Une soixantaine de CRS ont été dépêchés, provisoirement, en renfort à Nice, après une fusillade meurtrière survenue dans le quartier des Moulins, vendredi soir. L’État est accusé de mener une opération de communication sans rien régler sur le long terme, à la fois par les élus locaux et par les syndicats policiers.

Au lendemain du drame, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti (UDR) tacle « un gouvernement défaillant, incapable de reprendre le contrôle des territoires gangrenés par le narcotrafic et l’immigration clandestine”, tout en épinglant la mairie.

De son côté, Christian Estrosi pousse « un cri de colère » : “J’ai toujours déclaré qu’il était inacceptable que la police nationale, voire l’armée dont j’ai réclamé à plusieurs reprises le déploiement, n’occupe pas le terrain en permanence dans un lieu où il faut juguler à tout prix le narcotrafic. Nous sommes sur un territoire qui pourrait être un territoire perdu de la République et je ne l’accepterai pas. (…) L’État est allé trop loin dans son désintérêt”. Les syndicats policiers ne sont pas plus amènes.

Alliance : « permettre aux enquêteurs d’aller plus vite »

Le syndicat Alliance Police Nationale renvoie sur les réseaux sociaux vers l’interview de son secrétaire général, publié dans Nice-Presse Dimanche le 28 septembre. Julien Hausknecht y notait déjà un manque de moyens, d’enquêteurs, et le développement à vitesse grand V des mafias, aidées par les clandestins, utilisés comme de la chair à canon par les réseaux criminels.

Ce week-end, les représentants des personnels évoquent « des moyens juridiques d’exception » à déployer, pour faciliter les perquisitions et les saisies d’armes. Ainsi que « des lois d’exception pour des circonstances exceptionnelles ». Il faut « permettre aux enquêteurs d’aller plus vite, de fouiller chaque recoin » mais aussi, évidemment, « des moyens pour les policiers de terrain et les enquêteurs ».

Un1té : Nice-Ouest, « un milieu hostile »

« Le quartier des Moulins a fait l’objet d’une énième fusillade à l’arme de guerre » regrette Un1té Alpes-Maritimes. Le syndicat « souligne le courage des flics du quotidien et le professionnalisme des primo-intervenants qui ont oeuvré en milieu hostile. »

« Nous réclamons en urgence des effectifs sur la voie publique et des effectifs dans les services d’enquêtes. On ne peut plus se contenter de forces mobiles qui viennent mais … qui repartent. Il est urgent de renforcer le département en effectifs PÉRENNES ! »

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l'économie locale et de l'immobilier, il suit de près l'évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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