Symbole de la ville et du Cros-de-Cagnes, la chapelle Saint-Pierre, édifiée en 1866 pour protéger les marins et les pêcheurs, recèle un patrimoine discret et émouvant. L’artiste Alexis Obolensky, qui a participé à sa restauration et signé l’une de ses fresques majeures, nous ouvre les portes de ce joyau préservé à l’histoire si singulière.
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Construite à l’origine par et pour les pêcheurs du Cros, la chapelle Saint-Pierre rend hommage au patron des marins.
« Saint-Pierre est le premier apôtre, un pêcheur d’hommes, choisi par Jésus pour tout quitter et le suivre » raconte l’artiste Alexis Obolensky, auteur de la mosaïque qui orne aujourd’hui l’intérieur du sanctuaire.

Un symbole fort pour ce quartier littoral né de la mer et des traditions maritimes. Son histoire remonte à 1863, lorsque le jeune village du Cros est placé sous la protection de Saint-Pierre, symbole d’abondance et de prospérité pour ceux qui vivent de la pêche.
Les habitants se mobilisent alors bénévolement pour ériger un édifice cultuel, dont la construction s’achève en 1866, avec une statue de ce dernier apportée depuis l’église du Haut-de-Cagnes. En 1900, un clocher signé par l’architecte niçois Pachiaudi, issu de l’école Eiffel, vient couronner le bâtiment.
Intimement liée à la mer
Au fil du temps, la chapelle s’impose comme un repère spirituel et communautaire, notamment à travers la Fête de la Saint-Pierre et de la Mer, célébrée chaque mois de juillet. Restaurée en profondeur grâce à une souscription lancée en 2005, c’est deux ans plus tard qu’un comité local chargé de la restauration sollicite Alexis Obolensky.

L’artiste n’en est pas à son premier (sacré) chantier. C’est lui qui a décoré l’église Saint-Christophe de Villeneuve-Loubet et Sainte-Victoire de la Gaude. Pour la chapelle du Cros-de-Cagnes, il imagine une œuvre en céramique, un matériau qu’il affectionne.
« J’ai choisi de représenter la vie de Saint-Pierre à travers quelques épisodes , notamment sa rencontre avec le Christ, sa mission d’apôtre, et même son emprisonnement dont il sort miraculeusement » explique-t-il. Mais Obolensky y ajoute une touche contemporaine. « J’ai intégré la chapelle elle-même, ses pêcheurs et ses visiteurs d’aujourd’hui. On y voit même un personnage handicapé qui abandonne sa béquille, comme un signe d’espérance. »

En résonance avec la Méditerranée visible depuis l’édifice. « Je travaillais portes ouvertes, avec la vue sur la mer… La lumière et l’ambiance du Cros-de-Cagnes ont inspiré tout le projet » confie-t-il.
Des sculptures revisitées et des œuvres inattendues
Au-delà de la fresque, l’artiste redonne vie à plusieurs statues anciennes. « Elles étaient jaunies, presque tristes. Je les ai réinterprétées comme on peint des santons » se souvient-il. Notre-Dame de l’Eau, longtemps oubliée, retrouve ainsi une place d’honneur dans un petit oratoire aménagé.

Autre anecdote, un grand panneau de la Nativité, réalisé en bois flotté, fut prêté pour une célébration… et n’a jamais quitté la chapelle ! « Il a même servi de carte de vœux pour l’évêque » sourit Obolensky.
Aujourd’hui encore, la chapelle cagnnoise reste un lieu vivant. Fidèles, habitants et visiteurs y viennent pour prier, se recueillir ou simplement admirer ce patrimoine atypique. « Elle est petite, mais son histoire, ses œuvres et son lien avec la mer en font un lieu unique. »

Portée depuis plusieurs année par le député de la VIe circonscription des Alpes-Maritimes, Bryan Masson (Rassemblement national), son classement au titre des monuments historiques est d’ailleurs en discussion. Ce qui permettrait de préserver durablement ce fabuleux témoignage de l’histoire maritime et spirituelle cagnoise.











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