Réunion sous tension ce jeudi pour les organisateurs des JO-2030 dans les Alpes françaises. Après plusieurs mois de crise interne et une série de départs, un nouvel organigramme doit être acté pour relancer un projet déjà en retard à moins de quatre ans de l’échéance.
Dans les coulisses des Jeux d’hiver 2030, le chantier ressemble à une mécanique à remettre en marche. Les organisateurs se réunissent jeudi pour tenter de « remettre sur pied » un comité d’organisation marqué par des mois de tensions internes.
Un comité fragilisé par les départs
La crise a éclaté en pleine lumière lors des Jeux de Milan Cortina, lorsque des « désaccords insurmontables » ont été évoqués entre le président du Cojop Edgar Grospiron et son directeur général Cyril Linette.
Depuis, les départs se sont enchaînés. Cyril Linette a quitté ses fonctions fin février, quatrième départ en quelques mois après ceux d’Anne Murac, Arthur Richer et Bertrand Méheut. Une série qui a fragilisé l’organisation à un moment clé du calendrier.
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« Après la phase critique que nous avons connue », la réunion doit permettre « d’acter » plusieurs décisions sur la nouvelle organisation, a résumé la ministre des Sports Marina Ferrari, évoquant « un nouveau meccano ».
Remettre de l’ordre et trouver un nouveau cap
Face aux sénateurs, Edgar Grospiron a lui-même reconnu la nécessité de « remettre cette organisation sur pied ». Le chantier est multiple, avec une mission d’inspection gouvernementale en cours sur le fonctionnement du Cojop.
En parallèle, une mission d’accompagnement menée par Etienne Thobois, ancien directeur général de Paris-2024, doit livrer ses « préconisations opérationnelles » lors de cette réunion.
Le remplacement de Cyril Linette figure aussi à l’ordre du jour. Plusieurs candidatures doivent être examinées, issues d’un travail de sélection confié à une agence de recrutement.
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Dans l’attente, Michel Cadot assure l’intérim. Ancien préfet et ex-délégué interministériel aux Jeux de Paris-2024, il a été chargé d’apporter son expérience pour stabiliser l’organisation. « En attendant d’avoir un directeur général, le fait d’avoir Michel Cadot remet de l’ordre et c’est parfait », a estimé Renaud Muselier.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur juge également que « pour Edgar Grospiron, cette turbulence est passée et chacun va retrouver sa place ».
Un projet en retard et une organisation à revoir
À moins de quatre ans des Jeux, le calendrier commence à peser. Edgar Grospiron a reconnu « quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites » ainsi que « un mois et demi à deux mois de retard sur la partie organisation ».
En cause, un fonctionnement jugé trop cloisonné. Il a évoqué « un travail un peu en silo » avec « des gens (qui) avaient tendance à rester dans leur couloir sans travailler de manière collective ».
Le nouvel organigramme doit donc changer la méthode, avec davantage de responsabilités confiées aux équipes locales réparties entre la Savoie, la Haute-Savoie, Nice et le Briançonnais.
L’objectif, rapprocher le pilotage du terrain. « Pour régler les problèmes concrets, il faut qu’il y ait des interlocuteurs sur le terrain », a souligné Pierre-Antoine Molina.
Il a insisté sur la nécessité que le Cojop se déploie rapidement : « Il faut que dès le premier semestre de cette année, avant l’été, le Cojop ait pu se déployer sur les sites de façon à ce qu’avec les collectivités territoriales, il y ait des interlocuteurs opérationnels ».
Edgar Grospiron a lui-même reconnu la nécessité d’adapter l’approche selon les territoires, évoquant « une approche individualisée car les expertises locales qu’on a dans le Briançonnais ne sont pas les mêmes que celles qu’on a en Savoie ».
Ce qui est important
- Une crise interne majeure avec plusieurs départs fragilise l’organisation des JO-2030
- Le projet accuse déjà plusieurs mois de retard sur des éléments clés
- Un nouveau fonctionnement plus localisé doit être mis en place rapidement



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