Alors que les Niçois dénoncent une progression des nuisances et des incivilités, Anthony Borré, le premier adjoint de Christian Estrosi chargé de la sécurité, promet une extension du recours aux agents de sécurité privés ainsi qu’une nouvelle approche avec les personnes sans-abri.
Nice-Presse. L’actualité en matière de délinquance, ce sont ces scènes d’émeutes à chaque compétition de football. Avec de nombreux blessés, mais très peu de condamnés, et un vaste sentiment d’impunité. Que faire pour éviter que des choses pareilles arrivent à Nice, qui entend accueillir bien des rendez-vous majeurs ?
Anthony Borré : C’est délirant, terrifiant. Ce qui devait être une fête, un grand moment d’unité, s’est transformé en scènes de pillages et de violences. Rien ne peut expliquer que l’on casse ou que l’on brûle. J’y vois de longues années d’impunité et de laxisme. Mais aussi l’échec de l’intégration à la française.
Faut-il supprimer les condamnations avec sursis ?
Oui, bien sûr, mais j’appelle aussi à des sanctions courtes et rapides. Edouard Philippe a raison de proposer la suppression des juges d’application des peines. Quand on a été condamné à quelque chose, il faut que cela soit réellement exécuté, même l’espace de quelques mois pour certains délits. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.
Le soir de la victoire du PSG, des policiers nationaux niçois se sont fait tirer dessus, au mortier, dans la cité de l’Ariane. Il y a quelques mois, menacée, une patrouille avait carrément dû s’enfuir. Deux faits pour lesquels vous n’avez pas réagi. Qu’en pensez-vous ?
Ce sont des faits évidemment inacceptables et j’espère que la sanction appliquée à ces gens-là sera implacable. Avec les images de vidéoprotection, nous coopérons à chaque fois au maximum avec la justice. J’en profite pour dénoncer le comportement extrêmement violent de mineurs qui s’en prennent aux vigiles de la GAIDA, mobilisés autour des logements sociaux de la ville. Ils sont ciblés parce qu’ils gênent les trafiquants, parce qu’ils incarnent l’autorité. Cela nous encourage à être encore plus présents.
Un nouveau préfet, Laurent Hottiaux, vient de prendre ses fonctions, que lui demandez-vous ?
Que la police nationale soit davantage mobilisée sur les troubles dont sont victimes les niçois : le narcotrafic, surtout, mais aussi les personnes alcoolisées sur la voie publique, les toxicomanes. Les policiers font un travail remarquable, que je soutiens totalement, mais il leur faut davantage de moyens. J’appelle à l’envoi de renforts réels et pérennes pour Nice.
Les riverains dénoncent beaucoup de nuisances dans le centre…
Ils ont le sentiment de croiser de plus en plus de populations errantes, désoeuvrées, alcoolisées, agressives, sur la voie publique. Et ils ont raison. J’ai moi-même fait 15 kilomètres à pied dans la ville, entre ici (la mairie, NDLR), la Gare Thiers, Gambetta, Clémenceau, Victor Hugo. L’occasion d’identifier, en pleine journée, une quinzaine d’individus qui étaient dans ces situations de vagabondage et d’hostilité. J’ai systématiquement échangé avec eux, proposé un accompagnement. Ils l’ont très majoritairement refusé.
Nous sommes en train de créer une équipe, police municipale/action sociale/propreté pour nous déplacer ensemble sur les points les plus stratégiques, et essayer de les convaincre d’être aidés. Et quand ils n’accepteront pas et créeront un trouble à l’ordre public, on les évacuera, quitte à les faire interpeller en cas de consommation d’alcool. Ce sera entre l’accompagnement et la fermeté. Il le faut, car moi j’entends les commerçants qui n’en peuvent plus. Ce n’est pas un problème secondaire.
On a connu des fusillades à répétition du côté de Roquebillière. Juste avant le début de l’été, peut-on dire que le calme est revenu ?
Il faut y être attentifs mais je rappelle que nous avons agi très rapidement. Nous avions 17 agents de sécurité privés de la GAIDA mobilisés autour des HLM des Moulins. Nous sommes passés à 23 personnes pour en avoir aussi à Roquebillière. Deux de plus rejoignent Nice-Est.
