Près de deux tiers du parc actuel de logements sociaux sont déjà exposés à des risques climatiques, principalement les fortes chaleurs, selon une étude dévoilée lors du congrès HLM.
Les vagues de chaleur représentent aujourd’hui la première menace climatique pour les logements sociaux. D’après l’étude menée par la Fédération nationale des offices publics de l’habitat (FOPH) et la Banque des territoires, ce danger pourrait concerner 79% du parc en 2050, et presque tous les logements d’ici à 2100.
Le parc HLM rassemble 5,9 millions de logements en France, dont 4,8 millions gérés par les bailleurs sociaux. Sur les 2,24 millions de logements étudiés, 1,44 million subissent déjà les conséquences des fortes chaleurs.
« Si l’impact de la chaleur sur le bâti en lui-même reste limité, les conditions de vie des occupants en sont fortement dégradées », notent les auteurs, « en particulier pour les seniors ».
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles, qui touche surtout les maisons, concerne actuellement 14% des logements sociaux individuels, et pourrait affecter 58% d’entre eux d’ici à la fin du siècle.
Logements sociaux et climat : une urgence d’adaptation face aux fortes chaleurs et aux risques croissants
Inondations, tempêtes, incendies de forêt ou encore recul du trait de côte menacent aussi une partie du parc. Déjà, 163.000 logements sont exposés aux crues de rivières et 188.000 aux remontées de nappes phréatiques. Moins de 1% des habitations sont concernées par les submersions marines, tandis que 3% (soit 61.000 logements) sont menacés par les feux de forêt.
« Avec l’accentuation des sécheresses et de la chaleur, de nouveaux foyers pourraient néanmoins apparaître dans des massifs forestiers aujourd’hui épargnés », avertit l’étude, qui recommande aux bailleurs d’anticiper des stratégies d’adaptation.
Le défi est toutefois financier. Les bailleurs sociaux doivent conjuguer la construction de 100.000 nouveaux logements par an avec la rénovation énergétique nécessaire pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Or, selon une autre étude de la Banque des territoires, publiée le 11 septembre, leurs moyens actuels ne suffisent pas pour relever simultanément ces deux enjeux.
Pour y faire face, les experts suggèrent plusieurs pistes : réaliser des diagnostics d’exposition et de vulnérabilité, associer les locataires pour identifier les bâtiments les plus fragiles, ou encore mettre en place des plans de gestion de crise face aux événements climatiques majeurs.
Avec AFP



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