Au centre des débats puisqu’il faudrait les supprimer selon certains élus de droite, les zones à faibles émissions (ZFE) ont-elles fait leur temps ? À Nice, elles n’auraient même pas encore eu le temps d’obtenir des résultats d’importance, selon des experts de la qualité de l’air. Il faut dire qu’elles ne sont pour ainsi dire pas contrôlées…
Un petit sursis, celui de l’espoir pour leurs partisans. Le 20 janvier dernier, la commission mixte paritaire a discuté d’une suppression des zones à faibles émissions, les fameuses ZFE. L’Assemblée nationale devait alors se prononcer sur le sujet le 27 janvier, avant que ce ne soit au tour du Sénat le 29. Sauf que le gouvernement a choisi de reporter l’examen du texte, sans qu’une date précise ne soit communiquée.
Ces dispositifs apparus en France après 2015 attendent donc de connaître leur sort. Pour rappel, ils sont actuellement obligatoires dans les agglos d’au moins 150 000 habitants. Sur le papier… À Toulon, par exemple, nous en sommes encore à l’état de projet. Idem en Avignon.
Précisons que les délimitations concernent généralement des centres-villes. L’objectif de cette mesure est d’interdire l’accès aux véhicules anciens et/ou les plus polluants. Mais entre principes et application, il y a un monde !
Les limites de l’application sur le terrain
En 2022, nous expliquions qu’à Nice, qui en a assez rapidement instauré une, on contrôlait bien les poids lourds, mais les voitures des particuliers restaient tranquilles.«Nous ne serons pas des pères fouettards », avait déclaré le premier magistrat, Christian Estrosi, à l’époque. Comprendre : la police municipale ne fera pas de zèle.
Aujourd’hui, ce périmètre concerne la Promenade des Anglais, les quais des États-Unis et Rauba Capeu, en plus de l’hypercentre. Il est théoriquement interdit aux camions, bus et autocars Crit’air 4, 5 et non classés. Et c’est tout, puisque depuis le 18 avril 2025, les automobiles légères et les utilitaires ne sont plus inclus.
Difficile donc de savoir si oui ou non ce programme est efficace afin de réduire la pollution émise par le trafic routier. C’est ce que constate l’institut indépendant Atmosud.
Lequel estime que la zone niçoise a des « restrictions trop ciblées ». D’autant plus que les limitations avaient été ponctuellement étendues aux véhicules particuliers Crit’Air 5 en 2023, mais pas aux Crit’Air 4, ce qui était pourtant envisagé en 2024.
Le transport routier : « première source d’émissions » des polluants à Nice

Si le rôle de l’association régionale « n’est pas d’être pour ou contre » les ZFE, elle répète que dans la capitale maralpine « le transport routier représente la première source d’émissions » des composés chimiques contribuant fortement à l’effet de serre, parmi leurs effets néfastes.
« Impossible, en l’état, de pouvoir conclure à une efficacité de la qualité de l’air sur son périmètre »
Elle confirme que ces périmètres, « quand ils font l’objet de vérifications, et sans abus de dérogations, contribuent à améliorer la qualité de l’air dans les centres urbains. »
Une observation possible grâce aux données récupérées dans les autres grandes localités françaises. Nous avons l’exemple lyonnais, une métropole dans laquelle le taux de ces NOx a chuté de 17% entre 2018 et 2021. Dont 4% directement attribuables à ce dispositif.
La situation est d’ailleurs la même à Marseille, avec une ZFE « pédagogique » puisqu’il n’y a eu « aucun réel contrôle » des vignettes Crit’Air. Finalement, Atmosud se questionne sur l’aspect « opportun de ralentir les efforts de réduction des polluants atmosphériques, à l’heure où la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air renforce les exigences règlementaires ».
Pour autant, la Métropole estime que « le large recul de la pollution atmosphérique, c’est une promesse tenue », puisque des chantiers d’autres natures ont été menés : nouvelles lignes du tramway, électrisation de la flotte des bus, végétalisation… Une récente commission d’enquête relève toutefois que son soutien à l’extension d’un terminal de l’aéroport n’est pas partagée par la population, qui la rejette pour une part importante des sondés.







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