Les oppositions de tous bords tirent à boulets rouges sur la politique culturelle niçoise, estimant qu’elle manque de stratégie et de moyens. L’élu chargé du cinéma dans l’équipe de Christian Estrosi était notre invité le 16 février.
Ils sont tous féroces à l’égard de l’action artistique de la Ville. Ni fait ni à faire, d’après le Républicain Eric Ciotti. Une « variable d’ajustement », sans moyens suffisants à écouter le groupe Reconquête de Philippe Vardon. Pas de cap ni de boussole selon Henry-Jean Servat, ancien élu depuis débarqué de la majorité. La défaite de Nice dans la course pour devenir la prochaine capitale européenne de la culture n’a rien arrangé.
Y a-t-il du vrai ou faut-il y voir un acharnement, alors que bien des choses fonctionnent chez nous (le Festival du Livre, le Carnaval, le plan 100% culture à l’école…) ? Patrick Mottard — des années dans l’opposition socialiste avant de rejoindre le gouvernement municipal où il est chargé du cinéma et du spectacle vivant — était l’invité de Nice-Presse et RCF Radio ce vendredi 16 février. Voici les phrases fortes à retenir…

« Les différentes accusations me font rire. Eric Ciotti est un garçon sérieux, il ne croit donc pas un seul instant à ce qu’il raconte. Il compare la politique artistique de la Ville et du Conseil départemental : nous ne sommes même pas sur la même échelle, puisque nous dépensons cinq fois plus. Le Département propose de belles manifestations, comme par exemple les Estivales, mais on ne joue pas dans la même cour !»
Les expositions niçoises sont-elles assez populaires ? « Bien sûr : nous assistons à une explosion muséale, grâce aux touristes, mais aussi aux 20% de nouveaux publics que nous attirons. Le Musée de la Photo bat des records de fréquentation ».
« Redevenir une capitale du cinéma »
Après sa réélection en 2020, Christian Estrosi évoquait la culture dans presque tous ses discours. C’est beaucoup moins le cas depuis l’échec de la candidature « Nice2028 ». Le sujet est-il encore une priorité du mandat ?
« Vous allez voir que Nice va redevenir une capitale du cinéma. On ne va pas se mentir, ce sera grâce à la croissance du marché, avec Netflix etc. Mais nous avons réussi à faire valoir notre héritage. Nous annoncerons avant la fin mars le nom de l’entreprise privée qui va récupérer la gestion des Studios de la Victorine, et qui y mènera des travaux de rénovation ».
« Le maire le dit clairement, oui, pour cette candidature Nice2028, on s’est plantés. À mon avis, il a manqué d’une réflexion sérieuse en amont. Nous nous sommes lancés très tard. On a essayé de rattraper ça avec un thème certes original mais très difficile à rendre crédible ».
« Le TNN fait le plein de gamins »
« La nouvelle salle du TNN aux Moulins a permis au théâtre national de nouer des partenariats avec les écoles et les associations du quartier. Des pièces de Molière ont pu faire le plein de gamins. Je rappelle aussi qu’avant l’édification (du bâtiment d’Yves Bayard dans le centre en 1989) le TNN jouait aussi dans une salle provisoire sur le Paillon », avec un préfébriqué de 750 places ouvert en 1970. « Dans le Vieux-Nice, la nouvelle salle des Franciscains est une réussite totale ».
Aura-t-on à terme autant de places de théâtre qu’avant la démolition du TNN de Bayard ? La salle prévue dans Iconic est abandonnée et le projet de Palais des Arts et de la Culture est reporté à 2028…
Réponse de Patrick Mottard : « nous sommes dans une période de transition. L’ancienne petite salle est remplacée par les Franciscains (200 places), la grande, pour l’instant, par La Cuisine (600 places)», le préfabriqué de la Plaine du Var. « Dans le futur Palais des Arts, vous aurez un auditorium de 900 places (contre 2.000 annoncées en 2020, NDLR) et la Cinémathèque ».










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