Accusé d’avoir utilisé les fonds d’une course de formule 1 perfusée d’argent public pour des dépenses privées, Christian Estrosi produit des pièces qui démentent « ces calomnies ».
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On évoque souvent, dans les médias, la guerre Estrosi-Ciotti. Mais c’est peut-être, ces derniers temps, avec la fidèle du second, Christelle d’Intorni, que les relations sont les plus violentes.
La députée (Les Républicains) des vallées niçoises a lancé diverses procédures pour obtenir le détail des comptes du grand prix de Formule 1 dans le Var, présidé quelques années par Christian Estrosi (majorité présidentielle) et endetté à hauteur de trente millions d’euros. Lesquels devront être épongés par le contribuable.
Dans une interview, Christelle d’Intorni soupçonnait l’édile d’avoir mobilisé les moyens du groupement d’intérêt public (GIP) chargé de la compétition pour prendre en charge de luxueuses dépenses personnelles : « un restaurant à 850 euros un 1er juillet 2022, date de son anniversaire », « une facture Montblanc de 10.800 euros », ou encore « 500 euros à l’hôtel Crillon, à la date anniversaire de son mariage ».
« On s’en prend à ma famille »
Dans un communiqué à en-têtes de la Ville et de la Métropole de Nice envoyé ce jeudi 29 février, Christian Estrosi dénonce « une campagne haineuse, fondée sur des mensonges et des calomnies ».
Et de dénoncer : « Tout au long de ma carrière politique, j’ai dû répondre à des attaques et j’en ai portées. Mais jamais de ce niveau, jamais de cette bassesse, jamais de cette vilénie. S’il est difficile pour moi que certains s’en prennent à mon honneur, il est humainement intolérable qu’on s’en prenne à ma famille ».
L’édile déroule, avec des photos publiées sur les réseaux sociaux (qui ont pu être prises à d’autres dates) : « Pour mon anniversaire le 1er juillet 2022, j’étais en vélo à Eze le matin, puis en Italie, à Alassio, avec mes enfants et petits-enfants, jusqu’au lendemain, et pas au Domaine de la Bégude comme elle le prétend. A l’occasion de mon anniversaire de mariage le 12 novembre 2022, j’étais au Lac de Côme en Italie, et non au Crillon…»
« Ces propos mensongers, ces fake news diffusées sont indignes de quiconque se prétend parlementaire. Elle et ses commanditaires espèrent m’affaiblir ».
La députée d’Intorni marque un coup politique, en imposant ses accusations à l’agenda médiatique, et contraignant son rival à s’expliquer publiquement.
L’avocat du Maire assure qu’il n’avait pas de moyen de paiement associé à un compte du GIP, et qu’une plainte en diffamation doit être déposée.
« Gestion hasardeuse » ?
Si Christian Estrosi écarte ce soir des dépenses d’ordre personnel, certaines lignes comptables, imputables à d’autres membres du groupement, poseraient toujours question.
Dans un reportage de France 3 Côte d’Azur, la chaîne publique pointe « une gestion hasardeuse », alors que des documents font état de factures liées à un magasin de luxe pour enfants (4.000 euros) ou encore 67.500 euros versés à Disneyland Paris. Etonnant, peut-être, pour une course automobile organisée dans le Var.
Sur la seule année 2019, on décompterait 132.000 euros de « cadeaux divers ». Les organisateurs qui disposaient, eux, d’une carte bancaire fournie par le G.I.P. devront probablement en répondre.
Sur un tout autre sujet, Le Figaro annonçait aujourd’hui que la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) donne droit à l’opposition niçoise qui réclame au Maire la transmission de ses notes de frais sur plusieurs années.
Là encore, le camp d’Eric Ciotti « veut savoir comment est utilisé l’argent public ». Reste à voir si la commune donnera suite, ou si le Conseil d’Etat sera saisi, comme ce fut le cas au sujet d’une demande similaire à Paris.





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