Certains à gauche, notamment du côté de Viva, promettent de supprimer la GAIDA s’ils gagnaient les municipales de 2026. Comment réagissez-vous ?
Pour aider les dealers à proliférer ? C’est ça le projet de la gauche niçoise ? La GAIDA mène une action très centrale, au service des habitants, qui vous le diront eux-mêmes. Je pense qu’il y a une gauche raisonnable qui existe, et elle ne se perdra ni dans ce laxisme, ni dans l’antisémitisme, ni dans des atteintes à la laïcité. D’ailleurs, nous en dirons davantage bientôt, mais nous irons encore plus loin dans le déploiement de la GAIDA à Nice. À la fois en termes de nouveaux moyens, que de quartiers qui en bénéficieront.
Concrètement, c’est-à-dire ?
Nous l’évoquerons durant la campagne électorale.
À quoi servira la nouvelle application « Nice en sécurité » que la mairie proposera en septembre ?
« Allô Mairie » permet de téléphoner à la police municipale. La nouvelle application rendra possible de déposer des signalements, notamment en temps réel et avec des photos. Nous la présenterons bientôt.
Certains commerçants, notamment du quartier Gambetta, appuyés par leur fédération (la FCNA), s’estiment délaissés face à des voleurs qui s’en prennent à leurs enseignes jusqu’à 10 fois par jour. Que leur dites-vous ?
Je suis très soucieux du fait que nos commerçants puissent disposer de moyens pour être en lien avec les forces de l’ordre. Vous savez qu’on a déployé des boutons d’alerte : je constate que ceux qui sont les plus concernés n’en ont pas toujours un en état de fonctionnement.
Je n’entre pas dans des polémiques avec les uns ou les autres. Ce que je dis, c’est qu’alors que certains nous reprochent des choses, la police municipale venait tout juste d’intervenir pour interpeller l’un des voleurs. J’invite à relativiser. Nous allons recevoir les dix professionnels qui seraient les plus touchés pour faire un point.
J’ai la charge - avec le préfet - de l’espace public. Nous y mobilisons des policiers municipaux, avec 50 nouvelles embauches rien que cette année. Pardon de le rappeler mais, à l’intérieur des magasins où je n’ai pas la main, que chacun recrute des vigiles quand il le faut, et installe des caméras.
Les nuisances, ce sont aussi celles des touristes dans certains quartiers de la « carte postale » (le Vieux, la Place du Pin,…), où certains habitants estiment que les règles sont très insuffisamment respectées. Que répondez-vous ?
Je m’inscris en faux. Nous avons fermé un établissement il y a dix jours sur la Place du Pin alors que l’on m’explique que la police municipale ne s’y rend pas. Moi je cherche un équilibre, entre la tranquillité des riverains et une ville animée. Nice n’est pas une cité dortoir.









Le 1er Adjoint de la Ville de Nice clame enfin sont incompétence en suggérant qu’il va avoir recours aux agents de sécurité privés.….…avec sa double casquette d’adjoint à la sécurité c’est une façon également de dire à la plus importante Police Municipale de France, celle de Nice, qu’elle n’est plus à la hauteur.……
En 2026, les Niçois se rappelleront qu’à défaut de savoir prendre les décisions fermes qui s’imposent pour la sécurité des biens et des personnes de la Ville de Nice, MR Borre botte en touche.….….
Ses 15km à Nice ne sont pas les miens. Avec 15km je vais au Chateau de Nice qu’il n’a pas, puis au Cimetière du haut qui a été, après aux Français qui étaient à la frontière. Pose tes semelles sur les trottoirs. C’est au flair que on voit qu’une fusillade fait des pensions. C’est une fleur que on fait aux bons de dire d’augmenter la sécurité dite ‘privé’ quand ça festoche chez les pauvres. J’ai vu ailleurs, je ne dis pas que cela c’est pour ici, on appelle sécurité ‘privé’, après dans les journaux c’est dit milice, après dans le ciel on appelle… Lire la suite »
C’est très bien de mettre des policiers, mais la justice remet dans la rue ces individus…