Depuis plus de vingt ans, Michel Bounous est l’âme de « Baie des Anges éditions », cette maison prolifique qui défend son ancrage local. Pas de stratégie à la parisienne, pas de romans hors-sol : on publie pour les gens d’ici. Polars, romans de montagne, récits d’artistes maralpins… Rencontre, à l’occasion du Festival du Livre dont Nice-Presse est partenaire, avec un artisan des mots bien de chez nous, qui ne cesse de faire vivre la littérature des Alpes-Maritimes.
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Votre maison d’édition est désormais incontournable dans la région. Quelle est votre promesse de départ ?
Du local, uniquement du local. On a développé un pôle niçois très fort depuis plus de quinze ans. Vingt-neuf titres aujourd’hui, tous ancrés entre Nice, les vallées, l’arrière-pays… Et on a une règle d’or : il faut que les lieux cités existent vraiment. Ça parle aux lecteurs, ça leur rappelle des souvenirs. Souvent bons, parfois moins !
Vous défendez une vision très précise de ce que vous appelez « la Côte d’Azur » !
Oui. Chez nous, ce n’est pas à Marseille, ce n’est pas le grand Sud. C’est la Riviera, de Menton jusqu’au Var, mais surtout Nice et son arrière-pays. Tous les vieux Niçois ont une maison dans les vallées. C’est ça l’identité que je défends.
On vous catalogue souvent comme un « éditeur de polars », mais votre catalogue est plus large…
Je travaille depuis douze ans avec Patrick Moya, artiste bien connu. Je publie aussi le père Gil Florini, ou encore Patrick Allemand, l’élu Hervé Caël… Ce qui m’intéresse, c’est le local, peu importe l’étiquette.
Vous recevez beaucoup de manuscrits ? Il y a des pépites ?
Des pépites, c’est rare. L’écriture, c’est difficile. Je pense que beaucoup de gens pensent savoir écrire… mais non. La plupart du temps, ce sont de mauvaises disserts’. Et puis, une vie, même intéressante, ce n’est pas un roman. À part pour le cercle familial, ça ne se vend pas.

Vous aimez aller à la rencontre des lecteurs, même dans les coins reculés. Pourquoi ?
Je me considère comme un producteur local de livres. J’aime être sur les marchés de l’arrière-pays, à côté du producteur de miel ou du confiturier. On a la même clientèle : des gens qui aiment les produits vrais, d’ici. Acheter un polar niçois ou un roman du Mercantour, c’est un peu comme acheter un pot de confiture de Belvédère.
Justement, c’est quoi la recette du bon polar niçois ?
L’ancrage local. Je le dis souvent à mes auteurs : parle-moi de lieux précis. Pour « Intrigues à Monaco », on a passé une soirée à chercher un vrai resto italien derrière le Port histoire que ça colle. L’histoire peut être bonne, mais si elle ne sent pas le bitume de la ville, ça ne prendra pas.
Et l’intrigue ? Vous intervenez aussi ?
Non, pas trop. Je donne des conseils, mais un bon polar est un polar qui se vend. C’est ça qui me permet d’en imprimer un autre. Deux par an, alors il faut qu’ils plaisent. Mon rôle, c’est de leur donner toutes les chances pour exister.
Quelles sont vos prochaines parutions ?
On a un nouveau roman sur la montagne qui arrive, toujours avec mes fidèles auteurs. Il se passe autour du site du Gélas. Et puis, en septembre, on sortira notre trentième policier. C’est une belle étape pour nous.





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