Est-ce définitivement la fin de cet aménagement ardemment défendu par la municipalité ? En tous les cas, Christian Estrosi a annoncé qu’il se conformerait à la décision de la cour d’appel administrative lui ordonnant de rétablir le double sens sur le quai des États-Unis.
Plus de cinq ans après le début du litige, la municipalité niçoise est renvoyée dans ses 22. En 2020, elle avait pris la liberté de supprimer l’une des voies sur le quai des États-Unis, basculant la route en sens unique avec une piste cyclable. Une résolution qui avait fait réagir un comité de riverains du port, ce dernier en appelant à la justice pour faire annuler cette mesure.
En février 2024, le tribunal administratif de Nice lui donnait raison, laissant trois mois à la Ville pour faire machine arrière. Ce qu’elle a refusé, mettant notamment en avant l’augmentation de la pollution en bord de mer, principalement en raison de la circulation automobile. Elle avait alors fait appel et obtenu gain de cause auprès de la cour administrative de Marseille.
Un an et demi plus tard, en ce mois de novembre, la cour d’appel a tranché, et se range cette fois contre la mairie. C’est ce qu’a annoncé Christian Estrosi, vendredi « Cette décision résulte du refus de l’État de déclasser la Promenade des Anglais de son statut particulier de route prévue pour le passage des convois exceptionnels de très grand gabarit, explique le premier magistrat de la commune. Nous nous conformerons à cette décision de rétablir le double sens, qui nécessite néanmoins des aménagements pour garantir la sécurité des piétons et des cyclistes. » La Ville n’a pas précisé la durée de cette transition.
Éric Ciotti et les communistes saluent le retournement
On peut donc s’attendre à un grand changement dans la circulation des véhicules sur le littoral. Ce qui en réjouit certains, dont Éric Ciotti. Le candidat à l’élection municipale s’est lui aussi exprimé : « Je salue cette décision logique que je réclame depuis des mois et qui limitera les embouteillages, améliorera la qualité de l’air tout en préservant la nécessaire piste cyclable !».
D’ailleurs, il avait affiché sa volonté de rétablir la situation antérieure dans les colonnes de Nice-Presse en septembre dernier. « Je vais vous citer quelque chose de clair, net, que je mettrai immédiatement en place si les Niçois font de moi leur maire : je rétablirai le double sens du quai des États-Unis et de Rauba Capeu. […] On voit que le sens unique a engorgé la circulation, en particulier à l’Est, et qu’il n’a pas été accepté par la population », avait-il affirmé.
Des travaux à venir
Pourtant à son opposé politiquement, Julien Picot a également loué le verdict. « Comme à son habitude, Christian Estrosi est à nouveau rappelé à l’ordre par la justice. Ce jugement sur le quai des États-Unis est clair : personne n’est au-dessus de la loi. L’aménagement urbain ne peut pas être décidé seul, sans concertation et en dehors du cadre légal, a résumé le secrétaire départemental du Parti communiste. Nous demandons une remise à plat complète du projet, associant riverains, usagers et acteurs de la mobilité pour garantir sécurité, efficacité et respect du droit. »
Que va-t-il se passer désormais ? La municipalité communiquera dans les jours à venir sur le calendrier précis. Quant au premier édile, il prévoit de rencontrer « prochainement les riverains, les usagers et commerçants du port à ce sujet. » Y trouvera-t-il du soutien ? On se souvient qu’en mars 2024, les Écologistes s’étaient montrés favorables à cette mesure, souhaitant même aller plus loin, jusqu’à piétonniser l’axe routier à partir du Jardin Albert-Ier. Mais ça, seul l’État pourrait le valider.







Ce qui est sanctionné par la juridiction administrative, c’est l’abus de pouvoir commis par le maire Nice qui n’avait pas compétence pour modifier la circulation sur cette voie, s’agissant d’une route à grande circulation. Il a tout simplement usurpé la compétence qui appartient au gouvernement. La tentation est grande chez certains élus de se croire tout permis et d’abuser des pouvoirs qui leur sont délégués le temps de leur mandat. Ils s’exposent alors à un retour de bâton. Cela dit c’est le contribuable, c’est-à-dire vous et moi, qui paie les pots cassés : travaux pour faire, défaire et refaire, sans compter le coût des… Lire la suite »