Les critères se sont récemment durcis. Bientôt, certains paquebots de croisière seront interdits le long des côtes métropolitaines. Une mesure qui aura d’importantes conséquences financières, mais que la Métropole de Nice défend.
La date fatidique approche petit à petit. Comme l’a annoncé le 7 mars Christian Estrosi, président de la Métropole, en marge du Conseil Portuaire, les très gros bateaux de croisière ne seront bientôt plus les bienvenus sur les côtes azuréennes. Du moins, une part d’entre eux.
Certes, les critères ont été revus depuis les premiers échanges, mais ils concerneront tout de même de nombreux navires. À partir du 1er juillet, pour les nouveaux contrats, le maximum de voyageurs autorisés par embarcation passera de 3.500 à 2.500, dont seulement 450 à Nice, qui se consacre au yachting.
En outre, les ports ne pourront pas recevoir plus d’un bateau par jour, et 65 jours par an. Sous deux ans, seuls seront accueillis ceux qui pourront se raccorder aux quais électrifiés.
L’étude reprend les critères prochainement en vigueur
Une mesure qui fait réagir, et pour laquelle la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a fourni une étude visant à estimer le manque à gagner financier. Ce rapport s’intéresse aux deux espaces portuaires métropolitains, dans la Baie des Anges et à Villefranche-sur-Mer.
Pour cette dernière, d’après la CCI, les pertes seront notables. Ainsi, avec un nombre d’escales passant de 60 à 88 cette année, elles sont estimées à 7,5 millions d’euros. Cela comprend 4,2 millions d’euros liés aux dépenses des croisiéristes, 2,7 millions d’euros pour les activités économiques locales et 530.000 euros de redevances et taxes dues par les compagnies.
Quant à la capitale maralpine, le déficit serait de 643.000 euros. Précisons que les scenarii retenus pour cette enquête sont ceux évoqués le 7 mars.
Mais rappelons aussi que pour 2025, nous ne devrions pas en arriver là car la charte signée entre Villefranche et la Métropole court jusqu’au 31 décembre 2025.
14 millions d’euros de pertes pour Villefranche
Ce qui nous intéresse davantage, ce sont donc les données pour 2026. À Villefranche-sur-Mer, le manque à gagner est de 14 millions d’euros, hors pertes liées aux activités économiques locales. Cela représente une chute de 75% du nombre de vacanciers. Pour Nice, le trou sera d’un million d’euros en raison d’une baisse de la fréquentation touristique navale de 24%.
À noter que l’étude n’a pas pris en considération de possibles recours pour les annulations de voyage, ce qui alourdirait la note.
En conclusion, la Chambre de commerce et d’industrie précise que le rapport « constitue une base objective destinée à favoriser une réflexion collective et soutenir une prise de décision éclairée ». Et ce document a entraîné une réponse de la collectivité métropolitaine.
La Métropole met l’accent sur la pollution
Dans un communiqué, celle-ci indique que le CCI « évalue les impacts directs et indirects en matière économique, mais oublie de prendre en compte la récente étude réalisée par ATMOSUD ». Or, l’organisme chargé de surveiller l’évolution de la qualité de l’air a observé que le maritime représente 3% des émissions problématiques de NOx, des émissions d’oxydes d’azote dangereuses pour l’Homme. Un taux grimpant à 71% pour Villefranche.
On voit également que cette pollution a augmenté de 25% entre 2015 et 2023. Un argument écologique que Christian Estrosi couple avec celui des gains, qui seraient accessoires selon lui pour l’hôtellerie et la restauration. Il rappelle par ailleurs que la croisière génère « 4% du flux touristique annuel », soit « une part marginale ».



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