TRIBUNE LIBRE Femme engagée, Muriel Mayette-​Holtz publie quelques jours avant le second tour de l'élection prési­den­tielle une tribune, transmise à Nice-​Presse, dans laquelle elle encourage chacun "à se battre pour ses valeurs, de générosité, d’ouverture d’esprit, de justice et d’équilibre entre les femmes et les hommes". 

En juin 2021, la direc­trice du Théâtre national de Nice (TNN) avait appelé à voter pour Renaud Muselier aux élections régio­nales en Provence-​Alpes-​Côte d'Azur, alors que le Rassemblement national était annoncé probable vainqueur par certains sondages.

Voici son texte en intégralité, à découvrir ci-après.

"Il est du devoir de chacun d’agir"

"Depuis quelque temps, l’actualité nous rappelle chaque jour qu’agir est néces­saire. Au niveau inter­na­tional, au travers de la guerre en Ukraine, elle nous confronte à notre tradition d’hospitalité, à nos valeurs de liberté et de défense des droits de l’homme.

Notre théâtre, notre ville, notre région ont prouvé - à tous les niveaux - que nous pouvions relever le défi. De la même façon, en cette période de choix électoral, c’est un défi à la fois citoyen et national auquel nous devons répondre.

"Ma conviction est que nous devons à tout prix refuser la fermeture sur soi, refuser l’exclusion, refuser la stigmatisation"

À l’heure où le théâtre ouvre à Nice de nouveaux espaces de culture, de nouveaux lieux d’échanges, de paroles, comment envisager la remise en question de la liberté d’opinion, de la liberté d’expression, de la liberté de création, comme le suggère réguliè­rement le parti du Rassemblement national.

Mon projet pour le TNN, mais tout mon univers est - comme celui de la plupart des Niçois.es - tourné vers l’autre, vers l’Italie, vers la Méditerranée, vers les cultures amies…

Autant d’éléments irrémé­dia­blement incon­ci­liables avec un concept comme celui de “préfé­rence nationale”.

Cela va à l’encontre de la notion même de culture et d’art. Nous ne travaillons, nous ne ressentons, nous ne grandissons que par la relation à l’autre. C’est pour cela que nous devons, aujourd’hui, et surtout dimanche 24 avril, faire part de notre choix, de notre volonté, et aller voter.

"Et au-​delà de ce vote, continuer à affirmer cette volonté et ne pas “juste” entériner la victoire d’un “camp démocra­tique” sur un “camp mortifère”, mais défendre, pas à pas, jour après jour, nos convictions."

Chacun.e, à son échelle, à son niveau, doit continuer - une fois les élections passées - à se battre pour que ses valeurs, en termes de générosité, d’ouverture d’esprit, de justice et d’équilibre entre les femmes et les hommes, soient entendues.
C’est le moment pour chacun.e de les défendre.

C’est le début du combat pour les protéger, les développer, les renforcer. Le monde ne changera que si nous sommes capables de nous changer nous-​même et si nous choisissons la tolérance et non l’exclusion.

Par le vote, tout d’abord.

Par l’action, quoti­dienne, citoyenne. 

Il est du devoir de chacun d’agir."

La zone commentaires n'est pas ouverte pour cet article.