Narcotrafic, mafias, effectifs en berne… Dans Nice-Presse Dimanche le 28 septembre, le secrétaire général du syndicat Alliance Police Nationale 06 nuançait les chiffres officiels.
L’essentiel à retenir de Nice-Presse Dimanche • Derrière les bilans rassurants de la préfecture, policiers et syndicats parlent d’agressions, de trafic de drogue et d’une violence qui évolue. « On est face à une délinquance de plus en plus juvénile, et donc très compliquée à gérer », martèle Julien Hausknecht.
Si les renforts estivaux ont permis de contenir certains phénomènes, l’élu syndical reste sceptique : « L’art des chiffres, c’est de les faire parler comme on veut ». Selon lui, la frontière laisse passer quotidiennement un flux migratoire qui alimente directement les trafics.
Narcotrafic et jeunes enrôlés
Le narcotrafic recrute de plus en plus tôt : « Beaucoup de ceux qui traversent la Méditerranée trouvent comme premier “emploi” celui de guetteur, de chauffeur ou d’homme de main ». L’émergence de jeunes de 15 ans armés, parfois très investis dans de petits réseaux, inquiète. « On voit même de plus en plus de jeunes femmes dans ces profils », ajoute-t-il.
Le préfet a initié des mesures de rétention, mais le syndicaliste juge cela trop faible : « Ça manque de muscles ». En parallèle, le port du couteau se banalise. « Pour un adolescent dans un quartier, c’est une arme. Facile à dissimuler, mortelle ».
Mafias et grand banditisme
La « DZ Mafia » s’est implantée durablement, jusqu’à l’intérieur des prisons. Quant aux mafias italiennes, elles restent actives via le blanchiment d’argent : « La Côte d’Azur étant une terre d’investissement, on parle parfois de la “Côte d’Usure” ». Mais selon Julien Hausknecht, la réforme de la police judiciaire a fragilisé la lutte de fond, faute de spécialisation suffisante.
L’État communique désormais sur la part des étrangers dans la délinquance. « C’est un marqueur », commente-t-il. « On retrouve les mêmes profils dans les centres de rétention ». Mais il nuance : « Attention, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac ». Pour lui, la prison, loin d’apaiser, amplifie les comportements délinquants : « On y entre pour de petits faits, on en ressort encore plus caïds ».
Manque d’effectifs criant
Le manque d’effectifs frappe de plein fouet le département. Menton, ville frontière, illustre ce naufrage : « Ils étaient 143, ils sont aujourd’hui 74 dont 20 administratifs. C’est intenable ». Même constat à Cagnes-sur-Mer, décrite comme sûre dans certains classements, mais bien différente sur le terrain. À Nice, la charge est immense. Il manquerait près de 80 enquêteurs pour couvrir correctement le territoire.





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