Élue écologiste dans les rangs de l’opposition, Juliette Chesnel-Le Roux est déterminée à incarner une véritable alternative au duel annoncé entre Christian Estrosi et Éric Ciotti lors des municipales de 2026. Pour elle, la gauche a une chance unique de remporter la mairie… à condition de s’unir « derrière un projet concret, social, écologique, ancré dans le quotidien des Niçois ». Vaste programme.
Dans Nice-Presse Dimanche, Juliette Chesnel-Le Roux détaille ses priorités : lutte contre la crise du logement, « sécurité réinventée » et transition écologique ambitieuse. Une ligne claire pour « replacer les Niçois au cœur des décisions municipales ».
Vous estimez que l’union de la gauche serait une urgence à Nice. Pourquoi ?
La société niçoise a profondément évolué. Aujourd’hui, on constate une paupérisation inquiétante, avec par exemple une explosion des demandes de logements sociaux. Les questions sociales ont été complètement négligées par Christian Estrosi en dix-huit ans de mandat. Le peuple de gauche a donc une véritable volonté de se rassembler pour apporter des solutions concrètes et répondre à ces besoins lors des municipales de 2026.
Sur le papier, l’idée est séduisante. Mais cela semble difficile à concrétiser. Quels sont les principaux blocages entre communistes, écologistes, socialistes et la France insoumise ?
Ecologistes, socialistes et communistes poursuivent leur travail, en conviant des experts, avec des échanges, des ateliers… Bientôt, nous y intégrerons des acteurs de la société civile, des représentants syndicaux et associatifs. La France Insoumise et le collectif Viva ! ont fait un premier pas en venant à nos réunions. La discussion reste ouverte avec eux, sur la base d’un programme partagé.
Y a-t-il des lignes rouges avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui est si souvent habituée aux polémiques ?
Il y a certaines réticences, notamment sur des sujets nationaux très médiatisés qui pourraient compliquer l’acceptation de LFI par l’ensemble des partis présents à la table, particulièrement chez nous, les écologistes. Cependant, au niveau local, il faut viser l’union la plus large possible pour pouvoir remporter la victoire.
Êtes-vous favorable à des primaires ouvertes pour désigner une tête de liste et ne craignez-vous pas, comme souvent, une guerre d’egos ?
La question des egos existe toujours, c’est vrai. Jusqu’à présent, ce n’est pas ce qui a dominé nos discussions. Évidemment, cela pourrait devenir plus compliqué à partir de la rentrée, mais quand on s’engage avec pour objectif de gagner, tout cela devient secondaire. Si nous avons une liste composée de 69 personnes dont au moins cinquante sont formidables, alors les egos n’auront plus lieu d’être.
Certains disent que la gauche niçoise a besoin de renouvellement. Faut-il tourner la page des visages historiques ?
Nous avons besoin de toutes les forces vives. Patrick Allemand, par exemple, est une personnalité connue et respectée, avec une grande notoriété. Mais nous avons aussi besoin de nouveaux visages et de nouvelles idées. L’alchimie d’une union réussie repose précisément sur ce mélange équilibré d’expérience et de renouvellement.
Vous évoquez souvent la nécessité de « sortir du duel Estrosi-Ciotti ». Pour quelle alternative crédible ?
Eric Ciotti incarne clairement l’extrême droite, lui-même assume ses positions radicales et son alliance avec Marine Le Pen. Christian Estrosi, quant à lui, représente une droite davantage tournée vers l’image de la ville à l’international que vers les vraies préoccupations quotidiennes des Niçois. Nous souhaitons replacer les habitants de Nice au cœur des décisions.
Si la liste d’Éric Ciotti, partiellement RN, arrivait en tête au premier tour, la gauche se maintiendra-t-elle au second ?
Nous nous sommes engagés à nous maintenir dans tous les cas de figure. Lors des élections régionales, nous nous sommes retirés pour faire barrage à l’extrême droite, ce qui nous a finalement conduits à avoir une région gouvernée par une droite très dure (avec Renaud Muselier, NDLR). Nous avons perdu la capacité de défendre certains sujets essentiels tels que l’agriculture ou l’écologie, sacrifiés au profit de projets comme les Jeux Olympiques d’hiver 2030.
Vos trois priorités absolues pour cette ville ?
Le logement, les transports et l’écologie. Ces trois piliers sont essentiels pour rendre du pouvoir d’achat aux Niçois et améliorer leur quotidien.
Comment concilier attractivité touristique et qualité de vie ?
L’économie niçoise est très dépendante du tourisme, ce qui crée un vrai défi. Nous devons la diversifier pour éviter les conséquences négatives du « surtourisme ». Cela inclut une régulation du trafic aérien et maritime et une limitation de la pression sur le logement.
