Moqueries, mise en cause… et tribune. C’est assez rare pour être souligné, le Théâtre national niçois placarde un texte politique sur la page d’accueil de son site web. Sa directrice Muriel Mayette-Holtz rappelle que plusieurs dossiers pourraient opposer son équipe à la « nouvelle mairie ». Laquelle a douté de sa compétence tout au long de la campagne électorale.
Les résultats de l’élection de dimanche auraient plongé Muriel Mayette-Holtz dans une « profonde tristesse », qui se « mêle à de l’inquiétude ». Soutien connu de Christian Estrosi - son mari, Gérard Holtz, figurait par ailleurs sur sa liste - la dirigeante du Théâtre national de Nice n’a pas caché son émotion. Et s’adresse directement au nouveau maire dans une tribune, publiée cette semaine.
Visible dès la Une du site officiel - ou en cliquant sur ce lien - le texte évoque les attentes de la direction quant à la politique culturelle qui sera menée désormais. Avec manifestement quelques doutes face aux ambitions de l’équipe portée au pouvoir, celle d’Éric Ciotti (UDR), avec le soutien du Rassemblement national (RN).
Ainsi, elle martèle qu’elle restera « attentive à la place accordée à la création, à la diversité des expressions et à cette exigence d’ouverture qui constitue, à mes yeux, le cœur même de la vie culturelle, m’étant toujours érigée contre les extrêmes et le repli sur soi. »
Une crainte qu’elle avait déjà évoquée dans les colonnes de Nice-Presse, en septembre 2025. « Tout dépend du programme de l’extrême droite. Je ne veux pas partir : il faut savoir résister. C’est mon tempérament. Si je ne peux plus appliquer mon projet, parce qu’on m’en empêche ou que l’on nous retire des moyens, alors là, oui, il faudra s’en aller ! Dans la seconde, et sans l’ombre d’une hésitation », nous avait-elle confié.

Craintes concernant le projet de « Palais des Arts »
Sa perplexité tient principalement à un sujet : « le projet structurant majeur, la future grande salle du Palais des Expositions, appelée de leurs vœux par tous. » Elle surveillera avec « une extrême vigilance » ce dossier.
Expliquons : le précédent maire projetait d’aménager dans l’actuel PEX un « Palais des Arts » avec un écrin pour les représentations d’ampleur. Eric Ciotti, lui, n’a jamais repris à son compte cet éventuel chantier. Et caresse l’idée d’un équipement moins vaste, au coeur de la Gare du Sud.
« J’espère que la ‘bataille municipale’ que nous venons de traverser n’aura pas pour conséquence de fragiliser (ce qui était évoqué, NDLR). Tout remettre en question, sans même évoquer la perte de temps et de moyens, serait un recul majeur ».
Et d’alerter sur, pense-t-elle, « une atteinte aux établissements culturels - la Cinémathèque étant également concernée - avec de potentielles répercussions sur le statut même du TNN. »
Muriel Mayette-Holtz rappelle que la labélisation nationale est « un atout incontestable pour notre cité, pour son rayonnement et pour le territoire des Alpes-Maritimes. » Tout en précisant que « dans cette période d’incertitude, nous restons dans l’attente des prochains échanges », notamment avec Auguste Verola, le futur maire-adjoint délégué à la culture.
Entre Éric Ciotti et Muriel Mayette-Holtz, de nombreux désaccords
Des discussions qui s’annoncent animées. On se souvient en effet qu’Éric Ciotti l’avait récemment épinglée lors d’une réunion publique.
« Je veux m’entourer de compétences. Avec moi, la politique artistique ne sera pas partisane. Je pense à Muriel Mayette-Holtz. C’est en réalité une militante politique, déclarait le député du port début mars. Qu’elle s’occupe de faire remonter les abonnements du Théâtre national - à un niveau dramatique - plutôt que les votes pour Christian Estrosi. »
On se remémore aussi la réponse de la dirigeante du TNN à propos de cette proposition d’ouvrir un théâtre quartier de la Libération. Elle avait balayé cette idée, estimant que « l’équipement dont nous avons besoin (une salle de 800 places) ne peut être logé dans ce bâtiment. »
Quant aux critiques sur l’affluence, Muriel Mayette-Holtz rétorque qu’à son « arrivée, l’établissement connaissait de sérieuses difficultés. Force est de constater qu’aujourd’hui, il va bien. La fréquentation a retrouvé son niveau d’avant-Covid, dans les moyennes nationales hautes. »
De son côté, le nouvel édile a promis aux associations et au monde des arts qu’aucune subvention ne serait rabotée au cours de son mandat.



Estrosi s’est toujours entouré de gens connus, mais ne vaut-il pas mieux s’entourer de personnes efficaces ? Dans le domaine « artistique » on rencontre une grande majorité de ces personnes qui sont plus souvent chômeurs que travailleurs, et, pour eux, cette droite représente un danger : celui de ne plus être aussi bien rémunérés grâce au pognon des français qui bossent toute l’année. Si madame Mayette Holz n’est pas satisfaite … Qu’elle retrouve Estrosi à Paris… Ils pourront parler du « bon vieux temps » 🇨🇵