Etendu depuis le 1er juillet 2025, le « versement mobilité » en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été abaissé après quelques mois. Les patrons louent cette diminution, mais ils espèrent arriver à faire abroger une taxe qui agace beaucoup le secteur.
En avril 2025, cette nouvelle avait causé de grands remous chez les chefs d’entreprise en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le 23 avril, les élus régionaux s’étaient prononcés en faveur de l’extension du « versement mobilité » (VMR), ce qui avait fait grincer des dents chez les patrons. Rappelons que ce dispositif s’applique aux sociétés de plus de 11 salariés, et est affecté au développement des transports.
Cette redevance représente 0,15 % de la masse salariale et a été officiellement lancée le 1er juillet dernier. Les syndicats patronaux avaient immédiatement réagi, demandant notamment que soit discutée une réduction de cette contribution de moitié à partir de janvier 2026. Le vendredi 17 octobre, ils ont obtenu gain de cause, lors de l’assemblée plénière de la semaine passée.
La taxe diminuée de moitié
Désormais, le prélèvement est réduit à 0,08 %, à compter de janvier prochain. Selon Made In Marseille, la Région Sud récupèrera d’ici là 37 millions d’euros, dont « 10 % seront fléchés vers le développement des mobilités en zones rurales », fait valoir la majorité de Renaud Muselier.
Précisons que seulement 5 % des structures sont concernées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 7.000 dans les Alpes-Maritimes, d’après Tribuca. Des recours avaient été déposés au printemps dernier, mais le tribunal administratif de Marseille avait confirmé la légalité de ce mécanisme en septembre.
Dans nos colonnes, Fred Ghintran, le président de la branche restauration de l’UMIH 06, s’était agacé : « Ça nous coûtera 2400 euros de plus par mois en pleine saison, sur certaines affaires. J’ai perdu de la marge avec l’énergie, les denrées, les salaires. On ne dégage plus que 5% au lieu de 15%. Taxer, ce n’est pas la solution. Une entreprise réinvestit sa marge dans son outil de travail et dans les salaires. »
Lors de la réunion de vendredi, le Rassemblement national a encore tenté de faire annuler le VMR, mais son amendement a été rejeté. Au cours des discussions, le patronat a aussi glané une diminution de 20 % du prix des abonnements ZOU ! pour ses employés. Ce qui devrait soulager les charges pour les sociétés qui remboursent la moitié des titres de transports.
Les patrons très mitigés
Après cette annonce, les représentants des chefs d’entreprise ont fait part d’une forme de soulagement. Philippe Korcia, président de l’UPE 13, s’est par exemple dit « très content de la négociation », estimant que « nous avons fait chacun un geste l’un vers l’autre ».
À la fois conseiller régional et président de la CMPE Sud, Alain Gargani, loue « cette première étape importante », tout en restant « mobilisé contre toute taxe supplémentaire qui vient alourdir les problématiques des TPE-PME qui sont déjà sous tension. »
Mais les patrons entendent relancer les débats dans les mois à venir. Car leur idée est bien d’arriver à l’annulation de cet impôt.
« Ça fait toujours plaisir, dans le lot quotidien de mauvaises nouvelles qui impactent notre attractivité, notre créativité, notre compétitivité. […] Pour autant, on en vient à se satisfaire de décisions qui sont juste ubuesques, souligne Franck Cannata, président de l’UPE 06 sur Tribuca. En réalité, il n’y aurait jamais dû y avoir de taxe supplémentaire, nous nous étions d’ailleurs beaucoup battus contre ce VMR. »
Un accueil mitigé donc, les syndicats plaidant pour que la collectivité « réussisse à aller chercher des fonds au niveau de l’Europe », insiste Philippe Korcia. La Région, elle, assure que cette révision ne contrecarrera pas ses objectifs pour le développement des transports publics.



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