Depuis les dernières législatives au cours desquelles des élus de la Métropole ont soutenu le RN et ses alliés ciottistes, les couteaux sont tirés entre une part des bancs et la présidence Estrosi. À quelques mois des municipales, l’examen du compte financier 2024 a viré au festival de tacles.
Christian Estrosi vante « une bonne santé financière »
Pas de hausse de la fiscalité locale pour cette fois, et plusieurs investissements clés malgré un contexte national déprimé. Voici ce que l’on peut retenir de l’exposé de l’exécutif métropolitain vendredi dernier, alors que l’exercice tient parfois du charabia pour les profanes.
La capacité de désendettement serait portée à 11,75 années, sous le seuil des 12 ans - autour duquel est fixé le niveau d’inquiétude - et loin des 15 ans, le niveau d’alerte. L’endettement a reculé de 15,2 millions d’euros sur un an, et l’investissement a atteint 253 millions d’euros. La dotation accordée aux projets des différentes communes équivaut à dix millions d’euros, ce qui est bien supérieur à ce qu’impose la loi. Voici pour le bilan des courses, barré d’un « Tous les voyants sont au vert » projeté en énorme au-dessus des élus, le 16 mai.
« À quoi bon nous faire les poches ? »
En face, l’opposition ne l’entend pas de cette oreille. Sur les bancs des ex-RN de « Retrouver Nice », Valérie Delpech : « Vos recettes sont englouties par des dépenses de fonctionnement en hausse. On ne peut donc croire à une vraie stabilité des taxes dans le temps. Surtout en sachant que Christian Estrosi soutient publiquement la création d’un nouvel impôt local, cette fois sur les locataires…»
Pas plus d’emballement chez les écologistes. Jean-Christophe Picard : « la dette a largement progressé depuis la création de la Métropole. Vous expliquez qu’elle baisse, dernièrement. Oubliant que vous avez diminué des investissements pourtant essentiels. Voire même carrément reporté les lignes 4 et 5 du tramway, réalisé qu’à moitié la plan des pistes cyclables et annulé le téléphérique entre Nice et Saint-Laurent-du-Var ».
Gaëlle Frontoni, proche d’Éric Ciotti et par ailleurs vice-présidente du Département, a été la plus rude : « les impôts ont explosé. Partout, la situation se dégrade, notamment sur le plan de la délinquance. Vos dépenses sont indéfendables, notamment pour ce qui est des frais de voyages, de communication et de contentieux. Tout cela manque de transparence. À quoi bon nous faire les poches alors que l’on ne répond pas aux urgences du quotidien ? »
« Populisme malvenu »
En réponse, le vice-président délégué aux Finances Philippe Pradal (Horizons) a dénoncé un argumentaire « médiocre, malhonnête intellectuellement. Vous évoquez des frais de voyages : ces déplacements servent à aller défendre les intérêts de la Métropole et à capter des subventions ! »
Et Anthony Borré (idem), également vice-président, d’abonder, voyant avec le dernier texte la main d’Eric Ciotti : « je doute que vous ayez rédigé tout cela, notamment parce que vous évoquez des compétences - la sécurité, la taxe foncière, etc - qui n’ont rien à voir avec la Métropole. Tout ceci relève d’un populisme malvenu. Vous pointez un manque de transparence : mais où ? Vous dénigrez l’action des élus et par ricochet, celle des agents ».







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