À Nice, la polémique autour de la tête de porc déposée devant le domicile du maire prend une tournure judiciaire. Mis en cause sans preuves par Christian Estrosi lors d’un débat samedi, l’homme d’affaires Pierre-Edouard Stérin rejette toute implication et annonce une plainte en diffamation. Éric Ciotti soupçonne une manipulation du sortant.
Au cœur d’une campagne municipale déjà tendue à Nice, un nouvel épisode alimente la confrontation. L’homme d’affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin a réfuté toute implication dans l’affaire de la tête de porc déposée devant le domicile du maire Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons) et a annoncé son intention de déposer plainte.
L’affaire s’inscrit dans un contexte particulièrement conflictuel. Le maire sortant, candidat à un quatrième mandat, avait publiquement mis en cause l’entrepreneur lors d’un débat organisé samedi par BFMTV, Nice-Matin et Le Figaro.
Deux suspects déjà mis en examen
Dans cette enquête, deux suspects tunisiens ont été mis en examen et placés en détention. Les investigations ont toutefois pris une tournure inattendue après l’exploitation du téléphone de l’un d’eux.
Selon les éléments révélés dans la procédure, ce smartphone a mis en lumière des communications répétées avec une proche collaboratrice de Christian Estrosi. Celle-ci a dénoncé une « tentative d’infiltration » basée sur de fausses sollicitations. Son conseil a, lui aussi, déposé plainte pour découvrir qui a fait « fuiter » ces informations dans les médias.
Tout en précisant que l’intéressée « a été écoutée sous le statut de témoin libre, et non de mise en cause », et sans être mise en examen il y a quatre jours. Contrairement aux deux interpellés, tel que l’avait indiqué le Procureur de la République.
Lire aussi : Nice. Christian Estrosi craint « une tentative d’infiltration » de son entourage
L’affaire a pris une dimension encore plus politique lorsque le maire de Nice s’est exprimé publiquement sur le sujet au cours du débat TV organisé samedi. Christian Estrosi a affirmé être la cible « de manipulations » et a dénoncé « une campagne de violences » pointant en sous-texte son rival Éric Ciotti (RN-UDR).
Les accusations du maire de Nice
Au cours de ce débat, Christian Estrosi a directement évoqué l’entourage de Pierre-Edouard Stérin.
« J’ai reçu des violences de ce côté-là, de l’ultra-droite de M. Pierre-Edouard Stérin qui, parmi elle, a des gens engagés dans la xénophobie, dans l’antisémitisme, dans le racisme, dans la cybercriminalité », a soutenu l’édile.
Ces déclarations ont immédiatement suscité une réaction de l’homme d’affaires, qui conteste toute implication. Lundi soir, son avocat, Me Louis Cailliez, a publié un communiqué pour répondre :
Communiqué de presse de Pierre-Edouard #Stérin. Plainte en #diffamation contre Christian #Estrosi. pic.twitter.com/RwYTnU7x1h
— Louis CAILLIEZ (@LouisCailliez_) March 9, 2026
L’occasion d’affirmer que son client serait « totalement étranger au moindre de ces faits » et de dénoncer des « propos mensongers ». Selon lui, Christian Estrosi devra s’en expliquer « devant un tribunal ».
« Le contexte d’une campagne électorale âpre et la stratégie du contre-feu polémique ne justifieront jamais la calomnie pure », a-t-il ajouté.
L’entourage de Christian Estrosi a, à plusieurs reprises, noté la possibilité d’un soutien actif de Pierre-Edouard Stérin à Éric Ciotti. Ce qui passerait par son projet Périclès, qui vise à « faire se lever une élite » avec « toutes les forces de droite ».
Éric Ciotti a rejeté cette hypothèse lors du débat organisé samedi. « C’est ridicule, M. Stérin n’a rien à voir avec cette campagne », a-t-il assuré, en dénonçant un « contre-feu » dont son meilleur ennemi serait un adepte.
Le député du Port Lympia suspecte davantage une « manipulation », rapprochant la situation que nous connaissons à l’attentat de l’Observatoire, l’opération dont François Mitterand était accusé par certains d’avoir été, en 1959, l’instigateur… contre lui-même.
Revoyez l’extrait vidéo du débat :
Les candidats à la mairie de Nice réagissent aux dernières révélations dans l’affaire de la tête de cochon déposée devant le domicile de Christian Estrosi le 27 février. pic.twitter.com/PuIdeWNxXy
— BFM Nice Côte d’Azur (@BFMCotedazur) March 7, 2026
Ce qui est important
- Une polémique judiciaire surgit en pleine campagne des municipales à Nice.
- Pierre-Edouard Stérin annonce une plainte en diffamation après les accusations de Christian Estrosi.
- L’affaire intervient alors que deux suspects sont déjà mis en examen dans l’enquête sur la tête de porc déposée devant le domicile du maire.
Nice-Presse avec agence



Ils sont nombreux autour d’Estrosi à vouloir sauver « leur » maire … Et leurs postes de collaborateurs nommés et rémunérés au prorata du dévouement envers le patron. Combien seront impliqués dans les millions relatifs au GP du Castellet, aux travaux après tempête Alex, etc, etc . Certains seraient ils prêts à tout (n’importe quoi ?) pour garder le maire actuel ? Cette campagne est nauséabonde 🇨🇵
Estrosienne dépose encore une plainte ? Les niçois ont été suffisamment mis à contribution pour engraisser « ses » avocats ! Espérons qu’il sortira SON chéquier pour en régler les honoraires. Les niçois ont contribué trop souvent pour payer des affaires dont ils n’ont tiré aucun bénéfice. BASTA COSI 🇲🇫