D’un côté, on estime que le dispositif permettrait de limiter la fuite en avant du locatif dans le pays niçois, qui en souffre depuis des années. De l’autre, on répond que les propriétaires risquent de retirer leurs biens du marché…
Le rassemblement citoyen et de gauche Viva ! demande que Nice et sa métropole passent dans le dispositif d’encadrement des loyers comme Paris, Lille, Bordeaux ou Lyon. Présentée aux médias cette semaine, une pétition est lancée pour pousser les décideurs à franchir le pas.
On le sait, la crise du logement est là, dans les grandes villes françaises, et particulièrement dans notre cité, la plus chère du pays après Paris sur plusieurs indicateurs. La tension locative atteint même d’inquiétants niveaux ces derniers mois, tel que nous le décryptons par ici.
Viva!, qui s’était présenté en tant que liste au cours des élections municipales de 2020, dénonce ce « mal logement », les « gros sacrifices de nombreux Niçois, au niveau de la nourriture, des soins, de leur vie sociale…» Tout en pointant le manque de HLM, et la progression du nombre de sans-abri.
L’encadrement, qui n’est pas appliqué par chez nous, serait pour l’association une solution. Cela pourrait adresser, d’après elle, « un coup d’arrêt à la folle augmentation des loyers et mettre fin aux abus ». Une pétition numérique a été ouverte dans la foulée.
« Contre-productif »
Le débat n’est pas nouveau sur la Côte d’Azur. Nice-Presse interrogeait le premier adjoint niçois chargé du logement à ce sujet en mai dernier. Voici ce qu’Anthony Borré répondait : « J’y suis opposé. Ici, on veut réguler, mais pas être dirigistes. Cela serait contre-productif : les propriétaires retireraient leurs biens du marché ».
« Vous me dites qu’il y a une tension locative à Nice, ce n’est pas tout à fait une mauvaise nouvelle. Elle démontre l’attractivité d’une ville embellie, enviée, avec des rénovations, des lignes de tramway…» Précisons qu’il développait, dans le même entretien, différentes mesures contre les biens vacants et pour la régulation d’Airbnb, la construction de logements sociaux, notamment en surélévation.
À Lyon, l’encadrement est accusé par les professionnels de gripper le marché de la location. Toutefois, la Fondation Abbé-Pierre considère que son application a « fait ses preuves », même si elle souffrirait de nombreuses lacunes.
« Elle concerne trop peu de villes, est trop timorée dans les zones très tendues et elle est insuffisamment connue et appropriée, laissant les propriétaires récalcitrants le bafouer sans risque. Il faut en revenir au périmètre initial de la loi Alur, qui concernait les 28 agglomérations tendues ». Nice serait ainsi concernée.






