Près de 500 personnes se sont réunies mercredi dans le centre de Nice pour honorer la mémoire des victimes de la fusillade ayant causé deux morts et cinq blessés vendredi dernier dans le quartier des Moulins.
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Beaucoup portaient un T-shirt blanc affichant « A notre père parti trop tôt », en hommage à Oyshkur, un père de famille tchétchène qui aurait fêté ses 58 ans ce mercredi, ou « A notre petit frère parti trop tôt », pour Rayan, un jeune Niçois de 20 ans.
Leurs proches assurent qu’aucun des deux hommes n’avait de lien avec le trafic de stupéfiants. Le parquet avait d’ailleurs précisé samedi, dans un communiqué, que si la fusillade semblait liée à ce trafic, « plusieurs des victimes » n’y étaient pas impliquées.
« Ce n’est pas du trafic de drogues, c’est du narcoterrorisme », avec « des tirs indiscriminés » provenant de « groupes extérieurs », a dénoncé le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), lors du rassemblement.
En ce jour où Oyskhur Tapashev aurait dû fêter ses 59 ans, j’étais cet après-midi auprès de ses proches et de nombreux Niçois rassemblés place Masséna pour un moment de recueillement, quelques jours après la fusillade survenue aux Moulins.
— Christian Estrosi (@cestrosi) October 8, 2025
Face à cette violence insupportable,… pic.twitter.com/AmcObSPmIZ
Les pancartes brandies par les participants affichaient en silence des messages forts : « Liberté, égalité, fraternité, SÉCURITÉ », « La sécurité n’est pas un luxe, c’est un droit », ou encore « Ce qui brûle nos quartiers brûlera la République ». Ce moment de recueillement était organisé par l’Union des Tchétchènes de France.
Nice endeuillée : la colère monte face à la violence et au narcoterrorisme
« Ce qui s’est passé, c’est un attentat. Le quartier des Moulins est maudit », a confié l’une des sœurs de Rayan. « Il avait 20 ans, c’était quelqu’un de bien. Il ne méritait pas ça. Personne ne méritait ça. J’espère que vous allez retrouver les assassins et les punir fort ».
Une femme tchétchène, vêtue de noir, dont le frère a été grièvement blessé, a exprimé sa douleur et sa détermination : « On ne se calmera que quand la justice sera faite. On ne fuit pas son pays en guerre pour se faire tirer dessus ».
« Nous n’irons pas ce week-end »
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) October 4, 2025
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Les faits se sont déroulés vendredi soir, vers 21h10, lorsqu’un groupe d’assaillants à bord d’une Peugeot 3008 a ouvert le feu sur une place du quartier. Deux adolescents figurent parmi les blessés. Une voiture calcinée, volée à Marseille, et susceptible d’avoir été utilisée par les tireurs, a ensuite été découverte par les enquêteurs.
L’enquête, ouverte pour « homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée », a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.
En juillet 2024, un incendie criminel, également lié à un règlement de compte, avait déjà coûté la vie à sept personnes, dont un adolescent et trois enfants, au sein d’une famille comorienne sans histoire. Le quartier des Moulins, qui compte environ 8.000 habitants, reste profondément marqué par la violence liée au trafic de stupéfiants dans l’ouest de Nice.
Avec AFP






