Contesté par l’ensemble de la classe politique, le gouvernement tente de contenir la polémique autour de l’augmentation de la taxe foncière, une mesure technique annoncée mardi soir qui devrait toucher 7,4 millions de logements en 2026, en promettant mercredi d’en réexaminer la pertinence dans les prochains mois.
Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a assuré que l’exécutif restait ouvert à un retour sur cette décision, déclarant : « On se réserve le droit d’interroger la pertinence de cette mesure dans quelques mois, lors d’un point d’étape ».
Elle a expliqué que cette hausse correspondait à un recalcul automatique des critères de « confort » des logements, effectué sur la base de données actualisées et non d’un choix discrétionnaire.
Payée par quelque 32 millions de propriétaires, la taxe foncière repose non seulement sur la surface en mètres carrés, mais aussi sur des critères dits « de confort » tels que la présence d’eau courante, d’électricité, de WC ou de lavabos dans le logement.
La présence de chaque équipement de ce type augmente artificiellement le nombre de mètres carrés retenus pour le calcul, ce qui renchérit mécaniquement le montant de la taxe à régler par les propriétaires concernés.
Aussitôt annoncée, cette hausse imprévue, qui doit être notifiée par courrier de la Direction générale des Finances publiques aux foyers concernés, a déclenché un vif tollé sur tout l’échiquier politique, y compris au sein du camp gouvernemental.
Taxe foncière : une hausse technique qui embrase le débat politique et inquiète les propriétaires
Lors du Congrès des maires de France, l’ancien Premier ministre macroniste Gabriel Attal a pris ses distances en réclamant « l’abandon » de cette hausse de taxe foncière. Il a insisté : « On a plutôt besoin de faire en sorte que les Français puissent devenir propriétaires plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues ». Le patron du parti Renaissance a également estimé que s’ « il y a beaucoup de choses qui ont été réussies ces dernières années d’un point de vue économique », l’immobilier et le logement, « objectivement, c’est un échec ».
Premier à réagir, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a dénoncé le fait que, selon lui, les propriétaires seraient « devenus les vaches à lait » du gouvernement, lequel aurait, d’après lui, « essayé en catimini d’imposer cette mesure dans le dos de la représentation nationale ». Dénonçant un « coup dans le dos porté aux propriétaires français », le responsable d’extrême droite, qui s’exprimait en marge du salon Milipol, a appelé « solennellement le Premier ministre à renoncer à cette mesure ».
De son côté, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, en déplacement au Congrès des maires, a fustigé une nouvelle attaque contre les contribuables. « Nous nous opposons totalement à cette nouvelle trouvaille qui vise encore une fois à prendre de l’argent dans la poche des Français et des Françaises et à refuser de faire contribuer les plus riches de ce pays », a-t-elle déclaré.
- Ce qu’il faut retenir : Le gouvernement a annoncé une hausse de taxe foncière liée à un recalcul automatique des critères de confort, qui pourrait toucher 7,4 millions de logements en 2026. Cette mesure a suscité une contestation immédiate sur l’ensemble de l’échiquier politique, y compris dans le camp gouvernemental. L’exécutif promet de réexaminer la pertinence de cette hausse dans quelques mois, sans avoir pour l’instant renoncé à la réforme.
Avec AFP






