Vendredi, la municipalité a perdu patience. Pour forcer la Préfecture et le Département à se mobiliser sur l’affaire de la « rue des toxicomanes », elle annonçait une mesure radicale : sa fermeture immédiate, contrôlée par la police. Si l’État cassait le dispositif, il devrait s’en expliquer devant les riverains : c’est la stratégie de la mairie.
1. À Tiranty, quel est le problème ?
Comment expliquer les origines de la situation épouvantable dans laquelle cette perpendiculaire de Jean-Médecin se trouve depuis deux ans ? Peut-être parce qu’un précédent centre de soins pour toxicomanes a été fermé par la mairie (sous pression des riverains), qui avait aussi obtenu que les autorités de santé renoncent à en ouvrir un autre depuis. Conséquemment, les agents de police n’ont pas tellement d’options quand il s’agit de diriger ailleurs les personnes droguées.
Peut-être aussi s’agit-il d’une nouvelle illustration de l’extrême précarisation des centres-villes, comme cela s’observe dans bien d’autres grandes communes de France. Toujours est-il que cet axe mitoyen de la principale artère commerçante de la Côte d’Azur avait fini par ressembler à une venelle du Bangladesh, avec des riverains excédés et de malheureuses populations sans dignité aucune.
2. Pourquoi avoir mis deux ans à fermer la rue ?
Le premier adjoint assure ce 16 juillet avoir « tout tenté avant d’en arriver à cette solution désespérante ». Selon lui, la Ville a proposé à l’État plusieurs sites pour installer un nouveau centre de santé, loin des habitations. La Préfecture aurait été sollicitée à de nombreuses reprises par courrier. Las, « les choses se sont aggravées au fil des mois, avec désormais un péril sanitaire extrême, pour les toxicomanes comme pour les passants ».
3. En quoi consiste le dispositif ?
Il s’agit d’un test, amené à être révisé d’ici une semaine. La rue est fermée par la police municipale et des ASVP depuis mercredi matin, entre 8 et 20 heures. Les portiques évoqués n’ont finalement pas été installés. Ceci jusqu’au 22 juillet. « L’accès restreint » est partiel, puisque les barrières sont installées entre Jean-Médecin et Lamartine, pas au-delà.
Le contrôle est dit « visuel ». Chacun peut circuler avec l’assentiment des policiers, sans présenter de justificatif. Tout juste la commune explique que la patrouille « fera la distinction entre les habitants, les clients de commerces et les personnes toxicomanes ». Mais elle dément « tout principe de contrôle au faciès ». Les allées et venues restent limitées : il ne s’agit que d’une portion de voie, qui comporte très peu d’enseignes et pas davantage de portes d’entrées.
4. Pourquoi certains politiques se disent-ils perplexes ?
Chacun aura compris qu’il ne s’agit pas là d’une solution pérenne. Les locaux n’y croient pas et les élus l’assument. L’idée de cette action coup de poing et de forcer l’État à en faire davantage.
C’est lui qui serait avant tout coupable de cette dégradation accélérée, comme l’a répété Anthony Borré : « Les individus que nous évoquons sont du ressort plein et entier de l’État, qui n’a cessé d’être alerté par nos services… mais qui a fait défaut. Nous attendons désormais qu’il soit à la hauteur de ses responsabilités, qu’il mobilise enfin des moyens ».
Le député UDR Eric Ciotti estime qu’il y a un risque réel pour que les contrevenants migrent vers les rues adjacentes, déjà sujettes à des troubles divers. « La police municipale va accentuer sa vigilance dans le quartier » a-t-il été promis, même si les patrouilles et caméras déjà en place n’ont pas permis d’empêcher l’engrenage regretté rue Tiranty.
🔴 La mairie va fermer une rue minée par la drogue, avec des portiques et des agents de sécurité : le député du centre-ville @eciotti réagit dans Nice-Presse
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) July 11, 2025
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5. Oui, mais demain ?
La commune appelle aussi à une meilleure répartition des sujets les plus précaires et des « marginaux », alors que « les communes alentours ont fermé leurs structures, accentuant la pression sur Nice ». Un élément que la Préfecture « dément fermement » auprès de Nice-Presse.
Anthony Borré a aussi appelé le Conseil départemental des Alpes-Maritimes a « assumer ses compétences sociales » plutôt qu’à se lancer dans « des critiques et des polémiques stupides ».
« Rue des toxicomanes » fermée par la police à Nice : la gauche pas emballée du tout#Nice06 @patrickallemand
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C’est à lire dans Nice-Presse ⤵️ https://t.co/lNf8svX7jR
De son côté, la gauche, avec le socialiste Patrick Allemand, estime qu’aucun retour à la normale ne sera possible sans nouvelle offre de soins : « Plutôt que d’empêcher les gens de circuler, il est indispensable de mettre en place un dispositif d’accompagnement et d’ouvrir un local en centre-ville. Des travailleurs sociaux plutôt que des vigiles » appelle-t-il dans nos colonnes.



Il faut pas confondre toxicomane marginaux et immigrés cela na rien avoir