C’est le nouveau péril qui touche (notamment) le jeune public. La consommation de gaz hilarant est devenu un fléau comparable à la drogue. À Nice, certaines mesures ont déjà été prises, mais Christian Estrosi souhaite aller encore plus loin. En lançant une pétition, il espère aboutir au vote d’une loi.
Peu, voire aucune grande commune n’est épargnée. Aujourd’hui, la consommation de gaz hilarant est devenue un fléau comparable à celui du cannabis. À Nice par exemple, nous nous faisions l’écho des retours le 27 octobre de Pierre Buisson, agent de la Cellule d’Intervention Mutualisée (CIM), qui est amené à traquer les revendeurs. Et il est formel, selon lui, ce phénomène, notamment auprès des jeunes, s’est accéléré depuis la crise sanitaire.
Le policier municipal explique. « Le protoxyde d’azote est un composé industriel utilisé pour préparer, par exemple, de la crème Chantilly. Mais, détourné, il peut être employé à la manière d’un produit stupéfiant. D’ailleurs, des pays comme la Belgique traquent ces bonbonnes comme ils le font avec la drogue. Ce marché est d’ailleurs parfois encore plus rémunérateur, au vu des marges pratiquées. La France est en retard…»
Pourtant, les effets sur la santé sont des plus néfastes. On parle de pertes de mémoire, d’embolie pulmonaire ou encore d’accident cérébral parmi les risques.
Dans le texte accompagnant la pétition, Christian Estrosi cite«le petit Mathis » et « le pompier Jérémie Boulon » qui ont été tués par des chauffards ayant consommé du gaz hilarant.
Nice a déjà adopté certaines mesures
Le maire souhaite mettre sur la table l’idée d’une loi pour interdire le business « du protoxyde d’azote aux particuliers sur l’ensemble du territoire, en réservant strictement son usage à ses emplois médicaux et industriels ». L’élu azuréen dénonce les nombreux « drames et victimes ».
Car aujourd’hui, les collectivités locales se sentent démunies. « Seule une loi permettra d’endiguer durablement ce fléau, avec des sanctions plus fortes et claires. L’État doit agir rapidement pour protéger nos jeunes et préserver l’espace public », affirmait le premier magistrat niçois cet été.
Depuis la saison estivale, Nice dispose d’un arrêté municipal interdisant l’absorption, la détention et le dépôt et l’abandon de protoxyde d’azote sur la voie publique. Et depuis le 1er octobre, personne ne peut en acquérir sauf à démontrer qu’il est un professionnel du commerce.
Pouvoir renforcer sanctions et contrôles
Par cette démarche, Christian Estrosi veut que ces mesures soient transportées à la France entière. Ce qui permettrait « d’en faire un délit, avec des sanctions pénales dissuasives, y compris contre la revente et les détentions massives ». Sur le terrain, cela doit donner « les moyens légaux aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles, les saisies et la lutte contre la vente en ligne », insiste le membre du parti Horizons.
Jusqu’à présent, la pétition initiée le mardi 11 novembre a récolté 746 signatures. Rappelons qu’en mars dernier, le Sénat a voté la pénalisation de l’usage détourné du gaz hilarant. Mais sans prohiber totalement la cession aux particuliers.






