Un nouveau chapitre s'ouvre dans l'affaire Hélène Pastor. Le procès en appel de Wojciech Janowski, condamné en 2018 pour l'assassinat de la milliar­daire monégasque, débute aujourd'hui.

L'affaire avait fait grand bruit et mêle de nombreux complices du monde huppé de Monaco jusqu'aux bas-​fonds marseillais. 

Jusqu'au 19 novembre, Wojciech Janowski va être entendu par la cour d'appel d'Aix-en-Provence au sujet de l'assassinat de sa belle-​mère Hélène Pastor. Ce procès prévu en 2020 avait été décalé, notamment à cause du Covid-19.

Qui sont les protagonistes ?

C'est une "affaire complè­tement impro­bable, hors-​normes" nous livrait la journa­liste de Mediapart Hélène Constanty, autrice du livre-​enquête Monaco : luxe, crime et corruption, en avril dernier. 

"Vous avez un assas­sinat digne des frères Cohen, avec des tueurs amateurs qui laissent des traces partout, des liens entre la haute société monégasque et les quartiers Nord de Marseille…"

Au centre du jeu, Hélène Pastor, femme d'affaire monégasque et héritière d'une famille ayant fait de juteux bénéfices dans l'immobilier.

En face, Wojciech Janowski, son gendre et consul honoraire de Pologne à Monaco. Les enquê­teurs soupçonnent un complot fomenté avec deux tueurs, rencardés par un coach sportif, Pascal Dauriac. Lequel a d'ailleurs fait appel.

Que s'est-il passé ?

Le 6 mai 2014, Hélène Pastor est la cible de tirs devant l'hôpital l'Archet de Nice alors qu'elle rendait visite à son fils Gildo Pallenca-​Pastor, qui se remet d'un AVC.

La milliar­daire et son chauffeur, Mohamed Darwich, sont grièvement blessés. L'homme décèdera le 10 mai, sa patronne le 21 mai.

Sous le feu des projec­teurs, entrent deux individus origi­naires de Marseille : Samine Saïd Ahmed et Al Haïr Hamadi. D'après les éléments de l'enquête, ils pourraient avoir été engagés par Pascal Dauriac.

Ce dernier aurait reçu 140.000 euros par le gendre de la victime. Ils ont formulé des aveux aux policiers dès le début de l'affaire, alors que de nombreuses preuves matérielles ont été rassemblées.

Le gendre de la milliar­daire nie en bloc avant d'avouer, le 26 juin 2014, qu'il est le comman­di­taire de l'opération. Il se rétracte ensuite. Son avocat, Jean-​Claude Giudicelli, estime que son client a été "contraint à passer des aveux".

Quelles motivations ?

"La cupidité". C'est l'argument évoqué par Pascal Dauriac dont les accusa­tions envers l'ex-consul de Pologne n'ont pas varié. 

"M. Janowski avait ce projet d'assassiner madame Hélène Pastor depuis longtemps" estimait en 2014 Brice Robin, le procureur de la République de Marseille.

La femme d'affaires avait une fortune estimée à 12 milliards d'euros et était déten­trice d'une douzaine d'entreprises monégasques. Chaque mois, elle versait une rente de 500.000 euros à sa fille Sylvia et son gendre. 

Outre l'argent, Wojciech Janowski "se sentait rejeté par le reste de la famille Pastor en général et par Hélène Pastor en parti­culier".

Le procès

Septembre 2018 marque le début du procès de Wojciech Janowski et de ses co-​accusés. Assisté par Éric Dupond-​Moretti, le prévenu ne reconnaît pas les faits. Mais son conseil lui-​même assure que son client "est coupable d'avoir commandité l'assassinat".

Wojciech Janowski est reconnu coupable et écope de la réclusion crimi­nelle à perpé­tuité, tout comme Samine Saïd Ahmed et Al Haïr Hamadi. 30 ans de prison sont prononcés contre Pascal Dauriac. 

Dans la foulée, une procédure d'appel est demandée. Programmée en 2020 mais reportée à cause de la crise sanitaire, elle s'ouvre ce lundi pour une durée d'un mois, à Aix-​en-​Provence. L’ex-gendre d’Hélène Pastor compte plaider non-​coupable, d'après 20 minutes.

Dernier rebon­dis­sement, le fils de la victime, remis de deux AVC, s'interroge ces jours-​ci dans les médias sur la "duplicité" de sa sœur et "pose [même] la question" de son implication.

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