Le 23 juillet, Renaud Muselier annonçait à l'issue d'une assemblée plénière son désen­ga­gement du Comité régional du tourisme Côte d'Azur France. Pour certains pros du secteur, la pilule ne passe pas.

Les secousses ont commencé la semaine dernière. Le président de la région Sud-​PACA, Renaud Muselier, annonçait vouloir couper les vivres du Comité régional du tourisme (CRT) Côte d’Azur France "au profit exclusif d’un organisme unique, le CRT Provence-​Alpes-​Côte d’Azur". Une suspension motivée par une logique d'économies budgé­taires, indique-​t-​on à Marseille, qui fait ainsi sauter 730.000 euros de subvention.

Sauf que la décision a mis le feu aux poudres dans les Alpes-​Maritimes, où les principaux élus locaux ont publié une lettre ouverte s'opposant à Renaud Muselier. Depuis, le CRT Côte d'Azur a également mis en ligne une pétition à desti­nation des profes­sionnels du tourisme. En une semaine, elle a récolté environ 600 signa­tures. Le Conseil dépar­te­mental a lancé une initiative similaire.

Tous demandent au patron de la Région de : "revenir sur cette délibé­ration qui va à l’encontre de toute logique d’organisation du terri­toire régional en matière de promotion touris­tique" et "appelle la (collec­tivité) à défendre les entre­prises et terri­toires azuréens en se maintenant au sein du CRT Côte d’Azur France."

De vives protestations

Une fronde notamment portée par David Linard, maire de Cannes et président du Comité, et qui porte ce slogan : "La promotion de la Côte d’Azur est l’affaire de la Côte d’Azur".

L'union patronale des Alpes-​Maritimes (l'UPE 06) s'est ralliée à la cause. Dans une autre lettre ouverte adressée à Renaud Muselier le 27 juillet, elle affirme que cette disso­lution impactera direc­tement leur secteur d'activité. Même son de cloche du côté du Skal International Côte d'Azur, qui rassemble 140 acteurs du tourisme azuréen. 

Sur Twitter, les condam­na­tions se multi­plient depuis une semaine à l'ouest du dépar­tement. L'Antibois Éric Pauget, député LR, "regrette cette vision du président du Conseil régional, préju­di­ciable à toute une industrie".

Il s'agit d'un "outil de promotion de notre terri­toire au service des pros du tourisme, qui depuis l’arrivée de David Lisnard a décuplé ses forces !" défend également sa collègue Alexandra Borchio-​Fontimp.

Le député Ciotti assure que "vouloir faire dispa­raître (le CRT) est une faute écono­mique majeure" et dénonce "une agression". 

Pas de changement de cap

De son côté, Renaud Muselier est très clair, il maintient sa volonté de mettre fin au CRT Côte d'Azur : "Ni abandon, ni complot : chaque centime d’euro sera maintenu pour les profes­sionnels de la Côte d’Azur ! Simplement, comme dans TOUTES les régions de France, comme le prévoit le Code du tourisme, il n’y aura qu’une seul comité RÉGIONAL de tourisme dans la Région. Pure logique."

Une position appuyée par le maire de Nice Christian Estrosi, « numéro deux » de Renaud Muselier, sur les réseaux sociaux : "Je suis surpris par l’agitation et l’hystérisation à l’égard de la politique extrê­mement volon­taire pour la promotion touris­tique menée par la Région et validée à l’unanimité par la majorité venant de ceux qui, il y a quelques semaines, espéraient voir notre région présidée par le RN."

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