On note une forte présence de fraudeurs en matière de tabac dans notre région. Une étude publiée par la Seita Imperial Tobacco le 3 avril a révélé que les clients du Sud ne se fournissent que rarement chez les buralistes, échaudés par la flambée des prix.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le pourcentage de cigarettes provenant des marchés parallèles atteint 41,8%, dépassant la moyenne nationale de 39,8%.
Les raisons de cette tendance sont diverses, mais elles convergent toutes vers un constat alarmant : le marché noir prospère sur notre territoire.
Les cigarettes qui ne passent pas par les canaux officiels des buralistes trouvent leur origine dans des sources illégales, telles que la contrefaçon ou la contrebande. Sur un autre plan, les commerces transfrontaliers et les boutiques hors taxes représentent une source significative d’approvisionnement.
Nice se classe en deuxième position pour les transfrontaliers, avec un taux de 28%. Près de 12% des habitants de notre cité sont susceptibles d’acheter du tabac contrefait.
Les autorités françaises ont intensifié leurs efforts pour lutter contre le trafic. Les saisies ne cessent d’ailleurs de progresser, témoignant de l’ampleur du phénomène. En 2023, pas moins de 521 tonnes ont été récupérées.
Au-delà des conséquences économiques, la fraude pose des défis en termes de santé publique et de sécurité. Les produits contrefaits ne sont pas soumis aux mêmes contrôles de qualité que les légaux, exposant les consommateurs à des risques accrus.
Par ailleurs, le financement de réseaux criminels par le biais de ce commerce illégal alimente un cercle vicieux de délinquance et de déstabilisation sociale.
Une réaction de l’Alliance contre le tabac
Après la publication de cette étude dans bien des médias locaux (Nice-Presse, Ouest-France, L’Écho du Berry, La Provence…), l’ACT-Alliance contre le tabac nous a transmis une réaction écrite pour nuancer le bien-fondé du rapport. Commandé par une entreprise en conflit d’intérêt, il n’aurait qu’un but de lobbying, celui de s’opposer à l’augmentation des prix des paquets. Pourtant, dit l’association, la hausse de la fiscalité des produits du tabac est reconnue comme étant un levier efficace pour « faire reculer ce commerce mortifère ».



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