Municipales 2026. Le débat fait rage autour de la dette de l’État, c’est aussi le cas pour celles des différentes mairies, en pleine campagne électorale. À Nice, un cabinet privé décerne plutôt de bons points à la Ville. Les opposants écologistes sont en première ligne.
Cette analyse d’une trentaine de pages agite les élus métropolitains. Avec un peu moins d’intensité, c’est la même mayonnaise du côté de la mairie. Lundi 10 novembre, Klopfer présentait aux élus et à la presse son fameux audit, déjà abondamment commenté. La matière n’est pas si complexe que cela.
Ce cabinet de conseil n’est ni une institution indépendante comme la Chambre régionale (CRC), avec ses magistrats chargés de l’examen de collectivités, ni une agence de notation, qui fait autorité auprès des marchés financiers. Mais il s’agit là d’experts reconnus dans leur domaine, celui des comptes des mairies et des agglos, notamment. Le document local est disponible sous forme de synthèse, derrière ce lien web.
La présentation ne représente pas un bilan du mandat finissant, ni un topo sur la gestion municipale. Seul l’endettement a été évalué.
La mairie obtient « l’équivalent d’un 16/20 » c’est à dire d’un AA- (« 17/20 avant la récente dégradation de la note française »), si l’on reprenait les critères d’un Standard & Poor’s, par exemple. L’objectif de la manoeuvre ? La Ville pourrait se passer de l’intermédiaire de certaines banques pour trouver des investisseurs costauds, avec des taux d’intérêt plus abordables. Le nombre indicatif estimé par Klopfer la conduit, annonce-t-elle cette semaine, à solliciter pour 2026 la première « notation » officielle de son histoire, tout comme le fera la Métropole.
Endettement niçois : que retenir en bref ?

Klopfer a regardé de près les chiffres clés : ses dépenses, ses recettes diverses et variées, sa dette… Sans oublier les risques que font peser son environnement (chômage, pauvreté,…) sur elle, mais aussi la situation d’autres villes, pour établir quelques comparaisons.
519 millions d’euros au total, ce sera le montant de l’endettement d’ici à la fin de l’année. La « capacité de désendettement exprimée en années » atteindra, au 31 décembre, les 7 ans (3 pour Lyon, 8 pour Marseille, 10 pour Rennes). Nice figure au-dessus de la moyenne (5,3) mais largement en-deçà du seuil de vigilance rouge (12). Le niveau actuel « ne présente pas d’inquiétude » estime Klopfer.
« Elle est plus endettée que d’autres, mais ses capacités de remboursement sont aussi plus élevées. Par ailleurs, la fiscalité a certes augmenté, mais il reste des marges de manoeuvre pour le faire encore. Du point de vue des financiers, c’est une bonne chose ».
Sur les impôts, la cité ne se retrouve ni parmi les meilleures élèves, ni parmi les pires : la pression fiscale se place en milieu du tableau des principales communes.
La capacité de résistance à des aléas (des crises, par exemple) apparaît « solide » et l’endettement « s’est stabilisé, voire a tendance à reculer ». On ne trouve « aucun produit toxique dans les crédits contractés ».
Les écologistes critiques, les autres opposants silencieux ou absents
Selon le conseiller EELV Jean-Christophe Picard, « on nous explique que la dette est soutenable. C’est vrai, les grands chiffres financiers sont connus, on n’apprend rien. La fiscalité a progressivement évolué (+19% de taxe foncière récemment, notamment), alors que de gros investissements, souvent attendus, ont été annulés ou reportés, et c’est un problème. Mécaniquement, sur le papier, on s’en tire mieux. Ça ne veut pas dire que la gestion soit formidable ».
L’écologiste indépendante Sylvie Bonaldi a pris la parole pour regretter la commande de cet audit (pour 5200 euros HT) « alors que des institutions publiques indépendantes en produisent déjà ». Gaëlle Frontoni, la conseillère municipale proche d’Éric Ciotti, a choisi de ne pas assister à cette commission « en guise de boycott ». Le groupe d’extrême droite de Philippe Vardon a posé des questions techniques, sans formuler de critiques.
Christian Estrosi : « un exercice de transparence devant les citoyens »
Au cours d’un échange avec les journalistes, le maire (Horizons) a voulu souligner que « l’opposition a souhaité être informée dans le détail des conclusions de l’audit, c’est chose faite. Devant la presse, qui pourra en rendre compte aux citoyens. Cet exercice de transparence m’encourage à ouvrir à l’avenir certaines commissions au public, pour que chacun puisse suivre ce type de débats ». Sur la question précise de la dette, Christian Estrosi s’est félicité d’un rapport « qui contredit les ‘fake news’ que certains opposants ont tenté de propager. Comme nous l’avons toujours dit, notre politique d’investissement est maîtrisée, tout comme le niveau de l’endettement ».





Donc Estrosi va utiliser pendant sa campagne un audit payé par le contribuable. Bravo le magicien