EN PHOTOS - Propriété du Muséum national d’Histoire naturelle depuis 1966, le Val Rahmeh est l’un des jardins les plus étonnants de Menton. Dans ce domaine d’un hectare et demi, près de 1 800 espèces tropicales et subtropicales composent un décor luxuriant, « porté par le microclimat unique de la Riviera » comme nous l’a confié son responsable.
À Menton, il y a les oasis qui rendent hommage à la Belle Époque ou qui reflètent minutieusement la passion des collectionneurs. Le Val Rahmeh, lui, donne parfois l’impression d’avoir déplacé les tropiques au pied des collines !
Derrière sa grille, les allées plongent dans une végétation déroutante. Bassins, palmiers, fruitiers exotiques, nymphéas, lotus, plantes venues d’Asie, d’Amérique, d’Afrique ou d’Australie… De quoi voyager sans quitter la ville.

« Ce qui est important et qui fait notre force, c’est que nous appartenons au Muséum national d’Histoire naturelle. C’est une image que l’on ne doit absolument pas perdre » rappelle dans Menton-Presse Christophe Joulin, responsable du site.
Comment ce domaine d’acclimatation s’est mué en vitrine tropicale
En 1966, la précédente propriétaire n’avait pas souhaité vendre à un privé, et avait choisi l’État. Qui s’est alors tourné vers le Muséum. « Il leur a demandé si cela les intéressait d’avoir une station dans le Sud où l’on pouvait acclimater des plantes. Ils ont sauté dessus. »

Depuis, le Val Rahmeh est devenu un espace botanique exotique ouvert au public. Il fait partie des sites aux côtés notamment du Jardin des Plantes à Paris ou de l’arboretum de Chèvreloup à Versailles. « Il y a un peu moins d’un hectare et demi, avec à peu près 1 800 espèces qui recouvrent toute la planète tropicale et subtropicale » précise Christophe Joulin.

La douceur du coin joue un rôle essentiel. Protégé par les montagnes et marqué par l’influence marine, le domaine descend désormais rarement sous les cinq degrés. « Il y a des plantes qui ne tenaient pas ici il y a trente ans et qui s’acclimatent aujourd’hui très bien. » Le litchi fleurit, le papayer résiste, l’érythrine crête-de-coq s’installe. « Ce sont les signes d’un climat qui change. »
Des plantes aquatiques hors normes aux trésors en danger, les secrets du parc
Le Val Rahmeh a aussi ses grandes attractions. L’été, le bassin devient l’un des points les plus spectaculaires du parcours. « En 1967, on a construit un bassin pour accueillir les Victoria. Cela fait trois décennies que nous en mettons chaque année pour montrer ces plateaux qui mesurent deux mètres de diamètre. C’est l’attraction de l’été. »

Autour, lotus et nymphéas ajoutent leurs couleurs… Ailleurs, le visiteur croise des fruitiers tropicaux, des palmiers, des solanacées, des agaves, des bougainvilliers ou encore des daturas. Certaines espèces racontent aussi l’urgence de la conservation, comme le cyprès de Tassili, originaire d’Algérie et actuellement menacé.
L’allée de palmiers fait partie des trésors du lieu.« Avec les changements de climat, une allée comme ça de Phoenix n’existera peut-être plus. On en prend soin, on les traite tous les mois. »

Le public, lui, répond de plus en plus présent. Avant le Covid, il accueillait environ 13 000 à 15 000 visiteurs par an. L’an dernier, il a franchi un cap spectaculaire : « Nous avons enregistré 60.500 entrées ! »





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