Des barrières et des policiers : ce mercredi matin, la rue Tiranty a pour la première fois été soumise à un « accès restreint », décidé par la municipalité pour en chasser les personnes droguées. Depuis deux ans, des toxicomanes s’y piquent à-même le trottoir. La gauche locale dénonce les dernières mesures choc de Christian Estrosi.
Des contrôles visuels pour laisser passer riverains, clients et patients. Des barrières et une surveillance policière entre huit et vingt heures chaque jour. Une initiative coup de poing amenée à durer jusqu’au 22 juillet, avant un premier bilan d’efficacité. Voici comment résumer en deux mots le dispositif déployé cet été par la municipalité dans la « rue des toxicomanes », pour la portion comprise entre Jean-Médecin et Lamartine.
Pour l’association de gauche « Tous Citoyens », « la ville de Nice n’est pas un centre commercial géant avec des vigiles à l’entrée et la sortie. Les riverains doivent pouvoir circuler librement et l’on doit défendre la liberté de circuler » note son président David Nakache ce 16 juillet.
« Les policiers municipaux ont d’autres missions à accomplir que de rester immobilisés à surveiller une seule rue. Notons par ailleurs que décider de fermer Tiranty de 8h à 20h démontre que la Mairie se soucie davantage des touristes qui seraient susceptibles de voir cette rue en passant avenue Jean Médecin que des habitants qui subissent davantage l’insécurité la nuit que le jour. Enfin, l’effet de la mesure est déjà connu : fermer une rue, c’est déplacer le problème sur les axes voisins. »
« D’un point de vue social : la Ville a fermé le centre de soins de la rue Offenbach en 2012 et a soutenu les riverains de Tzarewitch qui s’opposaient à la création d’un autre CAARUD en 2022. (…) Nous payons aujourd’hui ces refus ».
« Politique brutale d’exclusion »
Plus largement, au sujet du plan contre « les nuisances urbaines et les populations errantes » annoncé vendredi (grilles installées autour d’une place, brigade d’accompagnement social, démantèlement avec le Parquet de réseaux de « mendicité organisée »…), David Nakache estime qu’il s’agit là « d’une politique d’exclusion, d’une maltraitance sociale pensée, planifiée et mise en œuvre délibérément ».
« Les nouvelles mesures annoncées renforcent cette traque organisée et sont inacceptables d’un point de vue moral, contre-productives d’un point de vue sécuritaire et désastreuses d’un point de vue social. »
Même topo du côté des communistes, dont le secrétaire départemental Julien Picot pointe l’éloignement annoncé des migrants autour du Voeu et de la Bourgada, avec des grilles et l’installation de jeux pour enfants :
« Derrière cette façade de pseudo-aménagement urbain se cache une politique brutale d’exclusion, qui traite les exilés comme des nuisibles qu’on repousse d’un quartier à l’autre.
Cette obsession à ‘faire place nette’ en éloignant les plus pauvres, les sans-abri, les demandeurs d’asile avec pour seule boussole l’approche électorale montre une dérive dangereuse ».



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