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- CUT ! C’est un rendez-vous bien achalandé que lance le Conseil départemental ce week-end, avec son World AI Film Festival. Ce grand raout du cinéma et de l’intelligence artificielle accueillera un jury de choix, avec notamment Claude Lelouch et Julie Gayet. Une bonne presse qui tombe à pic, alors que le CD06 vient de tailler dans ses subventions jusqu’alors accordées aux productions, tel que le révélait Nice-Presse le 28 mars. Ce sont 330.000 euros de fonds de soutien qui sautent pour l’année 2025, sans explications. « Et les trois quarts des films en question sont prévus à Nice, ce n’est pas un hasard !» s’agace la mairie estrosiste, en conflit avec le Département depuis belle lurette. Pas de scénario catastrophe pour autant : la Ville a promis aux tournages concernés de compenser les aides supprimées.
- CIOTTI (PAS TROP) INQUIÉTÉ. Sur les réseaux sociaux, après le procès du RN, nombreux ont été ceux à s’amuser de la proposition de loi annoncée par l’UDR Eric Ciotti, tentant d’éviter l’exécution provisoire d’une inéligibilité pour les élus visés par des affaires judiciaires. Evidemment, les Internets se sont rappelés des signalements déjà déposés contre le député niçois, justement pour des suspicions de « détournements de fonds publics ». Hasard (non) du calendrier, Le Monde dévoile que l’association de lutte contre la corruption Anticor a déposé, en janvier, une plainte contre Eric Ciotti pour ce type de faits. Le coeur du sujet est de savoir si celui qui fut président du Conseil départemental a continué à bénéficier de moyens pléthoriques une fois qu’il eut quitté ces fonctions (il dirige simplement une commission désormais). Une affaire qui n’implique pas d’enrichissement personnel, et qui aurait peu de chances de remuer le Niçois, selon un spécialiste du dossier qui ne l’apprécie pourtant pas tellement : « en face, ils auront beau jeu d’arguer de la ‘libre administration des collectivités’. Il n’y a pas de jurisprudence, et ce qui n’est pas formellement interdit est autorisé. En tous les cas, Ciotti pourra dire que c’est l’équipe du président Ginésy qui a validé cette organisation ». Président qui est aussi visé par la plainte.
- TÊTES D’AFFICHE. On ne peut pas dire que Christian Estrosi soit en campagne pour sa réélection, puisque c’est le cas en permanence. Mais le maire multiplie les réunions publiques et les annonces de projets. De son côté, Eric Ciotti peaufine son plan médias et ses équipes se disent aux trois quarts occupées à préparer sa candidature niçoise, tandis que les alliés du RN planchent sur un programme. Les deux rivaux de droite viennent de réactiver leurs organisations de jeunesse. Mais que fabrique la gauche ? Vendredi, les socialistes annonçaient que c’est l’ancien élu Patrick Allemand qui est choisi comme chef de file. Tête de liste ? Non, pas si vite ! C’est lui que le PS mandate pour négocier avec les partenaires des autres formations. « C’est presque acter le fait que les socialistes n’auront pas la tête de liste. Patrick Allemand, qui s’est présenté sans succès à la mairie en 2008, 2014 et 2020, n’incarne pas du tout le renouvellement, les jeunes ne se rangeront pas derrière lui, les sympathisants les plus à gauche non plus » glissent plusieurs interlocuteurs. Aussi, les Verts croient en leurs chances. Leur représentant sera choisi le 24 mai prochain, et cela se joue surtout entre Jean-Christophe Picard et Juliette Chesnel-Le Roux. Laquelle espère « présenter aux Niçois une tête de liste de la gauche unie avant l’été, pour être en ordre de bataille au 1er septembre ». Il faudra trancher un débat inflammable que certains comptent porter : « signer, ou non, l’engagement de ne se retirer du second tour sous aucun prétexte », même en cas de dynamique pour le RN. Reste à ménager les sensibilités des communistes, et des Insoumis. C’est déjà tout un programme !
- EXIT. Certes, on sait ce que l’on perd et pas forcément ce que l’on gagne. Mais les élus maralpins doivent être quelques uns à se féliciter cette semaine d’apprendre le départ du préfet des Alpes-Maritimes. Hugues Moutouh sera resté moins de deux ans sur la Côte d’Azur, assez pour consolider sa réputation. Dans ce territoire où les baronnies sont tenaces, le représentant de l’État a bousculé les maires sur la gestion de l’eau et de l’urbanisation. À Nice, les relations ont rapidement viré à la passe d’armes, avec des rapports au vitriol envoyés contre la gestion de la Métropole. Sur le plan de l’immigration, le préfet aura sur-communiqué, mais ses résultats sont en grande partie liés à un contexte international plus favorable ces derniers mois. Et la persistance des fusillades, notamment dans la ville-capitale, ne permet pas de lui attribuer tant de points contre le narcotrafic. Le ministère a envoyé là un préfet aux messages bien martiaux, mais avec un manque de moyens criant dénoncé par les syndicats. C’est pour autant une promotion qui l’attend, et pas une exfiltration, avec une arrivée au secrétariat général de la place Beauvau. D’ici un gros mois, Hugues Moutouh sera remplacé par Pascal Bolot, du Morbihan. Tout de suite dans le grand bain, il prendra son poste juste avant le Sommet des Nations Unies pour l’océan, attendu au Port Lympia cet été.
- FÉDÉ #1. Motus et bouche cousue sur les chiffres précis, mais cette semaine, la Fédération RN des Alpes-Maritimes revendique d’être devenue la plus importante de tout le pays, coiffant au poteau le Var, connu pour être une terre particulièrement favorable aux lepénistes. De quoi voir un raz-de-marée annoncé lors des prochaines municipales ? Possible, mais pas sûr. En interne, on reconnaît que « sur le web comme dans les permanences, ceux qui ont pris leur carte ont surtout été motivés par l’inéligibilité prononcée contre Marine Le Pen la semaine dernière ».
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