Conviés au Festival du Livre - dont Nice-Presse est partenaire - pour dédicacer leur ouvrage, « Les Grandes Gueules - 20 ans de succès », Alain Marschall et Olivier Truchot attirent la foule. Véritables stars de RMC, les deux animateurs reviennent sur l’essence de leur émission, devenue incontournable.
Votre livre dresse le portrait d’intervenants devenus familiers pour les auditeurs. C’est quoi, finalement, une « Grande Gueule » ? Quelles qualités cherchez-vous avant tout ?
Alain Marschall : C’est quelqu’un de libre, capable de penser contre lui-même, de dire sa vérité, de s’affranchir des codes, du politiquement correct. Être une « Grande Gueule » depuis vingt ans, c’est rester libre et authentique. Nous cherchons avant tout des personnalités, des personnages issus du quotidien, qui s’intéressent à tout. Nos « Grandes Gueules » sont exactement les mêmes à l’antenne qu’en dehors. Il n’y a aucun faux-semblant.
Vous continuez à faire coexister des opinions très opposées. Est-ce encore possible de débattre sereinement en 2025 ?
Olivier Truchot : C’est possible, bien sûr. Ce qui est nouveau depuis vingt ans, ce sont les réseaux sociaux et la place énorme qu’ils ont pu prendre. Malheureusement, cela engendre beaucoup de haine et de tensions. Nos « GG » sont libres au micro, mais parfois leurs propos sont repris, tronqués, déformés, ce qui crée des polémiques inutiles. Il faut constamment s’en prémunir. Toutefois la liberté de parole reste intacte !

CNews fait aussi du débat…
Olivier Truchot : La différence, c’est que nous invitons des personnes qui ne pensent pas la même chose. Sur CNews, beaucoup d’intervenants partagent un point de vue. Nous, nous tenons à mettre autour de la table des gens qui ne sont pas d’accord, venant de milieux différents, avec des situations professionnelles variées, et qui ne se seraient jamais rencontrés autrement. Pendant trois heures, ils débattent franchement, et c’est cela qui distingue vraiment notre émission.
Votre ouvrage met en lumière deux décennies de débats et de tensions qui ont traversé la société française. Quels moments symbolisent le mieux cette « montée des colères » dont vous parlez ?
Olivier Truchot : Le mouvement des « Gilets jaunes », notamment. On l’a senti venir très tôt, car beaucoup d’auditeurs et de « Grandes Gueules » en faisaient partie ! D’ailleurs, l’un des leaders du mouvement était un auditeur régulier de l’émission. Cette colère populaire, on l’a vraiment vue émerger, se cristalliser.
Après vingt ans de coanimation, comment votre propre regard sur l’actualité — ou votre façon d’en parler — a-t-il évolué ?
Alain Marschall : Notre complicité est toujours intacte, mais évidemment, nous avons évolué. En vingt ans, la société a changé, et nous avec elle. On ne pense plus forcément les mêmes choses, mais on a toujours autant envie de s’engager.
Aujourd’hui, plus que jamais, nous ressentons le besoin d’entendre des voix différentes, d’être confrontés à des personnes qui ne pensent pas comme nous. À l’heure des réseaux sociaux, où les algorithmes enferment chacun dans sa bulle, il est essentiel de continuer à organiser ces confrontations d’idées.









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