Avant de livrer ses positions claires sur les différents dossiers maralpins, le nouveau préfet a été transparent : il ne compte remettre en cause aucun des grands axes suivis par son prédécesseur. Sur ce qui fait consensus, comme sur les questions bien plus épineuses.
Changement de style, mais pas tellement de discours. Les Alpes-Maritimes ont connu, un an et demi durant, la carrure de rugbyman et le discours musclé du préfet Moutouh, n’hésitant pas à affronter publiquement et même sur les réseaux sociaux les barons azuréens. Son successeur, en fonction depuis lundi, se présente presque avec timidité.
Souriant, d’une finesse de chat et jouant la carte de la modestie face à une trentaine de journalistes locaux, Laurent Hottiaux a promis, ce 20 mai, de ne dévier en rien de l’action préfectorale que nous connaissions jusqu’alors. Ouf de soulagement pour certains élus, grincements de dents pour d’autres, mais soit.
Pas de position très arrêtée sur les dossiers chauds, et on le comprend, le fonctionnaire débarque tout juste. Une nouvelle ligne dans le CV de ce serviteur de l’État mobilisé depuis vingt-sept ans (sa présentation en encadré ci-après). Mais ses grands axes sont plutôt clairs.
« Une sorte de médiation, mais pas de transactions »
« Je m’attacherai davantage à l’action menée qu’à la parole. Et dans le domaine, la continuité de l’État sera assurée : il n’y a aucune raison pour que je remette en cause les décisions d’Hugues Moutouh, à qui je rends hommage ». Mauvaise nouvelle (notamment) pour la Métropole, agacée des restrictions prises contre les promoteurs au titre de la lutte contre la sécheresse.
« Je serai très attentif au contrôle de légalité (de ce qui est décidé par les collectivités) puisque c’est ma mission constitutionnelle », sans toutefois - « pour l’heure » - donner son point de vue sur le maelström de la statue de Jeanne-d’Arc, que son prédécesseur voulait voir retirée de Nice-Nord. « Sur les différents sujets, il pourra y avoir une sorte de médiation, mais pas de transactions. Force sera à la loi, et rien qu’à la loi ».
Lutte contre « l’insécurité du quotidien »
D’autres priorités évidentes : « l’ordre, la lutte contre l’insécurité du quotidien, le narcotrafic et la criminalité organisée » avec une descente menée dans un quartier sensible de Cannes dès cet après-midi. « La lutte contre le séparatisme et la radicalisation islamiste », ainsi que « la parfaite tenue de la frontière » avec les Italiens — sans promettre de renforts pour la police nationale, malgré les alertes des syndicats.
Par ailleurs, Laurent Hottiaux s’est proposé de s’atteler, au milieu d’une sacrée tambouille politique, à « l’unité du département » (bon courage !), mais aussi à s’intéresser de près au monde économique, à la question des transports, sans oublier le logement. Avec un point sur la loi SRU, qui impose la construction de HLM : « cette loi doit et sera appliquée, parce qu’il s’agit de la cohésion de la République. Mais il ne faudra pas penser que tout repose sur les communes. L’État devra aider davantage, y compris financièrement ». Etat qui pour l’instant pénalise, à coup de millions d’euros de sanctions.
Le premier rendez-vous majeur du préfet sera la supervision de la sûreté lors du Sommet des Nations Unies organisé à Nice le mois prochain. « On ne note pas de menace spécifique, mais rappelons-nous que le danger reste constant ».
Laurent Hottiaux, né à Vincennes en 1973, diplômé de l’ENA (dans la promotion de l’ex-bras droit présidentiel Alexis Kohler), était en poste dans les Hauts-de-Seine jusque récemment. Il a aussi conseillé le président de la République, pour les affaires intérieures et la sécurité, après 2017. Celui qui a travaillé en Corse a aussi été Directeur des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Intérieur. Des Alpes-Maritimes, il précise«ne pas encore connaître le territoire, hormis au travers de régulières vacances prises par ici » et la présence d’une part de sa famille dans le 06. Une tournée des communes serait déjà dans ses tablettes.










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