Cofondateur et directeur exécutif de Summer Hotels, Laurent Rossi pilote aujourd’hui un groupe de onze établissements hôteliers (Massena, Brice Garden, Florence…) à Nice et sur la Côte d’Azur. Avec une croissance continue, une kyrielle d’innovations et un fort ancrage local, il confie à Nice-Presse Dimanche sa vision du tourisme azuréen.
Vous allez inaugurer un onzième établissement à Cagnes-sur-Mer. Pourquoi vous développer au-delà de Nice, dans la métropole ?
Nous ouvrirons en juin un hôtel 4 étoiles à Cagnes-sur-Mer, le Royalmar. Un superbe établissement en front de mer, les pieds dans l’eau, avec 41 chambres et suites, deux rooftops et un restaurant biostronomique. Ce sera le premier vrai 4 étoiles sur cette façade littorale. Cagnes est en plein boom, c’est la cinquième ville du département, et avec Saint-Laurent-du-Var, ce sont des communes qui s’inscrivent parfaitement dans notre stratégie de croissance. Le Cros est lancé dans sa dynamique estivale, et l’ensemble participe de la vitalité de la métropole.
Vous grandissez dans un marché où les hôtels fleurissent à Nice. Le gâteau est assez grand pour tout le monde ?
Oui, la Côte d’Azur reste la deuxième destination touristique de France après Paris. Et nos élus locaux ont bien compris son potentiel. L’aéroport est pour nous un atout énorme. On a cinq vols quotidiens avec les États-Unis. Les Américains sont devenus une clientèle importante : 10% de notre fréquentation, avec 65% de clientèle étrangère au total et 35% de Français. Bien sûr, nous avons perdu la clientèle russe et chinoise ces dernières années, mais nous sommes convaincus qu’elle finira par revenir.
Comment abordez-vous 2025, avec confiance ou avec prudence ?
Depuis le début de l’année, nous sommes en progression de 4% par rapport à 2024. Le mois de mai a affiché +10% par rapport à l’année dernière, qui était déjà une année historique. Juin, juillet et août s’annoncent exceptionnels, portés notamment par le sommet mondial des océans - l’UNOC-3 - qui nous garantit des taux de remplissage de 100% sur nos sept hôtels niçois.
Certains regrettent encore la fermeture du palais des congrès Acropolis. Ce manque s’est-il réellement fait sentir ?
J’ai compris la décision de déplacer le palais des congrès hors du centre-ville. Aujourd’hui, avoir ce type d’infrastructure à proximité d’une gare multimodale est plus logique. Acropolis ne générait pas non plus un flux de congrès si important qu’il n’ait pu être compensé. La municipalité a su, en parallèle, attirer de nombreux événements extérieurs comme l’arrivée Tour de France, l’Ironman ou de grands concerts qui, au final, ont largement compensé et même surpassé l’activité liée à l’ancien palais.
Bien sûr, nous avons quand même hâte de voir le futur centre des congrès ouvrir, car la clientèle business qui le découvrira reviendra ensuite en famille, comme on le constate à Paris, Barcelone ou Milan.

Summer Hotels est reconnu pour ses innovations. Quelles nouveautés avez-vous récemment pu déployer ?
Nous restons un groupe indépendant, avec une forte culture humaine, aussi bien envers nos équipes que nos clients. Cet hiver, nous avons intégré l’intelligence artificielle pour fluidifier la communication avec les voyageurs : tout passe par WhatsApp, dans toutes les langues. En moins de deux minutes, ils ont des réponses à toutes leurs demandes, en interaction permanente avec nos équipes.
Et dès cet hiver, nous lancerons un « bar à oreillers », un concept généralement réservé aux 5 étoiles. Chaque client pourra choisir le sien selon ses besoins : anti-rides, rafraîchissant, cervical, thérapeutique… Certains réservent déjà en précisant leur préférence !
L’écologie est-elle également au coeur de votre stratégie ?
L’hôtel Florence est un modèle d’écoresponsabilité de A à Z : nettoyage-vapeur, produits d’entretien et petits-déjeuners en circuit court et bio, cartes de chambre en bois recyclé, mobilier en plastique recyclé, climatisation neuve et alimentée à l’énergie verte. Nous avons trois ruches produisant notre propre miel (90 kg par an !), que nous utilisons dans nos établissements. Nous avons installé le même dispositif au Masséna, et à Levens, nous complétons la production avec un apiculteur local.
Notre fromage vient de la Bréole à Serre-Ponçon, le bœuf d’Alcaz, les confitures d’Herbin à Menton ou de Pierrelas vers Valberg, le miel et le safran de Levens, les œufs des plateaux de Thorens… Nos équipes cuisinent beaucoup en interne : quiches, banana cakes, le tout bio et fait maison. Ce sont des produits de qualité, locaux, qui soutiennent l’économie de notre territoire.
Comment fidélisez-vous vos collaborateurs ?
Cela fait des années que nous avons compris qu’une belle entreprise passe d’abord par de belles équipes. Nous proposons des abonnements en salle de sport, une mutuelle à 100% prise en charge, des primes et bons cadeaux, des nuits d’hôtel offertes pour que nos salariés vivent l’expérience client, et beaucoup de formations — sécurité, gestes et postures, montée en compétences. Nous avons aujourd’hui 250 employés sur nos onze établissements.
L’encadrement plus strict d’Airbnb à Nice vous satisfait-il ?
Complètement. Nous sommes confrontés à une concurrence déloyale. Nous avons des normes de sécurité strictes, d’accessibilité PMR, des contrats très encadrés. Il fallait une régulation. Nice est passée de 16.000 à 11.000 meublés touristiques en deux ans, c’est une bonne chose. Et la création d’étoiles sur les locations est également bienvenue pour clarifier l’offre.
Certains disent pourtant que les hôtels deviennent inaccessibles pour les touristes modestes, d’où le succès d’Airbnb…
Je ne crois pas. Airbnb est souvent loué cher. Il est adapté aux familles qui cherchent une cuisine pour leurs enfants. Mais l’hôtellerie de type appart-hôtel est là pour ça. Il existe également sur Nice des établissements une et deux étoiles à des tarifs accessibles. Nous voulons simplement des règles identiques pour tous.









C est super ! Je vais en parler autour de moi