Nice est l’une des villes les plus chères de France. Quelles solutions proposez-vous contre la crise du logement ?
Le problème est la pénurie générale de logements, pas uniquement sociaux mais aussi pour les actifs. Nous devons accompagner davantage les propriétaires, souvent âgés, qui hésitent à louer. Avec un soutien municipal fort, nous pourrions remettre une grande partie des 14% de biens vacants sur le marché, réduisant ainsi le besoin de nouvelles constructions.
La sécurité est une priorité pour de nombreux résidents. Que répondez-vous à ceux qui estiment la gauche laxiste ?
Certains en parlent beaucoup, mais lorsqu’on regarde concrètement les résultats, on constate que les politiques sécuritaires à Nice ne sont pas réellement efficaces. Nous voulons promouvoir une « sécurité pour tous », équitable, dans tous les quartiers.
Cela implique notamment de remettre en place une véritable police de proximité qui connaisse les habitants, anticipe les problèmes, et travaille en prévention. Nous souhaitons aussi repenser la manière dont on utilise les caméras de surveillance. Aujourd’hui, elles sont déployées massivement, mais sans réelle efficacité, parce que personne ne les regarde en temps réel. C’est pour cela que nous nous sommes opposés au projet d’un grand commissariat centralisé (dans l’ex-hôpital Saint Roch et livré en décembre prochain, NDLR).
Concrètement, comment lutter contre le narcotrafic dans les quartiers sensibles ?
Le narcotrafic est un sujet extrêmement sérieux, que l’on ne peut régler simplement à coups de communication. Les fameuses opérations « place nette » lancées par Gérald Darmanin ont montré leurs limites : elles déplacent le problème, sans jamais le résoudre. La municipalité peut et doit contribuer en renforçant la présence policière préventive, mais rappelons que le démantèlement des gros réseaux relève avant tout des autorités nationales.
Légaliser le cannabis serait-il une solution, comme le propose « Viva ! »?
La question mérite d’être posée. Aujourd’hui, beaucoup d’adultes consomment du cannabis de manière régulière, ce qui alimente directement le marché noir et renforce la criminalité. Pour les jeunes, évidemment, cela reste néfaste et présente des risques majeurs pour le développement intellectuel et social. Mais si l’on regarde les expériences menées à l’étranger, comme au Québec ou au Portugal, la légalisation ou la dépénalisation contrôlée permet de réduire significativement le revenu des organisations criminelles.
Vous avez évoqué la gratuité des transports en commun. Comment financer une telle mesure dans un contexte budgétaire et national si dégradé ?
Ce serait un moyen concret d’inciter les habitants à laisser leur voiture, à désengorger les rues, améliorer la qualité de l’air et augmenter le pouvoir d’achat. Bien sûr, une telle mesure doit s’inscrire dans une stratégie budgétaire globale et progressive, avec une optimisation des dépenses et l’appui éventuel de subventions régionales ou nationales pour financer le manque à gagner lié à cette gratuité.
La transition écologique est un enjeu majeur. Quelles sont vos priorités concrètes ?
Elle ne peut se réduire à quelques mesures de « verdissement esthétique ». Nous devons notamment renforcer considérablement la végétalisation pour atténuer les effets du réchauffement climatique urbain, améliorer l’isolation thermique des logements pour réduire la précarité énergétique, et limiter strictement le trafic aérien, particulièrement celui des jets privés, qui représente une pollution importante et évitable en plein cœur de notre ville. La qualité de l’air et la qualité de vie doivent passer avant des intérêts économiques marginaux.
La question cash - Que retenir de vos cinq dernières années dans l’opposition à Christian Estrosi ?
Nous avons mené des combats très concrets, notamment sur l’état des écoles à Nice. Une grande enquête auprès des directeurs a révélé des conditions inadmissibles (ce que la municipalité conteste, NDLR). Grâce à notre action, nous avons obtenu une augmentation de leur budget d’entretien, même si ce n’est pas encore suffisant. Un autre succès symbolique est le changement des noms problématiques de certaines rues et établissements, comme le lycée Thierry Maulnier renommé Missak et Mélinée Manouchian. Ce sont des victoires importantes pour la mémoire collective.







La GAUCHE a perdu ses lettres de noblesse …tout au.moins sa dignité …son Savoir vivre …le Respect …oui INNOMMABLABLE
Encore des coalitions
Mais vous rêvez
Vous ne voyiez pas l ASSELBLEE NATIONALE …EXEMPLE FRANCAIS
QUI NOUS DEGOUTE … VOILÀ
j ai dit pour moi
Et autres
AU-REVOIR
Nous sommes envahis .….etc