Municipales 2026. Voici une dizaine de jours que le maire-candidat s’est lancé dans l’arène. Anthony Borré, le directeur de campagne choisi par Christian Estrosi et premier adjoint depuis 2020, revient sur les premiers jours de la course et annonce à Nice-Presse Dimanche, côté Ville, de nouveaux moyens pour la sécurité, déployés dès 2026.
Quelle campagne électorale pour Christian Estrosi ?
Le maire désigne Éric Ciotti comme un danger pour la ville, puisqu’il serait « le candidat de l’extrême droite ». Pourquoi ?
Christian Estrosi a évoqué, lors de son premier meeting de campagne, l’ensemble de ses adversaires. Comme par exemple la France insoumise, qui est aussi un danger pour Nice. S’agissant d’Éric Ciotti, il est évident qu’il représente l’extrême droite. Il veut faire de cette ville un laboratoire pour le Rassemblement national. Sa campagne est une imposture, puisqu’elle est menée depuis le château de Montretout par Marine Le Pen. Éric Ciotti n’est que son supplétif. C’est pourquoi tous ceux qui rejoignent cette liste en pensant qu’ils conserveraient leur liberté se trompent lourdement. Jean-Pierre Rivière (l’ex-président de l’OGCN, ndlr), par exemple, a en réalité fait le choix de cette extrême droite.
« Je suis et resterai une femme libre. C’est Éric Ciotti (@eciotti) que je rejoins, pour rétablir la sécurité à Nice »#Municipales2026 #Nice06
Délinquance : Françoise Souliman se livre à Nice-Presse
➡️ https://t.co/1UowxttsbY pic.twitter.com/KbBqUfftiZ— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) November 26, 2025
Vous citez « JPR », la préfète François Souliman a aussi rallié votre rival, pointant la « sécurité très dégradée de la ville » et une « désorganisation de la police municipale ». Que répondez-vous ?
Si elle appliquait ici le mode opératoire qui était le sien en Meurthe-et-Moselle, il y a lieu de s’inquiéter, au vu de la faiblesse de ses résultats. La presse locale a démontré que son bilan est un « flop ». Elle nous raconte que Nice serait sa ville de cœur (en y ayant séjourné qu’un seul week-end tous les deux mois) mais son premier acte est de dénigrer l’engagement des policiers municipaux, pourtant primo-intervenants sur 90% des actes de délinquance ! Ses propos sont indignes.
Lettre ouverte aux policiers municipaux niçois. pic.twitter.com/axQ0rzpGsx
— Anthony Borré (@anthony_borre) November 28, 2025
Le maire évoque des « intérêts cachés » et des « affairistes » à la manœuvre pendant cette campagne. Qui tenterait de faire main basse sur Nice ?
Beaucoup de ceux qui ont rejoint Éric Ciotti frappaient à la porte de Christian Estrosi il y a peu et n’ont cessé de réclamer des choses qui leur ont été refusées. Des projets, des terrains… Un ensemble de choses incompatibles avec l’intérêt général. Il y a une volonté, dans leur équipe, de prendre la ville pour leurs intérêts particuliers.
Quid de cet éventuel « retour en arrière », où voyez-vous ce risque ?
On ne se souvient pas assez de ce qu’était Nice avant 2008. Elle ne jouait plus dans la cour des grandes, elle avait mauvaise réputation, était mal équipée… Les autres candidats, et notamment celui de l’extrême droite, nous proposent une ville triste, sans plus ni congrès ni grands évènements, ni aucune proposition qui puisse nous élever.
En fonction des jours, le maire se dit entré en campagne, ou pas du tout. Sentez-vous chez lui une réelle envie de mener ce combat ?
Son envie est totale et il l’a démontré en ce début de campagne. Il ne cesse d’aller à la rencontre des habitants avec écoute et humilité. Cette nouvelle candidature est une remise en question de tout ce qui a fonctionné et de ce qui n’a pas marché. Sur tous les terrains, il est déterminé.
Quelle sécurité à Nice ?
Estrosi déplore le nombre de policiers nationaux mais ment sur le nombre de policiers municipaux : il annonce 1 000 agents alors qu’il n’y a que 600 postes créés dont seulement 424 sont pourvus ! pic.twitter.com/XYMKjj7A2s
— Jean-Christophe Picard (@JC_Picard) November 28, 2025
L’élu EELV Jean-Christophe Picard s’étonne des « 1000 agents dédiés à la sécurité » mentionnés dans votre tract de campagne, alors qu’il y a moins de 500 policiers municipaux. Seriez-vous devenu Marseillais ?
On y englobe les policiers municipaux (autour de 500), les ASVP (200), le service de sécurité de l’événementiel (notamment les ex-policiers qui protègent le Village de Noël), 230 papis et mamies trafic et une centaine de réservistes. S’y ajoutent les huit gardes champêtres en cours de recrutement. Aucune autre ville de France ne mobilise autant de moyens.
Pour ce qui est du bilan de la police municipale, que retenir des chiffres 2025 ?
Les agents ont mené 3500 opérations de contrôle qui auront donné lieu à 6326 interpellations. Dans 20% des cas, il s’agit d’affaires liées à la drogue. Le deuxième sujet qui nous mobilise, ce sont les personnes errantes. Nous venons d’obtenir l’expulsion du territoire d’un ressortissant Polonais coupable de nuisances répétées sur la place Garibaldi. Deux autres ont reçu leurs OQTF.
220 personnes ont été arrêtées en possession d’une arme, généralement un couteau. Nous avons aussi relevé 2670 infractions pour des incivilités, dont 1231 pour des dépôts sauvages. Les derniers arrêtés municipaux ont permis de verbaliser 2789 individus pour consommation d’alcool sur la voie publique.

