• Philippe Vardon est co-​directeur de la campagne de Thierry Mariani, conseiller municipal RN de Nice et conseiller régional de Paca

NICE-​PRESSE -- Le premier tour a été marqué par une énorme abstention, parti­cu­liè­rement chez les sympa­thi­sants RN. Comment l'expliquez-vous ?

Philippe Vardon : "Nos électeurs sont plus jeunes, plus modestes. Quand l'abstention est haute, nous en sommes les premières victimes. 

Il y a aussi une déses­pé­rance démocra­tique chez nos électeurs. Le Rassemblement national fait des scores très hauts à toutes les élections, mais le mode de scrutin fait que nous avons très peu de députés à l'Assemblée. De même, au-​delà du peu d'élus, quand nous faisons 30 ou 40% à tel ou tel scrutin sans gagner, les vainqueurs reprennent aucune de nos propo­si­tions. Les Français ont le sentiment de n'être jamais entendus.

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Petit à petit, on éloigne un certain nombre d'entre eux des urnes. Ce qui est parti­cu­liè­rement inquiétant, c'est que nous assistons à une sécession démocratique."

Cette campagne si agitée en Paca n'a pas intéressé grand monde. Pourquoi ?

"Ça a également été le cas dans les autres régions. Mais je dis aux gens qui ne se sont pas déplacés : ne croyez pas que de ne pas aller voter est un geste anti-​système, au contraire ! L'abstention renforce le système. Renaud Muselier serait ravi que ça continue. Christian Estrosi est très satisfait de l'abstention, tout comme Emmanuel Macron."

Comment les encou­rager à aller voter après-demain ?

"Nous conti­nuons à travailler, à être au contact, avec du porte à porte et des marchés. Nous avons également mobilisé tous nos outils : envoi de mails, phoning, réseaux sociaux… Le débat sur BFM a rassemblé en cumulé 1,8 million de téléspec­ta­teurs, c'est aussi un point positif."

Il a été critiqué par la presse comme étant "houleux, confus", avec trop peu de sujets locaux. Qu'en avez-​vous pensé ?

"Les sujets nationaux ont été mis sur la table par BFM. Sur le fond, on peut effec­ti­vement rester sur notre faim. Mais il y a eu quelques passes d'armes."

Cette campagne pleine d'agressivité n'a-t-elle pas contribué à décou­rager les électeurs ?

"Il y a eu énormément de peur et de nervosité du côté de Renaud Muselier. Sur quoi a-​t-​il fait campagne ? Sa formi­dable équipe, son formi­dable bilan, son projet ? Non, il a passé son temps à attaquer Thierry Mariani. La campagne a été extrê­mement violente, avec des arguments sortis des poubelles, des caniveaux. 

Les médias en sont en partie respon­sables. Souvent complai­sants et partiaux, ils ont relayé sans les vérifier les attaques de Renaud Muselier. On s'y attendait."

Vous avez l'impression d'une campagne à charge ?

"Lisez le quotidien niçois (Nice-​Matin, NDLR). Il y a plus de papiers de rumeurs et d'attaques contre notre candidat que d'espace où il peut s'exprimer.

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Ils ont donné une pleine page à un prof de droit pour dire que Thierry Mariani serait inéli­gible pour ces régio­nales : c'était faux sur le plan juridique, et l'homme est un conseiller de la République en Marche (LREM)!"

Votre liste a fait un score moins haut que ce que vous espériez le 20 juin, vous a-​t-​il manqué des voix de droite ? Et allez-​vous en manquer encore davantage dimanche alors que certains barons qui avaient lâché Renaud Muselier, comme Éric Ciotti, ont finalement appelé à voter pour lui ?

"Honnêtement, je ne le crois pas. Nous sommes en tête et nous avons fait le meilleur score de France. Renaud Muselier est le seul président sortant du pays a ne pas arriver premier, à cause de ses compro­mis­sions avec Macron.

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Pour ce qui est d'Éric Ciotti, il pourrait jouer dans Les Bronzés et nous refaire la scène du "je ne sais pas ce qui me retiens, sans doute la trouille".

Il promet toujours de casser la baraque : il ne fait jamais rien. On l'avait vu aux munici­pales, c'est encore le cas. Il a demandé à la Fédération LR des Alpes-​Maritimes de voter contre le soutien à la liste de Renaud Muselier, pour finalement appeler à voter pour lui ? Comment va-​t-​il l'expliquer aux militants ? Il a été soumis à un certain nombre de pressions, mais ça lui pose un problème de cohérence absolu."

Vous êtes élus dimanche : concrè­tement, citez nous trois choses qui changeront à court terme dans le quotidien des Provençaux, des Alpins et des Azuréens.

"La sécurité dans les trains. On lance immédia­tement les 'wagons sûreté', tous les soirs à partir de 21 heures, avec une présence humaine, destinés aux femmes notamment. Nous lancerons aussi le recru­tement pour 2021 de 70 nouveaux agents de la sûreté ferroviaire.

Nous renfor­cerons immédia­tement les aides aux entre­prises avec un appui de tréso­rerie, au moment où l'État se retire peu à peu. Des boîtes pourraient mourir dans les semaines qui arrivent. Les acteurs de l'hôtellerie et du tourisme seront conviés à une table ronde en septembre. 

Nous nous mettrons aussi au travail pour créer le Comité régional du tourisme spécia­lement dédié aux Alpes, qui n'existe pas actuellement."

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