L’adjointe au Maire de Nice chargée des affaires sociales accuse, dans une interview publiée par Nice-Presse, le Département de torpiller la capitale des Alpes-Maritimes, « au détriment des plus pauvres ». Pour elle, le président Ginésy mène ici « une guéguerre inadmissible ». L’intéressé s’en défend.
Nice-Presse : du côté du centre d’hébergement Leyrit, des migrants mineurs isolés ont été refusés par la Ville. Ces jeunes ont dû, plusieurs soirs, dormir par terre dans la rue. Comment expliquer une chose pareille ?
Jennifer Salles-Barbosa : Nous n’avons pas le droit de le faire ! L’Etat a donné la compétence de l’accueil des mineurs aux conseils départementaux, pas aux mairies. Quand on a la volonté, on y arrive : c’est au Département des Alpes-Maritimes de faire comme nous, en mobilisant des centres provisoires pour répondre à la crise sociale. La Ville n’est pas autorisée à accueillir dans ses structures des personnes mineures sans la présence d’un responsable légal…
Le président des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginésy, évoque dans Nice-Matin un « faux procès », et indique que 900 places existent, 50 étant vacantes. Ce seraient les autorités qui présentent les jeunes sans que les procédures soient respectées…
Ils ont l’obligation d’accueillir les jeunes. Qu’ils vérifient l’administratif dans un second temps, l’accueil est inconditionnel. Pendant toutes les fêtes, entre dix et vingt-cinq ados dormaient par terre devant Auvare. C’est inadmissible !

Communiqué de la CGT Nice-métropole le 25 janvier : l’année commence avec la fermeture d’un service au CCAS niçois. 600 personnes se retrouvent sans suivi social, d’après ce document. Que répondez-vous ?
Via une convention, le conseil départemental des Alpes-Maritimes déléguait depuis longtemps le suivi de bénéficiaires du RSA au CCAS de la Ville de Nice. Cela fonctionnait très bien, et jamais le Département nous a reproché quoi que ce soit à ce niveau.
Le 29 décembre, avec prise d’effet au 2 janvier, nous avons appris qu’il se retire. Sans alerte préalable, cette subvention est stoppée, plaçant en grande difficulté les personnes qui étaient aidées. C’est incompréhensible !
La transition sera peut-être compliquée, mais le Département promet que le service sera maintenu, à la différence près qu’il l’assurera dorénavant par lui-même.
Qui peut y croire ? J’aimerais que Charles Ange Ginésy se retrousse les manches et vienne faire les maraudes avec nous. Qu’il saisisse la réalité des choses !
Les sans-abri bénéficiaires du RSA étaient domiciliés dans l’un de nos centres, à Riquier, pour pouvoir recevoir leur courrier, et donc leurs droits. Il va falloir maintenant qu’ils aillent au CADAM, de l’autre côté de la Ville, alors qu’ils disposent de peu de moyens pour se déplacer.
Ce sont des publics fragiles, qui seront perturbés par ces changements inutiles : jamais notre compétence n’a été remise en cause dans cette mission. Nos équipes sont choquées et surprises.
« Les luttes de pouvoir entre le Département et la Ville (entre Eric Ciotti et Christian Estrosi) se mènent au détriment des pauvres », estime la CGT Nice-métropole. Qu’en pensez-vous ?
Je trouve ça désolant que les usagers soient pris en otages. Le boulot du CCAS est d’être au côté des plus précaires. Le travail mené est inattaquable. C’est une « guéguerre » qui nous est menée par le président des Alpes-Maritimes. Le CCAS de Nice est lâché par le Département : ce n’est pas le cas dans les autres communes. Pourquoi ?







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