Les pourquoi niçois - Depuis le début du XIXe siècle, Nice est réputée comme étant un vrai paradis pour les vacanciers parmi les plus fortunés. Lesquels ont marqué de leur empreinte l’architecture de la ville, inspirée des quatre coins du monde.
Venir sur la Côte d’Azur, c’est l’assurance d’observer des paysages somptueux, de goûter à des spécialités exquises et d’assister à des festivités incomparables. Mais pas seulement.
La réputation du littoral niçois tient aussi de son architecture si particulière. Il y a évidemment de nombreux exemples de la période Belle Époque, dont des villas spectaculaires et des hôtels particuliers charmants.
Nice est également très marquée par tous ses visiteurs les plus distingués. Depuis le début du XIXe siècle, une ribambelle de têtes couronnées et de célébrités y ont séjourné. Ce qui a grandement influencé son aspect général et confère une identité plurielle à la commune azuréenne.
Un patrimoine inscrit à l’UNESCO en juillet 2021 au titre de la « villégiature d’hiver de Riviera ». Le périmètre englobe toute la Promenade des Anglais, ainsi que plusieurs très vastes quartiers du centre. La récompense salue ainsi un héritage d’exception auquel ont œuvré les élites européennes.
L’emblématique Promenade des Anglais

D’ailleurs, on leur doit le site le plus emblématique, à savoir la Prom’. Rappelons qu’elle est née dans les années 1820, lorsque les Anglais, installés dans le faubourg de la Croix-de-Marbre, prennent les choses en main et aménagent cette grande allée.
À l’époque, deux tracés cohabitent. Une promenade suspendue, à l’italienne, côté Ponchettes, et une autre terrassée, plus brute, qui est surnommée la Route des Anglais. Ce sont ces derniers qui ont financé l’ensemble, et qui s’indignaient presque de voir les locaux emprunter la voie. De cette « dispute » naît une appellation qui restera gravée dans l’imaginaire collectif.
L’incontournable cathédrale russe Saint-Nicolas
On se doit pareillement d’évoquer la cathédrale Saint-Nicolas, reconnue comme un Monument historique depuis 1987. Impossible de passer à côté de ce diamant édifié entre 1903 et 1912. Largement soutenue et financée par le tsar et par l’impératrice Marie Feodorovna, elle permet aux Russes exilés de se retrouver.
Briques de la région rhénane, marbre italien, tuiles polychromes de Florence et de Blois, fresques… On la repère d’autant plus aisément avec ses coupoles vertes en forme de bulbes. Un ouvrage qui porte le sceau de son créateur Mikhaïl Timofeievitch Preobrajenski, épaulé par les Maralpins Hippolyte Chevalier et Lucien Barbet.
Quand l’Italie œuvre aux deux plus importantes places de Nice
La liste peut encore s’allonger avec les places Garibaldi et Masséna, où les Italiens ont laissé leur empreinte. La première, percée à la fin du XVIIIe siècle, marque l’aboutissement de la route de Turin qui reliait alors Nice à la capitale de l’État de Savoie.
Un itinéraire royal qui sera plus tard renommé en hommage à Giuseppe Garibaldi, le fameux général, révolutionnaire et figure du Risorgimento. Une statue le représentant y est même érigée en 1891.
Tout près, la place Masséna est reconnaissable à ses façades rouges, sa fontaine du Soleil et son (très récent) dallage noir et blanc. Créée au cours de la première moitié du XIXe siècle, son instigateur fut Giuseppe Vernier, le tout supervisé par le Consiglio d’Ornato, le « conseil d’embellissement » de la municipalité.
Enfin, comment ne pas parler du château Valrose, construit entre 1867 et 1870 à la demande du baron Paul von Derwies, conseiller du tsar Alexandre II ?
Un petit palais évoquant la « folie » architecturale qui règne sur la Côte d’Azur au XIXe siècle. Un domaine époustouflant aux inspirations russes - on y trouve l’une des rares isbas encore debout en France - et anglaises, qui accueille aujourd’hui l’Université.



