Le Comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 traverse une nouvelle zone de turbulences. Après deux départs de directeurs ces dernières semaines, l’instance a enregistré la démission de Bertrand Méheut, président du Comité des rémunérations. Une séquence qui ravive les interrogations autour de la gouvernance du Cojop, à quelques mois de décisions clés sur l’organisation des Jeux dans les Alpes.
L’addition commence à peser lourd, et l’alerte est désormais publique. En l’espace de quelques semaines, le Comité d’organisation des JO-2030 a vu partir plusieurs figures clés de son organigramme. Dernier départ en date, celui de Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal+ et ex-dirigeant du Pari mutuel urbain, qui présidait jusqu’ici le Comité des rémunérations.
Une nouvelle démission au sein du Comité d’organisation des JO-2030
La démission de Bertrand Méheut a été enregistrée lundi par le Cojop, confirmant une information révélée par Le Monde. Selon une source proche du dossier, il a annoncé à la mi-journée qu’il quittait ses fonctions à la tête d’un comité chargé de donner un avis sur les rémunérations et les avantages en nature des salariés d’Alpes 2030, en particulier ceux des cadres dirigeants.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, le Cojop a tenu à rassurer sur les conséquences de ce départ. « Ce départ ne remet pas en cause la gouvernance de l’organisation ni les principes de transparence qui la guident. Un processus de remplacement sera engagé dans les prochaines semaines afin de reconstituer le comité et reprendre ses travaux. L’organisation est pleinement mobilisée pour garantir un cadre de gouvernance clair et conforme à ses engagements », a indiqué l’instance.
Deux autres membres du Comité des rémunérations, dont les identités n’ont pas été précisées, ont également annoncé leur départ. Le Cojop rappelle toutefois que cette structure reste une instance externe, désignée par le conseil d’administration, et qu’elle joue un rôle consultatif sur les questions liées aux rémunérations et à la masse salariale.
Une série de départs qui interroge la stabilité du Cojop
Cette nouvelle démission s’inscrit dans un contexte déjà fragilisé par plusieurs mouvements internes. Début décembre, le Comité d’organisation avait annoncé le départ de sa directrice des opérations, Anne Murac, seulement cinq mois après son arrivée. Aucune explication officielle n’avait alors été donnée.
Elle occupait pourtant un poste stratégique, supervisant notamment la très attendue carte des sites. Ce document doit attribuer les compétitions des différentes disciplines aux quatre grands pôles retenus pour les Jeux d’hiver 2030, à savoir la Savoie, la Haute-Savoie, Nice et le Briançonnais. Cette carte ne sera arrêtée qu’au mois de juin.
Le 23 janvier, un autre départ notable avait été annoncé, celui du directeur de la communication, Arthur Richer. Une source proche du comité avait expliqué à l’AFP que « constatant un désaccord sur la stratégie à mettre en place, Arthur Richer a proposé au leadership du Cojop de mettre fin à leur collaboration, ce qui a été accepté ».
Pressions politiques et attentes fortes autour des sites des Jeux
À la suite de ces deux démissions, la ministre des Sports Marina Ferrari avait demandé une « clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité » du Comité d’organisation. Dans la foulée, le bureau exécutif du Cojop s’était réuni avec l’ensemble de ses parties prenantes, parmi lesquelles le gouvernement, les comités olympique et paralympique, ainsi que les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
Une mission a alors été lancée afin de garantir au projet une organisation jugée plus lisible, stable et opérationnelle. Il a également été annoncé qu’une organisation consolidée serait présentée à l’issue des Jeux de Milan Cortina, programmés du 6 au 22 février, et après la mission en cours, lors du bureau exécutif du 19 mars.
Fin janvier, une source proche du dossier évoquait déjà des « tensions en interne » au sein du Cojop, mais aussi « en externe » avec certaines institutions du monde sportif. Ces crispations porteraient notamment sur des choix politiques, stratégiques ou managériaux, dans un contexte de divergences entre responsables parisiens et acteurs régionaux.
Les attentes restent particulièrement fortes autour de la répartition des épreuves. Lundi encore, le conseil municipal de Val d’Isère a voté en faveur de son inscription sur la carte des JO-2030, s’engageant à « mobiliser les moyens de la commune » sans financement direct de la compétition.
Dans ce contexte tendu, le président du Comité d’organisation, Edgar Grospiron, doit présenter mardi une « vision d’avenir » du Cojop devant la session du Comité international olympique, réunie à Milan, à la veille de l’ouverture des Jeux d’hiver.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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