Les pourquoi niçois - C’est la période des excès. Pour célébrer la fin de l’hiver, le Carnaval de Nice vient délivrer sa magie toute une quinzaine, entre mi-février et début mars. Une tradition très politique.
Si les carnavals ont été réinventés au Moyen Âge par l’Église catholique, leur histoire est en réalité bien plus ancienne. Dès l’Antiquité, on pouvait en trouver des traces en Mésopotamie, en Grèce et à Rome par exemple. Des origines païennes et surtout, l’idée d’inverser les valeurs de la société à travers des défilés et des parades musicales.
Une revendication que l’on retrouve encore aujourd’hui. Cet événement peut en effet être vu comme un exutoire pour la population une fois dans l’année. Une célébration populaire et colorée, avec des batailles de fleurs, des corsi, le Bal Veglione et beaucoup d’autres animations festives.
La satire comme ingrédient principal

La satire est également de mise, comme on peut le voir avec les nombreux chars contestataires qui reviennent tous les ans. Tout près de nous, pour l’édition 2025, les climatosceptiques étaient placés sous le feu des projecteurs. Sous la forme de la«Croisière s’amuse », déambulaient Donald Trump, président des États-Unis, mais aussi le Russe Vladimir Poutine, accompagnés notamment du dirigeant argentin Javier Milei et du dictateur nord-coréen Kim Jong Un.
Ces caricatures sont l’œuvre de Gérard Artufel notamment, qui fait perdurer un esprit impertinent, piquant, irrévérencieux, qui sied particulièrement bien à la manifestation. En 2024, il dénonçait un vrai « Monopofric » en raillant les grands patrons d’Internet. On y retrouvait Jeff Bezos en gourou de « Abuzon », la version niçoise d’Amazon, Elon Musk (X, anciennement Twitter) et Mark Zuckerberg (Facebook).
En 2022, on se moquait des politiques au milieu d’un panier de crabes avec un Emmanuel Macron aux pinces géantes. Et en 2019, il s’en prenait à l’industrie du cinéma et à Harvey Weinstein, le déclencheur du scandale #MeToo et des affaires de harcèlement et d’agressions sexuelles dans l’univers du 7e art.
Quand les rois partent en fumée

Puis, comment ne pas y voir une symbolique forte lorsque chaque dernier samedi, le Roi est brûlé face à la mer ? Certes, l’incinération marque surtout la disparition de tous nos maux de l’année pour se tourner vers la « renaissance » printanière, mais l’image majeure reste de voir ces répliques mesurant plusieurs mètres de haut partir en fumée !
En remontant plus loin, il faut rappeler que le carnaval connaissait parfois quelques tensions entre les pro-français et les pro-indépendance (1850-1900). Un phénomène illustré, entre autres, par le char Ratapignata (chauve-souris), souvent interprété comme une représentation inversée de l’aigle, symbole des armoiries de Nice. Signe que, peu importe les époques, les messages passés durant les corsi ne sont pas anodins…







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