Le député du centre-ville a profité d’un déplacement dans un quartier relativement touché par la délinquance pour faire de l’insécurité l’une des « priorités » de son amorce de campagne municipale.
Éric Ciotti continue d’envoyer, de loin en loin, ses cartes postales. Lundi, c’est la gestion financière de la commune qu’il étrillait vivement, au cours d’un meeting donné à L’Aston.
Une séquence sur l’insécurité du quotidien : ce jeudi, le presque-candidat aux prochaines élections municipales était en déplacement le long du boulevard Gambetta, auprès de petits commerçants victimes de vols en cascade.
Dans ce coin de Nice-Nord, les professionnels se disent au bout du rouleau. « Des voleurs en permanence, avec un sentiment d’impunité dingue, une violence gratuite…» ont dénoncé en choeur les différents épiciers avec qui nous avons pu échanger (lire notre reportage, samedi).
« Aucune efficacité sans sanctions dissuasives »
Éric Ciotti a pu faire valoir que rien ne peut se faire sans des solutions nationales menées de front avec une riposte locale.
« On ne sera pas dissuasifs si les sanctions ne sont pas réellement appliquées. Les étrangers délinquants doivent être réellement expulsés, les auteurs de délits réellement condamnés, et les personnes réellement incarcérées. Il faut donc que les élus arrêtent de faire de la gonflette, et trouvent des terrains pour : une nouvelle prison à Nice - l’actuelle atteint cette semaine 210% d’occupation ! - un vaste centre de rétention pour les OQTF et un autre pour les mineurs violents ». Lesquels devraient suivre un encadrement militaire, d’après l’élu niçois, tel que son dispositif adopté en 2011 le permettait, avant l’abrogation décidée par les socialistes.
« Malgré les promesses des nombreux ministres qui se sont rendus à Nice ces dernières années, les moyens ne sont pas au niveau de la gravité de la situation. Nous manquons de 100 policiers municipaux et de 40 douaniers au bas mot ».
Une proposition de loi pour une amende dès le premier délit
Tout en annonçant le dépôt d’une proposition de loi très attendue sur le terrain : « Il est urgent de renforcer les pouvoirs des polices municipales : aujourd’hui, elles ne peuvent même pas sanctionner un vol de moins de 300 euros, ou la vente à la sauvette ».
« Notre PPL permettra de leur donner la capacité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles pour ces infractions, sous contrôle du procureur. » Une idée qui fait consensus à droite et qui aurait dès lors de bonnes chances d’être votée, même dans cette Assemblée morcelée.
Mais, comme le concède le député à un riverain, puisque nombre des voleurs ne sont pas solvables, la prochaine étape serait « peut-être » d’avancer sur un futur dispositif de saisies.
Le nouveau plan local de sécurité ? « Une annonce grotesque »
Eric Ciotti n’a pas de mots assez durs contre le nouveau « Plan de sécurité » (application dédiée aux signalements, brigade des parcs et jardins, référents pour les magasins, etc) présenté par Christian Estrosi aux riverains de Libération la semaine passée.
« C’est une annonce grotesque. Il veut nous installer des tentes sur les places Masséna et Garibaldi, à quoi cela rime ? » Et d’accuser : « c’est un absolu constat d’échec. Mais il a un temps de réaction qui m’étonne. Au bout de 18 ans, il comprend que la sécurité n’est pas assurée à Nice. Oui, merci, tout le monde s’en était aperçu ». Le ministère, de son côté, publie des chiffres assez rassurants.
Que propose concrètement son opposant ? « Il faut vraiment recruter (la mairie a promis d’ouvrir 50 nouveaux postes cette année, NDLR) puisque j’ai un sérieux doute sur les chiffres présentés. La répartition des missions avec la police nationale doit être plus claire. A elle les enquêtes, indispensables. A la municipale, une présence très accrue sur le terrain, en proximité. Il faut la réorganiser totalement ».
Localement est nationalement, enfin, le Niçois appelle à surveiller avec bien plus d’acuité les commerces dits « de façade » : « cela semble évident, quand on perd de bonnes affaires, on en gagne de mauvaises. Dans pas mal de quartiers de la ville, des historiques ferment et sont remplacées par des épiceries et des barbers, ouverts et permanence et sans clients ! Arrêtons ‘d’emmerder’ les honnêtes commerçants, et combattons réellement cette prolifération ».
QUELS MOYENS POUR LA POLICE MUNICIPALE NIÇOISE ?
D’après les données officielles transmises par la Préfecture des Alpes-Maritimes, la police municipale de Nice est dotée, aux dernières nouvelles, « de 411 policiers municipaux tous armés d’une arme de poing. 117 sont armés d’un pistolet à impulsion électrique, 140 d’un lanceur de balles de défense de catégorie B, 215 d’un générateur d’aérosol incapacitant ou lacrymogène et 171 d’armes de catégorie D. Cette force est augmentée de 158 agents de surveillance de voie publique et de 99 assistants temporaires. 90 agents sont autorisés au visionnage des images de vidéoprotection qui compte 4142 caméras. Chaque équipage est doté d’au moins une caméra mobile. »










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