La Cour des comptes se montre préoccupée par le devenir d’Auron et d’Isola 2000, dans un rapport publié mardi 6 février.
Mise à jour : « Notre politique est durable, nous ne la changerons pas » répond Christian Estrosi
« Menacée », « pas suffisamment rentable ». À la lecture du document de 147 pages, on découvre que la Cour des comptes s’inquiète de la pérénité de deux stations maralpines.
Ce rapport, que l’on retrouve en cliquant sur ce lien, a été rendu public cette semaine. Basé sur un audit réalisé sur quarante-deux domaines skiables français, celui-ci souligne de manière générale un essoufflement de ce modèle économique face au dérèglement climatique. D’ici à 2050, la plupart de ces endroits devraient d’ailleurs être touchés, alerte l’organisme.
À moyen terme, Auron serait « menacée »
Pour revenir sur Auron et Isola 2000, les deux lieux des Alpes-Maritimes observés, l’organe de contrôle se concentre sur la première nommée. Il apparaît même que sa survie « est menacée sur le court terme ». Comme cinq autres de ses consœurs, la station localisée à Saint-Étienne-de-Tinée pourrait vivre une situation critique « sans une aide publique ».
On peut souligner qu’Auron, via l’exploitant des remontées, la SEM des Cimes du Mercantour, a fait des efforts d’un point de vue environnemental. « La réduction de vitesse d’un mètre par seconde entraîne une économie d’énergie de 10 à 15%», est-il expliqué dans l’enquête. Il faut ajouter que le télésiège de Haute Plane, lancé en 2015, « permet de diminuer de 50% la puissance appelée lors du fonctionnement avec une seule motorisation ».
Malgré une année « record », Isola 2000 « n’est pas assez rentable »
Du côté d’Isola 2000, la juridiction financière chargée de surveiller les dépenses publiques, révèle que « tout en dégageant un résultat d’exploitation positif », elle n’est pas « assez rentable pour couvrir ses amortissements ». Pourtant, celle-ci a vécu une année 2023 « record » au sujet de la fréquentation, avec 3,8 millions de personnes sur les pistes.
Il est alors prescrit une hausse du forfait, qui, en passant à 60 euros la journée, contribuerait à financer « réellement le coût du service ». Cette saison, il faut s’acquitter de 40 euros par personne en tarif plein (de 25 à 61 ans), pour une journée.
Selon les experts, Isola 2000 a pris le virage pour adapter son fonctionnement au bouleversement climatique, principalement en modernisant ses infrastructures avec des appareils permettant de produire de la neige à des températures plus élevées. Mais ces investissements « pourraient entraîner une augmentation des besoins en énergie et des coûts supplémentaires ».
Afin de compenser cela, la station a modifié ses plages d’ouverture, comme l’explique le rapport. Cette mesure s’inscrit dans la charte des éco-engagements de l’institution Domaines Skiables de France, qui n’est autre que la chambre professionnelle des opérateurs du secteur.
Conditionner les aides à des aménagements pour l’environnement
La Cour des comptes demande aux collectivités de « conditionner tout soutien public à l’investissement dans les stations au contenu des plans d’adaptation au changement climatique ».
Actuellement, « une large part des exploitants est déficitaire. La plupart parviennent seulement au « petit équilibre » et ne peuvent financer seuls leurs investissements ». 23% du chiffre d’affaires des opérateurs des remontées mécaniques des petits et moyens domaines proviennent des subventions.
À LIRE AUSSI : À 1 heure de Nice, cette station de ski serait la moins chère d’Europe



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.