Le président des Républicains, candidat à sa réélection dans le centre-​ville, conviait Nice-​Presse à un point sur les légis­la­tives anticipées ce vendredi. Le député sortant l'assure : "avec LR et le Rassemblement national, l'organisation est au point pour disposer d'un gouver­nement fin prêt immédiatement".

Une campagne dans quel climat ?

En ce dernier jour avant le week-​end, Eric Ciotti est comme un poisson dans l'eau, place Saint-​François. À tu et à toi avec les commer­çants, il claque des bises, serre les mains des quelques locaux attablés malgré la pluie. D'après lui, "le soutien sur le terrain est très important depuis le début. Et ça ne m'étonne pas : quand j'ai été élu pour la première fois député en 2007, Sarkozy était à 30%, le Front national autour de 10%. Aujourd'hui, les forces se sont juste inversées. Les électeurs dont on parle ne sont pas devenus des nazis entre­temps ! Les anathèmes que l'on entend sont grotesques". 

Qui craint-​il le plus dans sa circons­cription, qui englobe une partie du centre-​ville, le très chic Port Lympia et quelques quartiers populaires ? "La mobili­sation, je la vois surtout à gauche, parmi les soutiens du candidat Front populaire (Olivier Salerno de LFI, ndlr). Mais je sens que la parti­ci­pation va être forte, et qu'une trian­gu­laire (avec le candidat de centre-​droit Graig Monetti, ndlr) est crédible. Et ça ne m'inquiète pas, au contraire".

"Nous soulevons une espérance énorme donc il n'y a pas le choix : nous devons réussir"

Le flou sur les retraites ?

La presse n'est pas tendre avec la prestation de Jordan Bardella et d'Eric Ciotti devant le patronat, jeudi. La faute à un programme écono­mique pas assez clair ? "C'était compliqué de totalement convaincre quand le matin même, Patrick Martin du Medef nous étrillait dans Le Figaro. D'ailleurs, bien des patrons m'ont fait part de leur désap­pro­bation" veut désamorcer le président des LR. "On ne peut pas reprocher au RN de travailler encore les propo­si­tions : il n'a pas eu les manettes. En face, avec la machine de l'Etat à dispo­sition, ils y sont depuis des années, avec les résultats que l'on connaît…"

"Les Niçois ne parlent que des enjeux nationaux, des thèmes comme l'immigration et la sécurité, et du prochain gouver­nement. Pas du tout de local. Et les médias sont en boucle sur les retraites (un sujet sur lequel le RN et LR ont des diver­gences affichées, ndlr) mais ce n'est pas une préoc­cu­pation immédiate dans l'opinion".

Le Rassemblement national qui, justement, n'a jamais été à Matignon, a-​t-​il réellement les compé­tences requises en interne ? "Je peux vous assurer, parce que je le vois, que des talents se mettent en ordre de marche dans la coulisse pour être tout à fait prêts dans la foulée du 7 juillet, après le second tour. Nous soulevons une espérance énorme donc il n'y a pas le choix : nous devons réussir".

"Nous serons, bien sûr, amenés à travailler avec David Lisnard"

Quels soutiens maralpins demain ?

"David Lisnard (le maire LR de Cannes, ndlr) et François-​Xavier Bellamy ont formulé des critiques mesurées sur l'union des droites. Je suis convaincu qu'ils seront du bon côté de l'histoire. Il y a eu un choc, puisque j'ai brisé des tabous. On a vu tant de pressions de tous les côtés. Mais nous serons amenés, bien sûr, à travailler ensemble. D'ailleurs, le contact n'est pas du tout rompu avec David Lisnard, pour qui j'ai beaucoup d'amitié".

Parmi d'autres élus des Alpes-​Maritimes, "d'autres ont basculé dans une caricature, en reprenant le vocable de l'extrême gauche. Ils verront vite qu'ils n'ont aucun avenir…"

"Je le dis : Nice sera toujours ma priorité"

Quid de "tensions" que l'on dit grandis­santes dans la majorité qu'il mène au conseil dépar­te­mental ? "Eh bien elles n'existent tout simplement pas. Un journal régional a relayé de fausses infor­ma­tions, qui viennent tout droit de Christian Estrosi. C'est une honte absolue, et personne n'est dupe. Le Département se porte très bien, merci". 

Donc pas d'inquiétude quant à son avenir après cette séquence mouvementée ? 

"J'ai pris quatre points de popularité ces derniers jours…" répond Eric Ciotti à Nice-​Presse dans un clin d'oeil. Avec toujours les munici­pales niçoises en tête, comme l'écrivent tous les médias nationaux ? "Step by step. Je suis candidat aux légis­la­tives. Mais je le dis : Nice sera toujours ma priorité".

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