L’avocat de la Métropole dénonce les « contre-vérités » diffusées par le camp d’Eric Ciotti, dans la cadre de perquisitions menées par la gendarmerie.
Exclusif – Duel d’avocats, à fleurets tout juste mouchetés… Mardi, « Nice-Presse » révélait un courrier envoyé par la députée (LR) des Alpes-Maritimes Christelle d’Intorni à la présidence de la Métropole, à lire derrière ce lien.
Elle y accusait Christian Estrosi d’avoir, à dessein, « mal géré » les soupçons de détournements de fonds au sein de la collectivité, les utilisant comme prétexte pour annuler de coûteux travaux dans les vallées. L’élue, avocate de profession, dressait à son encontre une longue liste de griefs, appelant à convoquer « un conseil métropolitain extraordinaire ».
Ce mercredi 3 mai, maître Adrien Verrier, bâtonnier de l’Ordre des avocats et conseil de la Métropole Nice Côte d’Azur, lui a retourné une série de réponses, dans une lettre que nous avons pu consulter.
Il s’attache, dans un premier temps, à dénoncer « imprécisions et contre-vérités ». Christelle d’Intorni titre son courrier « Appels d’offres MNCA Tinée – Vésubie » ? « Or, il s’agit très précisément d’irrégularités constatées dans la procédure comptable » corrige son confrère. Précision d’importance, puisque l’attribution de ces marchés publics n’est pas dans le viseur de la justice.
Aucun marché publié abandonné

Ensuite, le conseil dément l’existence « d’une vingtaine de mises à pieds conservatoires » et souligne qu’il ne s’agit « pas là d’une sanction », pour ceux qui sont concernés.
Adrien Verrier indique également que l’information selon laquelle des chantiers auraient été dénoncés « est tout simplement infondée ».
Tout en rappelant que, contrairement à ce qu’a communiqué Christelle d’Intorni « à l’ensemble des élus », « c’est le Parquet de Nice qui a initié les perquisitions, et non le parquet national financier (PNF) ».
Pour conclure, l’avocat de la Métropole confirme que cette dernière « pourrait, si une phase juridictionnelle devait être décidée par le Parquet, se constituer partie civile ».
Et de formuler ce conseil appuyé : « Enfin, en l’état de cette procédure judiciaire en cours, (…) je vous prierais de faire preuve de votre côté de la plus grande prudence dans le contenu de vos écrits a fortiori lorsque vous ne disposez pas et ne pouvez pas disposer de l’ensemble des éléments relatifs à cette affaire ».
Pour rappel, une enquête est ouverte pour d’éventuelles « infractions de détournements de fonds publics, d’escroqueries, de faux, d’usages de faux et de recel de ces infractions ». C’est la Métropole elle-même qui avait effectué un signalement au Parquet en mars dernier, ayant décellé des « anomalies comptables » après avoir mené des « contrôles internes ».
Mise à jour : En réponse, Christelle d’Intorni « regrette » de ne pas avoir été conviée à la réunion des maires des vallées, il y a quelques jours, alors qu’elle « représente Rimplas ». Elle demande également à la Métropole de justifier l’absence de suspensions de membres du cabinet de Christian Estrosi, et formule à nouveau le souhait d’un « conseil métropolitain extraordinaire ».





