Divers collectifs marqués à gauche réclamaient depuis des semaines l’annulation de la venue à l’Opéra d’une artiste italienne qu’ils qualifient de « néo-fasciste ». L’institution culturelle, soutenue par la mairie, ne leur a pas donné raison. L’opposition locale dénonce un acte de « cancel culture ».
À lire les réseaux sociaux, il fallait s’y attendre. Ça n’a pas manqué : l’Opéra Nice-Côte d’Azur a commencé l’année avec une polémique. C’est assez rare pour être souligné : l’une de ses représentations a été perturbée par une poignée de manifestants.
Il s’agit du grand concert gratuit de la nouvelle année, avec pour thème les valses de Vienne. Quelques militants ont réussi a tendre depuis un balcon une banderole hostile à l’endroit de la cheffe étrangère qui dirigeait ce jour-là l’orchestre philharmonique.
1 - « Pas de facho à l’Opéra » : l’action coup de poing
Cela faisait des semaines que l’orage couvait. Depuis un mois, chacun savait que le spectacle serait mené par l’Italienne Beatrice Venezi, parfois présentée comme une proche de Giorgia Meloni, la (très à droite) présidente du gouvernement transalpin.
En réaction, différentes associations marquées à gauche avaient promis de marquer le coup contre celle que certains militants qualifient carrément de « néo-fasciste ». Une manifestation avait déjà été organisée, avec cinquante personnes, fin décembre.
Comme le montre cette vidéo, une inscription hostile a été déployée dans la grande salle au cours du concert — lequel s’est déroulé comme si de rien n’était. Les opposants ont été sortis.
EXCLU RCF
— RCF Nice Côte d’Azur (@RCFcotedazur) January 1, 2024
Le Concert du Nouvel An à Nice bousculé par une banderole contre la chef d’orchestre. pic.twitter.com/pDt58AR2cc
2 - Qui est Beatrice Venezi ?
La gauche reproche à Beatrice Venezi, cheffe réputée aux quatre coins de l’Europe, son amitié avec Giorgia Meloni, mais aussi les liens de sa famille avec un parti dit néo-fasciste, tel que le note la radio France Musique. Elle conseille également le ministre italien des affaires culturelles. Sa venue à Limoges a dernièrement été perturbée.
3 - Quelles réactions ?
Depuis des semaines, l’Opéra Nice-Côte d’Azur a choisi de ne pas entrer dans la polémique, considérant qu’il s’agit là simplement d’une représentation artistique et non pas d’une tribune politique ouverte à qui que ce soit. « La musique a le pouvoir de transcender les clivages » a répété son directeur, Bertrand Rossi.
« Et bien non, Monsieur, on ne « joue » pas avec le fascisme » lui répondait, en juillet dernier, l’associatif David Nakache (Tous Citoyens !) sur X, ex-Twitter.
Publié par @cestrosiVoir dans Threads
Un communiqué réclamait au maire de Nice, le centriste Christian Estrosi (Horizons), d’intervenir pour annuler l’évènement. Ce que l’édile n’a pas fait, saluant, sur le réseau social Threads après la représentation « la talentueuse cheffe d’orchestre italienne Beatrice Venezi ».

Par voie de communiqué, l’opposition du groupe Retrouver Nice au conseil municipal a également donné son opinion. Pour ces élus notamment affiliés au parti d’Eric Zemmour Reconquête, « décidément, la gauche n’en finit pas de vouloir étendre sa soif de censure et sa « cancel culture » à tous les champs de la vie publique ! L’interruption du concert de Nouvel An est un énième et inquiétant épisode de ce monopole de la diffamation que la gauche exerce depuis des années dans les universités, les médias et donc, désormais, dans les salles de spectacle ».
« Philippe Vardon, président du groupe (…), adresse tout son soutien à Beatrice Venezi ainsi qu’au personnel de l’Opéra, pris en otage par l’intolérance d’une poignée de militants et syndicalistes gauchistes qui font honte à notre ville ».
L’Opéra fait décidément parler !
À l’inverse, en juillet dernier, un adjoint au maire, Henry-Jean Servat, avait dénoncé le « wokisme » des représentations de l’Opéra Nice Côte d’Azur. L’élu avait fait savoir dans les médias qu’il avait démissionné du conseil d’exploitation, étant opposé à « des oeuvres que l’on dénature », notamment après un spectacle qui évoquait droits LGBT et épidémie de Sida. Christian Estrosi avait démis Henry-Jean Servat de ses délégations dans la foulée.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.