Deux ans de sursis ? Prolongé a minima, au lieu de dix années habituellement, le campus de Sciences Po Menton entre dans une zone d’incertitude. Après les polémiques et le vote d’un sursis en conseil municipal, la question de son avenir s’invite déjà dans la campagne municipale. Interrogés par Menton-Presse, les principaux candidats veulent trancher, mais pas de la même manière.
Installé depuis vingt ans au coeur de Saint-Julien, face au vieux-port, le campus « Moyen-Orient et Méditerranée » accueille plus de 500 étudiants, dont une majorité d’internationaux. Avec des retombées estimées entre 3 millions d’euros par an, près de 300 logements occupés une grande part de l’année et une clientèle nouvelle pour les commerces, l’impact est considérable pour l’économie de la ville. C’est ce que défend la mairie.
Mais depuis le 7 octobre 2023 et les tensions liées au conflit israélo-palestinien, manifestations, tags et accusations d’antisémitisme ont crispé les Mentonnais. Le renouvellement de la convention n’a finalement été voté que pour deux ans. En 2026, les électeurs trancheront, d’une certaine façon, pour son avenir.
Vigilance et tolérance zéro ?
Sandra Paire (Nouvel Élan pour Menton, droite indépendante) se positionne clairement pour le maintien. « Le nouveau directeur (Youssef Halaoua, ndlr) a apaisé le climat. Il faut respecter les règles, plus de débordements. » Pour l’ancienne LR, il serait injuste de « pénaliser l’ensemble des étudiants pour quelques-uns. »

Les exclusions devraient viser les fauteurs de trouble, pas l’institution. La conseillère régionale plaide aussi pour davantage d’équité dans les subventions municipales et une collaboration renforcée sur des actions sociales, solidaires ou éducatives.
Alexandra Masson (RN) adopte une ligne plus ferme. « Sciences Po ne restera à Menton que si un nouveau contrat politique et éthique est conclu. » Deux conditions sont posées. En premier lieu, qu’il prenne en charge le loyer du bâtiment Saint-Julien, soit environ 200.000 euros, exonéré jusqu’alors.

Et une « tolérance zéro face à l’antisémitisme et à toute importation des conflits du Moyen-Orient. Le campus ne doit plus jamais être un foyer de discorde » insiste la députée, tout en soulignant que « Youssef Halaoua a engagé avec succès une politique d’apaisement. »
Renforcer les partenariats
Florent Champion, qui y a étudé, défend son maintien sans ambiguïté. « C’est une très bonne chose pour la ville. » Mais le tête de liste « Menton en Action » (DVD) estime que l’intégration peut être améliorée.

Il propose de mieux valoriser les actions bénévoles des étudiants et d’articuler leur parcours civique avec les besoins des associations et services municipaux. « Il faut tirer davantage profit de leurs compétences. »
Sur les débordements, il appelle à la fermeté, tout en mettant en garde contre « la psychose. » « Tant que cela reste dans un cadre légal, cela fait aussi partie de la vie universitaire…»
Louis Sarkozy (LR, Horizons) pousse encore plus loin la logique de partenariat. Pour lui, Sciences Po est « un pilier stratégique du rayonnement de Menton. » Le fils de l’ancien président de la République défend un ancrage plutôt consolidé, une sécurisation des financements avec la Région Sud et surtout une optimisation des locaux l’été.

« Les bâtiments ne doivent pas devenir des espaces sous-utilisés plusieurs mois par an. Il faut des universités d’été, des séminaires internationaux et des formations continues. » Le candidat soutenu par le maire sortant Yves Juhel veut transformer le site en moteur, mieux connecté aux autres établissements azuréens.










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