête ne bouge pas. Maîtres de leurs dossiers et solidement implantés, les proches trustent les places d’honneur : Pierre-Paul Léonelli (chef de la majorité, actuellement délégué à la propreté et aux parcs), Anthony Borré (l’incontournable premier adjoint, sécurité-logement), Gaël Nofri (« monsieur transports »), Pascal Condomitti (sports, « ami de toujours »), Dominique Estrosi-Sassone (sénatrice LR depuis 2014), Philippe Pradal (ancien maire et premier adjoint).
Les « méritants » sont là : notamment Jean-Luc Gagliolo (éducation), Jennifer Salles (solidarités), Hervé Caël (étab. de santé), Franck Martin (commerces), Xavier Latour (enseignement supérieur). Ex-meneur d’une union de la gauche en 2001 puis rallié à Christian Estrosi en 2020, Patrick Mottard reste dans la course, bien qu’il ne se soit pas tellement distingué au cours du mandat.
La politique ayant ses mystères, certains élus à tout le moins discrets ces dernières années sont repêchés : Marine Brenier (depuis 2009…), José Cobos (ex-gloire de l’OGCN), Anne-Laure Rubi (du restaurant people La Petite Maison). D’autres, peu connus puisqu’avec des attributions pas médiatiques, ont été choisis à nouveau. En place symbolique -70e, inéligible- la présentatrice TV Denise Fabre.

Sortants et sortis
Plusieurs adjoints sortants, mais dans des rangs trop éloignés pour pouvoir être réélus : c’est le cas de Jean-Marc Giaume et d’Amélie Dogliani.
D’autres ne convainquaient plus personne depuis un moment mais assureront avoir décidé de partir d’eux-mêmes. Comme Françoise Monier, qui a filé chez le rival Éric Ciotti après s’être vu retirer la délégation stratégique des seniors depuis près de trois ans déjà.
Bienvenue chère Françoise Monier adjointe au maire de Nice, conseillère métropolitaine et départementale qui quitte la majorité de Christian Estrosi pour me rejoindre.
— Eric Ciotti (@eciotti) February 9, 2026
Ton soutien m’honore et démontre notre fantastique dynamique ! pic.twitter.com/0PrSVDeD4a
Fin de partie pour Richard Chemla qui n’a vraiment jamais fait d’étincelles malgré ses gros portefeuilles (santé-environnement). Ses délégations avaient fini par prendre la poussière tant il était peu présent en mairie, Philippe Soussi est débarqué. Lequel fait mine de s’en plaindre dans Nice-Matin, « il n’avait qu’à bosser un minimum » griffe une huile de l’équipe Estrosi à Nice-Presse. Robert Roux (culture) ne rempilera pas. Idem pour Martine Martinon qui ne siégeait même plus.
Leurs dossiers (Nice-Est, Moulins, etc.) seraient particulièrement scrutés au cours d’un futur mandat, deux chargés de territoire doivent passer la main « pour laisser arriver des incarnations nouvelles », nous a-t-on expliqué : Fatima Khaldi-Bououghroum et Karim Ben Ahmed.
Certains l’ont souhaité pour s’occuper de leurs proches, « prendre du champ », s’investir dans leur carrière, « tout en soutenant toujours Christian Estrosi » (Anne Ramos, Pierre Barone, Pierre Fiori, Catherine Moreau, Lucas Magliulo).
- Mise à jour : Catherine Moreau nous a depuis confirmé rejoindre la liste d’Éric Ciotti.
Parmi les élus là aussi très discrets, n’ont plus été sélectionnés : Aurėa Cophignon, Nadia Lévi, Pascale Ferralis, Christiane Amiel, Imène Jaidane, Jacques Richier. Etaient présents depuis longtemps et doivent donc partir « au titre du renouvellement »,Jacques Dejandille et Maty Diouf. Décrit, par certains médias, comme promis à une place de choix, l’ancien adjoint Olivier Bettati n’a pas été appelé…
La campagne entre dans sa dernière ligne droite. Si Christian Estrosi était réélu dans une quarantaine de jours, une autre intense réflexion s’ouvrirait alors, avec là aussi de très bonnes et de très mauvaises surprises : la répartition des délégations !
Une charte pour des élus plus proches des Niçois ?
Chacun des colistiers a dû signer une charte de dix engagements, avec l’idée de rapprocher le conseil municipal des habitants. Les (éventuels futurs) adjoints ont promis de se rendre à tous les conseils d’écoles, de publier sept bilans de leur action, de tenir des permanences et d’organiser deux réunions publiques dans les quartiers chaque année.










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