Endetté à hauteur de 32 millions d’euros, le groupement d'intérêt public (GIP) gérant le Grand Prix de France est visé par une enquête de la police judiciaire. 

C’est dans un climat très tendu qu’a eu lieu mercredi 13 septembre la réunion du conseil d'administration du Groupement d'intérêt public (GIP) à la tête du Grand Prix de France qui se tenait au Castellet jusqu’en 2022. Ce jour-​là, les adminis­tra­teurs prenaient connais­sance des résultats d’un audit financier.

L’atmosphère délétère est la consé­quence, non seulement de la dette abyssale du GIP (32 millions d’euros), mais aussi de l’ouverture d’une enquête par la police judiciaire de Toulon pour faire la lumière sur la gestion de cet événement.

Comme le révèlent nos confrères de Valeurs actuelles, les agents toulonnais ont pris en main le dossier depuis juillet dernier, et ont entamé les auditions, dont celle de Jean-​Louis Masson. 

Président du conseil dépar­te­mental du Var, collec­tivité appar­tenant au groupement, tout comme la Région SUD, les métro­poles de Nice Côte d’Azur et Toulon-​Provence-​Méditerranée ou encore les chambres de commerce et d’industrie du Var, le dirigeant avait évité la disso­lution du GIP en décembre 2022. En raison de cette "ardoise", il avait obtenu une minorité de blocage et surtout, un audit plus approfondi. 

Des dépenses qui interrogent ?

Si le rapport n’a rien appris de nouveau aux parti­ci­pants, il met en lumière d'éventuelles zones d’ombre au sujet des dépenses. Entre les frais de repré­sen­tation, des voyages, de presti­gieux bureaux parisiens…

Ces soupçons d’irrégularités seront vérifiés par la PJ de Toulon, mais en plus de la situation finan­cière qui inter­pelle, la gestion du Grand Prix de France, qui n’était pas au programme cette année, est également l’occasion pour les diffé­rentes figures politiques sudistes de régler leurs comptes.

Ainsi, la Métropole de Nice avait voté favora­blement pour une enveloppe de cinq millions d’euros servant à rembourser une partie du découvert, ce qui avait provoqué l’ire de l’opposition écolo­gique.

Les actionnaires favorables à la dissolution du GIP

Désormais, les action­naires sont globa­lement d’accord pour demander la disso­lution du GIP, à l’image de Christian Estrosi : "A l’échéance du contrat qui le liait à Formula One Management, le Groupement d’intérêt public du Castellet, fondé pour accueillir le retour du Grand prix de Formule 1 en France, est donc sans objet. Sa disso­lution doit être prononcée", affirme le président métropolitain. 

Renaud Muselier a poussé dans la même direction dans un commu­niqué. "Aujourd’hui, l’existence même du GIP n’a ni objet, ni sens, et plusieurs presta­taires attendent toujours de voir leurs factures payées, pendant que le fonction­nement du GIP continue de façon totalement artifi­cielle. Je le dis, je le répète : le compteur doit s’arrêter de tourner", a insisté le président de la Région SUD.

Mais avant de se désen­gager, le membre du parti Renaissance souhaitait que les action­naires régula­risent la situation en payant leur dette. Une décision qui n’est pas de l’avis de tous, princi­pa­lement du dépar­tement du Var et la métropole de Toulon. 

Var-​Matin expli­quait enfin qu’un deuxième conseil d'administration se tiendrait dans les prochains jours. Au programme de la réunion, de nombreuses décisions à trancher, dont de possibles suites au volet judiciaire.

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