Qu’est ce qui vous inquiète le plus ?
Bien des choses. Il y a un réel ensauvagement de la société. Avec la violence des jeunes, notamment. Le code pénal n’est plus adapté, il faudrait abaisser la majorité à 15 ou 16 ans pour sanctionner plus efficacement. Parmi les violences routières, la conduite sous l’emprise du protoxyde d’azote, qui entraîne une multiplication des drames. Christian Estrosi rencontrera dans quelques jours le ministre de l’Intérieur, il lui réclamera un renforcement de la sûreté à la frontière franco-italienne (la part de l’immigration dans les délits commis est de plus en plus importante, il faut avoir le courage de la dénoncer), et des renforts dans la police nationale.
Quel est le bilan du dispositif GAIDA aux Moulins et à Roquebillère ? Ces agents de sécurité mobilisés autour des HLM pourraient-ils être déployés dans de nouveaux quartiers ?
16 agents sont en poste aux Moulins, 9 ont été recrutés pour Roquebillère. Ils ont évacué, depuis mai dernier, 6720 individus qui n’avaient rien à faire dans les parties communes. Je note 93 découvertes d’armes blanches et 144 saisies de drogues, avec 9 kilos de stupéfiants (cannabis et cocaïne).
Le dispositif GAIDA est porté par la collectivité et par les bailleurs sociaux, à hauteur de 2,3 millions d’euros annuels. Le bailleur social du Conseil départemental de monsieur Ciotti a refusé d’y participer, contrairement aux autres offices HLM. Là encore, il y a un fossé entre son discours de fermeté et la réalité de ses actes.
Je crois, oui, qu’il faut implanter GAIDA dans d’autres quartiers. Ce serait tout à fait légitime de déployer cette force dissuasive, d’accompagnement des habitants, pour Las Planas, je pense aussi au Vallon des Fleurs.

Vos opposants suggèrent, chez LFI, de désarmer la police municipale, et parfois à droite d’en finir avec le « trop caméras ». Vous, au contraire, vous voulez en faire encore davantage ?
Nous voterons d’ici quelques jours, lors du budget 2026, l’installation de 300 nouvelles caméras, dans une ville qui en compte déjà 5000. Il y en aura bien davantage pour les résidences de Côte d’Azur Habitat. Des bornes SOS seront installées dans toutes les copropriétés volontaires.
Vous avez annoncé la création d’une brigade spécialement dédiée à la lutte contre la drogue dans la police municipale, mais d’aucuns y voient de la communication, puisque les pouvoirs des agents contre les dealers restent très limités par la loi…
Les limites législatives sont énormes. Nous n’avons pas la possibilité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles. Cette brigade nous permettra d’avancer, avec notamment l’arrivée, pour la première fois, d’un « chien stups » dans nos rangs. L’unité sera à la disposition du Procureur et du Préfet pour mener des missions main dans la main avec la police nationale, en complémentarité, puisque l’on voit à quel point elle manque de moyens.







C’est bon de voir quelqu’un qui parle avec la franche parole. Ce flou qui est dit entre ce qui est police, ce qui n’est pas police est de cette franche parole. Ça montre qu’il a quelque chose dans la ville, qui ne sait pas ce qu’elle est. Les mamis-trafics, les réservistes, les bons papis, la police qu’on n’appelle pas au 17, qu’on appelle sur allo mairie. Les milices privées. Quelqu’un qui prend la juridiction pour dire ce qui va, ce qui ne va pas au port. Quelqu’un va dire qu’il a une odeur d»état parallèle’ ici, ce qu’on accuse le trafic à Marseille… Lire la suite »
Ah bon ? …