Viva!, un collectif engagé à gauche et basé sur la participation citoyenne, conviait la presse ce mardi pour évoquer la prochaine campagne électorale. Gratuité des transports, « sécurité sociale alimentaire », encadrement des loyers… Entre propositions concrètes, et vive condamnation de la municipalité Estrosi.
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C’est le moment de jouer au jeu des sept différences. Le 28 avril dernier, écologistes, socialistes et certains communistes donnaient une conférence de presse, histoire de se mettre en ordre de bataille à moins d’un an des prochaines municipales. Dans cette « presque union » manque le collectif Viva!. Déjà candidat en 2020, il avait tout de même réussi à rassembler près de 9% des suffrages au premier tour, parmi trois listes de gauche.
Un « programme citoyen » avant la moindre liste
Mardi, plusieurs de leurs orateurs - Florence Ciaravola de l’Alliance écologique et sociale 06, l’avocate Mireille Damiano et l’ex-chef de file du PCF Robert Injey - échangeaient avec les journalistes sur leur pré-campagne. Dans le fond, les grandes lignes sont exactement les mêmes que celles des trois partis traditionnels. Des transports gratuits d’ici à 2030, l’encadrement des loyers dès l’été 2026, négocier pour obtenir une forte hausse de la taxe de séjour.… (voir encadré)
« C’est la méthode qui nous différencie, puisque nous, nous ne sommes pas dans une logique de cartels » griffe Florence Ciaravola. Comprendre : Viva ! a commencé par « travailler sur un programme basé sur les aspirations et les idées des citoyens » et non par des discussions entre formations politiques.
Quitte à être un faux-nez de la France insoumise, comme on peut l’entendre à mots couverts ? Agacement de Robert Injey : « c’est absurde. Il y a par exemple chez nous autant de communistes que dans l’autre union, malgré ce que dit Julien Picot (leur porte-parole, NDLR). Et la question des étiquettes est marginale : c’est la société civile qui participe à nos ateliers depuis janvier. Des gens qui ne sont souvent encartés nulle part ».
Inutile d’évoquer l’épineuse question d’une tête de liste : « c’est un sujet qui ne nous intéresse pas pour l’instant » balaie maître Damiano. « Si on nous dit que nous avons fait une belle campagne en 2020, c’est parce qu’il y avait un collectif sur nos affiches. Pas un pseudo-sauveur pour cette ville, qui viendrait tenir toutes les manettes. C’est tout ce que nous rejetons ».
« Référendums réguliers, Métropole repensée…»
Au-delà d’une campagne très horizontale, c’est à une municipalité « totalement repensée » qu’appelle Viva!, « avec de fréquents référendums locaux ». Actuellement, « la Ville relance des conseils de territoires et des réunions publiques qui sont noyautées, avec des adjoints omniprésents, des réunions de personnalités cooptées. Et le conseil municipal est caricatural. Les élus présentent des délibérations qu’ils découvrent sur leur table » poursuivent-ils.
« À ce titre, la Métropole est l’exemple le plus flagrant. Elle n’a rien de démocratique. Les vice-présidents sont fictifs. En témoigne le récent épisode de la presque-interdiction des croisières. Aucune concertation n’a été menée. C’est un clan qui décide de tout ».
Le programme est en cours d’élaboration, au-delà de quelques propositions phares. Mais l’ambition affichée est de « revoir tout le modèle de Nice » développe Robert Injey. « Nous sommes aujourd’hui dans la ‘ville pour quelques-uns’. Celle des investisseurs, et de la rentabilité à court terme. Avec la ségrégation urbaine, des ghettos de pauvres, des ghettos de riches, et des ghettos pour touristes - dont la caricature est le Carnaval » bombarde-t-il. « Il ne faut pas se tromper, Christian Estrosi et Eric Ciotti portent tous deux le même modèle. Celui qui fait de cette métropole une lanterne rouge, l’une des moins attractives pour ce qui est des nouveaux habitants et de l’emploi » — ce qui est contredit par plusieurs baromètres.
« Notre main reste tendue » pour faire l’union de la gauche, même si elle semble pour l’heure encore lointaine ! « Nous nous donnons jusqu’à février 2026 » pour constituer la liste, renseigne Robert Injey. Un premier appel signé par de nombreux militants circule. En face, le maire sortant a plus ou moins lancé sa campagne. Eric Ciotti en ferait autant « début septembre », selon son équipe.
VIVA, LES 5 PREMIÈRES PROPOSITIONS
› Prononcer la gratuité des transports Lignes d’Azur le week-end dès 2026, et en permanence d’ici à 2030, financée par une « hausse de la taxe mobilité »
› Expérimenter une « sécurité sociale alimentaire », comme cela existe déjà au Cadenet (Vaucluse)
› Créer des « budgets municipaux genrés » avec des dépenses supposées « garantir l’égalité femmes-hommes »
› Redonner leur place dans la ville aux femmes, notamment par le choix des oeuvres d’art : « à ce titre, la statue de Masséna sur la coulée verte est un scandale pour la représentation des femmes »
› Créer un centre de recherche et développement maritime co-géré par Nice et Villefranche-sur-Mer, pour « identifier de nouveaux leviers de croissance durable »









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