La municipalité s’apprête à adoucir les restrictions encadrant la location touristique lors de son prochain conseil. Ce changement de braquet en faveur des plateformes d’hébergement et des investisseurs suscite déjà l’indignation de l’opposition, qui dénonce une politique pensée pour les plus fortunés au détriment des habitants.
Ce paquet de mesures se veut hautement symbolique, puisqu’il s’apprête à être voté avant la fin des 100 premiers jours du mandat d’Eric Ciotti (majorité UDR-RN). Aux côtés des décisions les plus urgentes, la réorganisation de la police municipale et le plan d’économies de 60 millions d’euros, par exemple. Ainsi, la mairie sonnera la fin de la guéguerre menée contre les meublés touristiques dès demain, vendredi 19 juin.
Est inscrit à l’ordre du jour un débat portant sur l’assouplissement des restrictions imposées jusqu’alors contre Airbnb et consorts, pensées pour lutter contre la crise du logement. Nice s’affiche depuis l’après-Covid comme la pire ville de France pour les locataires, derrière Paris. Précaires comme cadres rencontrent les plus vives difficultés pour trouver où s’installer décemment.
Raison pour laquelle la précédente municipalité avait (très tardivement) décidé d’une batterie de garde-fous. Histoire d’enfin réguler un marché niçois déréglé depuis des années, mais avec des fortunes très diverses, plusieurs de ses outils ayant été cassés par la justice.
La majorité d’Éric Ciotti appliquera le programme sur lequel elle a été élue en mars dernier, lequel s’engage à simplifier et déréguler les choses. Le nombre maximal de jours de location, en principale, sera largement étendu, de 90 à 120 jours désormais. La durée des changements d’usage grimperait de 3 à 5 ans, avec des dossiers facilités. Sollicitée, Marie-France Césari, l’adjointe au maire chargée du sujet, était injoignable.
« Ça a de quoi nous alarmer pour la suite »

L’opposition de gauche conviait la presse mardi, avant même la séance plénière. « Cette délibération, complètement indigne, nous a fait bondir » s’agace l’élue EELV Juliette Chesnel-Le Roux. « Ce que l’équipe de Christian Estrosi avait mis en place était très insuffisant, nous avions dû l’arracher, mais c’était déjà un début, une bonne base. On assiste à un retour en arrière total, ultralibéral, pensé pour les plus fortunés et les investisseurs, et non pour les Niçois ».
« On observe une gestion différenciée des quartiers. Tout le monde n’est pas traité de la même façon. Ainsi, les documents attestent d’une hausse à deux chiffres, cautionnée, du nombre d’annonces dans la Vieille-Ville, alors qu’elles seront en recul de 11 % au Port Lympia. Tous les secteurs ne sont pas protégés de la même manière par Éric Ciotti ».
Sur la même thématique, « les abus vont se poursuivre, puisque le nombre d’agents de contrôle reste fixé à 10, alors même que la commune dit être submergée de dossiers. » Et le socialiste Patrick Allemand de conclure : « il y a une volonté manifeste d’agir au profit de ceux qui veulent louer aux touristes plutôt qu’aux habitants, alors que la logique était auparavant inverse. Ça a de quoi nous alarmer pour la suite ».
En juin 2026, Nice comptait 8 797 annonces actives sur Airbnb, 13,2 % de logements vacants et 12,9 % de résidences secondaires, pour 8 % de HLM.






Ce n’est pas seulement l’opposition de gauche qui va s’indigner, à mon avis, mais une bonne partie de la population de Nice, ainsi condamnée à subir les nuisances incontrôlées et incontrôlables de voisins temporaires contraints à aucune règle et n’obéissant qu’à son non plaisir. Ciotti commet la première faute majeure de son mandat. Et principalement par souci de se démarquer de son prédécesseur.
Je crois plutôt que c’est dans son ADN d’ancien LR et de celui du RN qui n’est guère préoccupé par les gens, qui ne sont qu’un marche pied vers le pouvoir
Eric sors de ce corps (celui du libéralisme destructeur au seul bénéfice du pognon) ! Les locations type AirBnB sont une catastrophe pour des quartiers comme celui du Port, Riquier et tant d’autres lieux au seul bénéfice de trop d’étrangers qui paient n’importe quoi pour acheter un appartement, font hausser les prix, ceux des loyers aussi, faisant fuir les niçois pour avoir des endroits avec trop de boutiques comme on en rencontre à Milan, Bruxelles, Barcelone … etc. Des propriétaires peu préoccupés par la gestion des syndics vu que l’argent rentre, des locataires qui arrivent chez vous avec un code, des… Lire la suite »