Un arrêté préfec­toral impose le masque à peu près partout en ville, pendant l'essentiel du mois de juillet, face à la crise du variant Delta. Une mesure qui n'est pas vraiment appliquée, alors que le maire de Nice annonce travailler sur un arrêté municipal… exactement similaire.

Officiellement, le port du masque est obliga­toire dans l'ensemble des communes du dépar­tement. Le 17 juin dernier, il avait pourtant été levé à l'échelle nationale.

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Mais face à la recru­des­cence du variant Delta dans les Alpes-​Maritimes la préfecture a préféré jouer la carte de la prudence. Dès le 1er juillet, un arrêté préfec­toral annonçait que le masque doit être impéra­ti­vement porté à proximité des gares, des ports, des arrêts de tram', des écoles, des centres commer­ciaux, des parkings, dans les marchés couverts comme en plein air, dans les rues piétonnes et/​ou très fréquentées,… en bref, un peu partout en ville, "lorsqu'une distance d'au moins deux mètres ne peut être respectée entre les individus".

Les mairies sont sensément tenues, d'ailleurs, d'installer un affichage rappelant ces mesures dans l'espace public.

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Le texte a été prolongé jusqu'au 19 juillet 2021 inclus. Pourtant, le message ne semble pas être passé du tout auprès des Niçois. Partout, sur place Garibaldi, à Jean-​Médecin ou dans le Vieux-​Nice, les visages se découvrent de plus en plus.

Estrosi remet une couche

Le 9 juillet, Christian Estrosi, maire de Nice, prend la parole au micro d'Europe 1. Il se dit "inquiet" face à l'augmentation du nombre de conta­mi­na­tions au variant Delta et "veut se prémunir d'une quatrième vague imminente". À Nice, le taux d'incidence a franchi les 250 (cinq fois supérieur au niveau d'alerte) dans plusieurs quartiers.

Alors, il annonce "officiel­lement", concernant le port du masque en extérieur, qu'il est "en train de regarder quels sont les secteurs qui néces­sitent qu'il soit imposé. Mais nous allons l'imposer."

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Une mesure pour le moins étonnante puisque l'arrêté du 1er juillet le prévoit déjà. Mais la Ville de Nice le confirme mardi 13 juillet auprès de Nice-​Presse : "un arrêté municipal va être pris". 

En attendant, depuis que l'information a été lâchée : silence radio. Seule consigne commu­niquée à ce jour : "Quoiqu'il arrive, l'arrêté préfec­toral prend le pas sur l'arrêté municipal". Occupée par l'organisation du 14 juillet, la Ville a précisé qu'elle commen­terait cette situation en détails ultérieurement.

Sollicitée à plusieurs reprises depuis hier, la préfecture des Alpes-​Maritimes n'a pas encore répondu à nos questions sur la non-​application de son arrêté.

Vraiment utile ?

Aucun consensus scien­ti­fique n'a été établi sur l'efficacité réelle de cette mesure. En réalité, il en va plus d'un principe de précaution. Nous le savons, la majorité des conta­mi­na­tions se font dans un espace clos, mal ventilé, qui favorise la circu­lation du virus. Cette obligation en extérieur ne servirait qu'en cas de forte concen­tration de population. 

En attendant, plusieurs villes ont pris la même décision que Nice. C'est le cas, très partiel­lement, à Bordeaux, Toulouse et Lille. Nos voisins européens comme l'Espagne ou l'Italie ont déjà fait le choix de faire tomber le masque en extérieur cet été. 

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